Gang Prevention Strategy

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ISBN : 978-1-100-98918-1

Table des matières

L'épreuve des faits : sommaires d'évaluation 2012-SE-23

1. IntroductionFootnote 1

Des renseignements fournis par l' Integrated Gangs and Weapons Enforcement Unit du Service de police de Hamilton (SPH) ont fait état d'une tendance à la hausse dans l'affiliation des jeunes à des gangs dans la région de Hamilton. Le rapport de 2009 du SPH a en effet révélé une augmentation de 7 % de la criminalité chez les jeunes (âgés de 12 à 17 ans) et un plus grand accès aux gangs en raison du recrutement effectué sur Internet.

Pour lutter contre le problème des gangs de jeunes, Living Rock Ministries (Living Rock), un organisme d'aide chrétien sans but lucratif établi au centre-ville de Hamilton, a mis en oeuvre le programme Gang Prevention Strategy (GPS – Stratégie de prévention ciblant les gangs) à l'aide d'un financement d'environ 2,3 millions $ provenant du Centre national de prévention du crime (CNPC). Le programme a été mis en oeuvre d'avril 2007 à mars 2011. Il ciblait les jeunes âgés de 13 à 25 ans qui étaient susceptibles de devenir membres d'un gang ou qui l'étaient déjà.

2. Description du programme

L'objectif du programme GPS était de réduire le risque d'affiliation à des gangs chez les jeunes à risque. Plus particulièrement, le programme visait à :

Le programme GPS était fondé sur une approche wraparound (approche globale). Les éléments clés du programme comprenaient la désignation d'un animateur pour chaque jeune, l'élaboration d'un plan de gestion de cas, une rencontre d'au moins une heure par mois avec l'animateur pendant les trois premiers mois et la participation, au moins une heure par semaine, à des activités du programme pendant une période déterminée de trois mois.

L'admissibilité au programme était déterminée à l'aide d'un jeu-questionnaire de découverte de soi (JQDS) réalisé auprès des participants potentiels. Cet outil de sélection permettait d'évaluer des caractéristiques « positives » (p. ex., je vais à l'école) aussi bien que « négatives » (p. ex., j'ai des amis qui font partie d'un gang). Les réponses positives permettaient aux animateurs de cerner les atouts des jeunes pour la création de leur plan d'intervention, tandis que les réponses négatives aidaient à déterminer le risque qu'ils deviennent membres d'un gang.

Un jeune ayant obtenu un score négatif de -46 ou moins était considéré comme présentant un risque plus élevé et était admissible au programme GPS. Les responsables du programme GPS pouvaient déroger au seuil établi dans les cas où ils constataient que les jeunes exagéraient leurs niveaux de risque afin d'être admissibles au programme. On procédait aussi à une dérogation lorsque le score obtenu ne correspondait pas aux renseignements externes dignes de foi qui indiquaient que le jeune faisait partie d'un gang.

Après avoir fourni le consentement nécessaire, les jeunes admissibles se voyaient attribuer leur propre numéro de gestion de cas et remplissaient un questionnaire préalable. Ce questionnaire, qui poussait plus loin les questions du JQDS, permettait d'obtenir des renseignements sur le comportement, les études et les fréquentations des jeunes ainsi que sur leurs relations dans la collectivité et avec leur famille.

Après six mois de gestion de cas, les jeunes devaient remplir le questionnaire postérieur au programme, qui permettait d'effectuer un suivi des questions posées dans le JQDS et le questionnaire préalable. Les chercheurs comparaient ensuite les réponses fournies avant et après l'intervention.

L'intervention offerte dans le cadre du programme GPS était considérée comme achevée une fois que les jeunes avaient accompli ce qui suit :

Participants au programme

Le programme GPS ciblait les jeunes de 13 à 25 ans qui étaient susceptibles de faire partie d'un gang. Quelque 41 % des participants, soit 230 personnes, ont été sélectionnés parmi les visiteurs de Living Rock.

Selon les registres, 3 620 jeunes ont visité Living Rock de 2002 à 2010. De ce nombre, 56 % avaient moins de 19 ans et 80 % n'avaient pas obtenu leur diplôme d'études secondaires. La moitié de ces jeunes vivaient avec leur famille ou des amis, alors que 20 % habitaient dans un refuge, dans un centre pour itinérants, dans une halte-accueil ou dans la rue, et 18 % vivaient seuls dans une chambre louée. Environ 10 % des jeunes qui ont visité Living Rock ont indiqué avoir eu des démêlés avec le système de justice ou ont mentionné qu'ils avaient des antécédents criminels. Enfin, 23 % des jeunes ont déclaré qu'ils consommaient de la marijuana.

Les participants étaient recrutés pour faire partie du programme GPS au moyen d'une combinaison d'activités de liaison, du bouche-à-oreille et d'incitatifs financiers. Les responsables du programme leur demandaient ensuite de répondre au JQDS afin de déterminer s'ils étaient admissibles. De tous les jeunes qui ont participé au JQDS, 41 % étaient admissibles d'après leur score uniquement, alors que 22 % ont été admis au moyen d'une dérogation par un animateur.

Dans l'ensemble, 230 jeunes ont été jugés admissibles au programme. De ce nombre, 10 % ne souhaitaient pas y participer et 3 % ont refusé de donner leur consentement, ce qui porte à 201 le nombre de jeunes qui ont été admis dans le programme. Le taux d'abandon a été important. En effet, 43 % des jeunes ont cessé de participer au programme à un certain moment après avoir fourni leur consentement. Les motifs d'abandon étaient notamment le déménagement, l'incarcération ou l'obtention d'un emploi à temps plein.

Le programme durait six mois en tout, et le nombre médian d'heures consacrées à la gestion de cas des 86 jeunes qui ont achevé le programme était de 242 heures.

3. Évaluation du programme

L'évaluation du programme GPS devait initialement se faire à l'aide d'un modèle quasi expérimental, qui aurait nécessité des mesures avant et après le programme auprès d'un groupe expérimental et d'un groupe témoin. Cependant, compte tenu de la difficulté à recruter un nombre suffisant de jeunes pour le groupe témoin, on a plutôt opté pour une formule de mesures répétées au sein d'un seul groupe.

La méthodologie révisée consistait à comparer les résultats aux questionnaires administrés avant et six mois après la fin de l'intervention. D'autres questionnaires de suivi ont été remplis tous les six mois par les participants qui étaient encore accessibles.

L'étude comprenait des données quantitatives et qualitatives. Les données quantitatives ont été recueillies pendant la période de sélection (jeu-questionnaire de découverte de soi), lors de l'admission au programme (questionnaire préalable) et à la fin du programme, soit six mois après l'admission (questionnaire postérieur). Des données quantitatives supplémentaires ont été recueillies au moyen des registres des activités du programme et de gestion de cas, de questionnaires remplis par les participants à des colloques, de statistiques sur la criminalité chez les jeunes fournies par le Service de police de Hamilton, ainsi que de documents administratifs et financiers liés au projet.

Les évaluateurs ont analysé la fiabilité des réponses aux questionnaires et ont fait passer des tests pour analyser les différences dans les proportions au sein des groupes présentant des différences dans les niveaux de risque et dans le degré d'intervention fourni. Les tests ne servaient pas à comparer l'échantillon à une population, mais plutôt à déterminer l'efficacité du degré d'intervention au sein de différents sous-ensembles de l'échantillon.

Les évaluateurs ont aussi mesuré les fréquences marginales de résultats binaires et ont réalisé des analyses factorielles en fonction des attributs des groupes établis dans les questionnaires. Le cas échéant, une analyse de la variance a aussi été utilisée pour relever les différences importantes dans les changements observés entre le début et la fin du programme.

Les évaluateurs ont tenté de définir clairement le degré d'intervention et de préciser les niveaux de risque afin que ces variables puissent être mises en corrélation avec chaque résultat digne d'intérêt et être utilisées dans une équation de régression. Il a été décidé que le seuil de 242 heures de gestion de cas servirait à établir la distinction entre un degré d'intervention élevé ou faible. Ce nombre est fondé sur le score médian des jeunes ayant terminé le programme GPS.

Les données qualitatives ont été utilisées pour soutenir les constatations quantitatives et les approfondir. Elles ont été obtenues au moyen de 15 entrevues réalisées auprès de personnes clés (le gestionnaire du programme GPS, des animateurs et des partenaires), de dix visites sur place, de six groupes de discussion (quatre avec des jeunes et deux avec des animateurs du programme GPS), d'une étude par observation réalisée lors d'une soirée City Wide Freestyle Friday organisée dans un café de Hamilton, d'une excursion d'une journée à Medieval Times, à Toronto, ainsi que de deux retraites au Circle Square Ranch, à Brantford.

4. Résultats de l'évaluation

Résultats liés au processus

Mise en oeuvre du programme GPS

Lors de la mise en oeuvre du programme, certains aspects n'ont pas été conformes à ce qui avait été conçu à l'origine par Living Rock. Il n'a pas été possible de mettre en oeuvre le volet familial du programme, qui avait été prévu à l'origine, en raison du taux élevé de familles dysfonctionnelles et du manque de coopération de leur part.

Les animateurs ont fini par être satisfaits de la formation reçue et ont fait remarquer que, bien que la formation ait été inadéquate au début du programme, sa qualité s'est grandement améliorée au fil du temps. Les entrevues auprès de personnes clés ont aussi révélé que les animateurs auraient préféré recevoir plus de formation sur les techniques et les logiciels de gestion de cas.

Pour ce qui est des outils de gestion de cas, les animateurs ont mentionné qu'ils étaient efficaces pour saisir des renseignements sur les jeunes et qu'ils pouvaient être suffisamment adaptés aux besoins des jeunes. Cependant, ils ont aussi noté que les outils étaient trop cliniques et que les jeunes n'y réagissaient pas bien.

D'autres difficultés ont été relevées concernant la mise en oeuvre : un manque d'uniformité dans les données saisies, ainsi que des problèmes relatifs à la gestion et au transfert des dossiers.

Groupe cible et facteurs de risque

À l'origine, le projet devait cibler les jeunes susceptibles de devenir membres d'un gang, mais qui ne l'étaient pas déjà. Cependant, en cours de programme, il est devenu évident que les activités de recrutement attiraient aussi certains jeunes qui faisaient déjà partie d'un gang. Cet intérêt a eu des répercussions pour les animateurs et le personnel, qui n'étaient pas nécessairement prêts à cibler ces jeunes présentant un risque plus élevé, particulièrement dans les premières phases du programme.

Diverses méthodes de liaison ont été utilisées pour recruter des participants. La soirée City Wide Freestyle Friday, par exemple, était une activité de rap qui a attiré beaucoup de jeunes. Organisée pendant la deuxième année du projet, elle a attiré plus de 100 participants et un grand nombre de nouvelles recrues. Des activités de liaison organisées par l'intermédiaire des organisations partenaires ont aussi permis de faire connaître le programme GPS à des jeunes.

D'après les constatations qualitatives, le bouche-à-oreille était le principal moyen par lequel les jeunes ont pris connaissance du programme. En effet, 65 % des participants ont entendu parler du programme GPS grâce à leurs amis. Les jeunes souhaitaient participer au programme pour les incitatifs et la nourriture, sans lesquels ils auraient été moins enclins à participer. Néanmoins, une fois admis dans le programme, les jeunes étaient prêts à suivre les recommandations des animateurs et à travailler à atteindre leurs objectifs.

Un outil d'évaluation du risque a été utilisé pour évaluer le type et le niveau de risque pendant les dernières étapes de l'évaluation. Cependant, selon les évaluateurs, il aurait fallu soumettre l'outil à des tests de fiabilité plus approfondis et le mettre à l'essai pour s'assurer qu'il porte sur des facteurs de risque pertinents pour les jeunes de la région de Hamilton.

Partenariats

Dans l'ensemble, les partenariats étaient utiles et appropriés, et ils ont permis aux responsables du programme GPS d'offrir une gamme complète de programmes et de services. Dans certains cas, il aurait été utile que les personnes-ressources des organisations partenaires aient une formation officielle en travail social. Les interactions entre les organisations auraient été plus fructueuses, et les jeunes auraient pu en bénéficier.

Résultats obtenus

Connaissances et sensibilisation dans la collectivité

Sensibilisation aux facteurs de risque associés à l'affiliation à des gangs et à la consommation d'alcool et de drogues

Selon les résultats d'une conférence tenue par Living Rock, les membres de la collectivité ont amélioré leurs connaissances sur la toxicomanie et la lutte contre les activités des gangs. Les réponses obtenues à la suite de la conférence ont révélé que la majorité des membres de la collectivité affirmaient avoir approfondi leurs connaissances sur la culture des gangs et de la rue (71 %), sur les liens entre les gangs de jeunes et la toxicomanie (55 %), ainsi que sur les facteurs de risque qui peuvent être associés aux gangs de jeunes (73 %). Il convient toutefois de préciser que la plupart des participants travaillaient déjà auprès de jeunes de la rue ou s'intéressaient déjà au sujet des gangs ou des jeunes de la rue du point de vue scientifique. Il reste que les occasions de réseautage ont quand même contribué à accroître le niveau de connaissances.

Facteurs de risque et de protection

Liens solides avec les animateurs

Les données provenant des groupes de discussion et des entrevues donnent à penser que les jeunes ont établi des liens étroits avec leurs animateurs et qu'ils les considéraient souvent comme des mentors. Les liens ont été établis lentement et se sont renforcés au cours de la période de six mois qu'a duré l'intervention.

Changements de vie positifs au moyen du plan d'intervention

D'après les constatations qualitatives, chaque animateur a mis en oeuvre le plan d'intervention un peu à sa façon. Cela compliquait toute comparaison ou normalisation des plans et de leurs objectifs. Certains animateurs ont mentionné que le plan convenait mieux aux interventions de style clinique ou administratif qu'à ceux de style conversationnel ou informel, qu'ils privilégiaient.

Engagement communautaire

Il y a eu une augmentation statistiquement significative de 13 % du niveau de bénévolat chez les jeunes entre le moment où ils ont rempli le questionnaire préalable et celui où ils ont rempli le questionnaire postérieur. Il est difficile de savoir si l'augmentation se maintiendra, en l'absence des occasions et des incitatifs offerts dans le cadre du programme.

Compétences sociales et liées à l'emploi

Les données pour ce résultat étaient très limitées. Cependant, les constatations qualitatives semblent indiquer que les jeunes avaient l'impression que leurs compétences sociales s'amélioraient et qu'ils étaient mieux équipés pour régler les problèmes de façon socialement acceptable.

Attitudes

Attitudes envers les études, les gangs dans la collectivité et la toxicomanie

Bien qu'il y ait eu une augmentation directionnelle des attitudes positives envers l'école, ces changements n'étaient pas significatifs sur le plan statistique. Il y a eu une augmentation statistiquement significative de 18 % de la mesure dans laquelle les jeunes sentaient qu'ils étaient tenus à l'écart par les autres élèves entre le questionnaire préalable et le questionnaire postérieur. Il n'y a pas eu de changement statistiquement significatif dans la façon dont les jeunes percevaient les gangs.

Estime de soi et symptômes de dépression

Il n'y a pas eu de changement significatif sur le plan statistique pour ce qui est de l'estime de soi globale des participants. En fait, les problèmes émotifs et psychologiques déclarés par les jeunes, notamment la colère, l'anxiété, la dépression et l'automutilation, se sont même aggravés pendant le programme, bien que ces augmentations n'aient pas été significatives. Le degré d'intervention et le niveau de risque n'ont pas eu d'effet significatif sur les problèmes émotifs et psychologiques. Les données tirées des entrevues approfondies permettent de croire qu'il aurait été très avantageux d'avoir accès, sur place, à des spécialistes de la santé mentale.

Comportements

Affiliation à un gangFootnote 2

L'évaluation a permis de constater une réduction statistiquement significative du pourcentage de jeunes qui faisaient partie d'un gang. Au moment de la sélection (JQDS), 40 % des jeunes ont indiqué qu'ils faisaient partie d'un gang à ce moment-là. Au moment où les jeunes ont rempli le questionnaire postérieur au programme, ce pourcentage s'élevait à 74 %, soit une augmentation de 34 %. Le taux de jeunes ayant quitté leur gang était plus élevé parmi les jeunes présentant un risque élevé (c'est-à-dire ceux ayant obtenu un score de 95 ou plus). Parmi les jeunes à risque élevé, le nombre de jeunes qui ont indiqué qu'ils faisaient partie d'un gang a augmenté de 36 %, comparativement à 30 % pour le groupe présentant un risque plus faible.

Le degré d'intervention a aussi eu un effet statistiquement significatif sur l'affiliation à un gang. Le score médian de 242 heures de gestion de cas a été retenu comme étant le seuil établissant la distinction entre un degré d'intervention élevé ou faible. Parmi les jeunes à qui on a consacré le plus grand nombre d'heures (degré d'intervention élevé), le nombre de jeunes qui ont indiqué ne pas faire partie d'un gang entre le moment où ils ont participé au JQDS et celui où ils ont rempli le questionnaire postérieur au programme a augmenté de 41 %. Pour ce qui est du groupe ayant reçu moins d'heures, l'augmentation était de 26 %.

Comportements délinquants

Des changements statistiquement significatifs ont été observés, entre le moment où les jeunes ont participé au JQDS et celui où ils ont rempli les questionnaires après le programme, à l'égard des comportements suivants : le fait d'obtenir de l'argent d'une personne de façon illégitime, sans l'avoir gagné (diminution de 34 %), un mauvais comportement à l'école (diminution de 31 %), l'apposition de graffitis (diminution de 29 %), le transport d'armes illégales (diminution de 27 %), l'agression physique d'une personne (diminution de 22 %), les menaces envers des personnes ou des groupes (diminution de 16 %) et l'endommagement ou la destruction de biens (diminution de 15 %).

Il n'y a pas eu de réduction statistiquement significative dans les comportements suivants chez les jeunes : le fait de voler quelqu'un ou quelque chose, l'intimidation ou le harcèlement verbal d'une personne, la fréquentation de membres de gangs, la consommation de drogues et d'alcool, ou encore le fait de sécher des cours, de participer à des jeux de hasard ou de ne pas rentrer de la nuit.

Études

En raison du peu de données administratives fournies par les écoles, ainsi que de l'utilisation de données fournies par les jeunes eux-mêmes, les mesures pourraient manquer de fiabilité. Il y a eu une augmentation du nombre de jeunes qui sont passés à des niveaux supérieurs en mathématiques, mais une diminution des niveaux en anglais entre les moments où les jeunes ont rempli les questionnaires, c'est-à-dire avant et après le programme. Les constatations qualitatives donnent à penser que le programme pourrait avoir favorisé une attitude plus positive envers les études chez les participants.

Emploi

Des différences statistiquement significatives ont été observées dans les sources de revenus des jeunes entre les moments où ils ont rempli les questionnaires, avant et après le programme. Les résultats indiquent une augmentation de 13 % du nombre de jeunes qui ont été capables d'obtenir des revenus de sources légales et légitimes, et une diminution de 13 % du nombre de jeunes qui ont obtenu des revenus de sources illégales. Les différences dans les niveaux de risque et le degré d'intervention (nombre d'heures d'intervention) n'ont pas entraîné de changements significatifs liés à l'emploi et aux sources de revenus.

Toxicomanie

Il y a eu une diminution statistiquement significative de 18 % de la consommation de marijuana entre les moments où les jeunes ont rempli les questionnaires, avant et après le programme. Il y a aussi eu une diminution statistiquement significative de 17 % de la consommation d'ecstasy. Il convient de noter que les données sur la consommation de drogues ont été fournies par les jeunes eux-mêmes. Les mesures visant à déterminer s'il y avait eu des changements dans tous les autres types de substances consommées n'ont montré aucun changement après l'achèvement du programme GPS par les jeunes.

Les niveaux de risque présentés par les jeunes étaient liés de façon statistiquement significative à leur consommation de marijuana, et une réduction de 25 % de la consommation de drogues a été observée chez les jeunes présentant un risque élevé comparativement à une réduction de 2 % chez les jeunes présentant un risque faible. Parmi les groupes de discussion, des jeunes ont indiqué que le programme leur avait permis, dans une certaine mesure, de faire du réseautage et d'avoir encore plus accès à de nouveaux trafiquants et à des drogues différentes.

Fréquentations

Dans l'ensemble, les jeunes ont diminué leur fréquentation de pairs ayant une influence négative, et 10 % des jeunes ont indiqué que leur groupe d'amis était moins favorable aux activités illégales. L'évaluation n'a pas permis de déterminer si ce sont les jeunes qui ont changé d'amis ou si ce sont les amis qui ont changé leur comportement.

Réduction du nombre de gangs au centre-ville de Hamilton

Les données des services de police n'étaient pas disponibles pour le secteur où le programme de Living Rock devait avoir les répercussions les plus importantes. Il n'a donc pas été possible de déterminer si le programme a eu des effets sur le nombre de gangs au centre-ville de Hamilton.

Résultats imprévus

Fréquentation de pairs ayant une influence négative

Les entrevues ont fait ressortir la nécessité de séparer les activités offertes aux jeunes qui sont membres d'un gang de celles offertes aux jeunes qui présentent un faible risque, de façon à ne pas exposer ces derniers au mode de vie des gangs. Un animateur a révélé qu'il avait vu des jeunes commencer à fréquenter de nouveaux pairs ayant une influence négative. D'autres animateurs ont toutefois indiqué que les jeunes présentant un risque plus élevé pourraient servir de mentors pour les jeunes présentant un faible risque, et donc jouer un rôle important.

Exclusion en raison des critères d'admissibilité

Certains animateurs ont mentionné que des jeunes présentant un faible risque qui auraient tiré profit du programme ont été exclus en raison des critères d'admissibilité qui accordaient la priorité aux jeunes présentant un risque plus élevé.

Dépendance à l'égard des incitatifs financiers

Des données qualitatives ont révélé que de nombreux jeunes sont devenus dépendants des incitatifs pour leur survie, et que leurs objectifs dans le cadre du programme sont devenus moins importants que les incitatifs. Lorsqu'on leur a demandé s'ils participeraient au programme s'il n'y avait pas d'incitatifs, les jeunes ont donné des réponses partagées. Certains ont proposé que les incitatifs soient payés progressivement à mesure que les participants au programme atteignent leurs objectifs. Les incitatifs financiers pourraient aussi avoir influé sur les réponses des participants aux outils de sélection, les jeunes ayant voulu garantir leur admission au programme.

Échange de connaissances

Le programme a favorisé l'échange de connaissances entre les différents partenaires, et les avantages de tous les programmes ont été communiqués aux jeunes.

Résultats de l'analyse des coûts

De 2008 à 2010, le coût total du projet s'élevait à 1 600 258 $ (excluant un montant d'environ 250 000 $ consacré à l'évaluation).

Le coût par participant était le suivant :
Groupes Coût par membre du groupe
Les 426 jeunes qui ont participé au JQDS 3,756 $
Les 201 jeunes qui ont participé à l'étude 7,961 $
Les 86 jeunes qui ont terminé le programme 18,608 $

Limites de l'évaluation

Les limites méthodologiques suivantes ont eu des effets négatifs sur la validité de l'étude :

Absence d'un groupe témoin

Le changement dans la méthodologie de l'évaluation, qui est passée d'un modèle quasi expérimental à une formule de mesures répétées au sein d'un seul groupe, a eu des répercussions négatives sur la validité de l'étude. Sans la présence d'un groupe témoin, il est difficile d'attribuer des résultats aux activités du programme. La validation des données des questionnaires à l'aide des sources qualitatives a atténué en partie ce problème.

Taille de l'échantillon

L'efficacité statistique était limitée par la taille relativement faible de l'échantillon de questionnaires remplis après le programme (n = 86).

Manque d'uniformité des données

Au départ, les documents comme les feuilles de temps, les plans d'intervention, les registres des activités, les registres des présences, les dossiers de gestion de cas, ainsi que la correspondance entre les jeunes et les animateurs, étaient tous sur papier, et les animateurs utilisaient différentes approches pour consigner les notes sur la gestion de cas. L'adoption d'un système électronique de gestion des données dans la dernière année du programme a amélioré la disponibilité et l'uniformité des données. La quantité de documents pourrait avoir été limitée en raison du caractère mobile des participants et des retards associés au transfert des données aux évaluateurs.

Partialité des déclarations

Les entrevues menées auprès des animateurs ont permis de confirmer que les jeunes avaient établi des liens avec eux. Les jeunes étaient plus susceptibles d'admettre certains comportements une fois le lien de confiance établi (c.-à-d. dans le questionnaire rempli après le programme). Cette réalité pourrait donc avoir nui à la capacité des évaluateurs de déterminer les conséquences positives du programme GPS. Dans deux cas, les animateurs ont demandé à un jeune de remplir de nouveau le questionnaire préalable au programme après qu'il a admis avoir consommé de la drogue, alors qu'il l'avait d'abord nié. Il existe également un risque de partialité de la part des intervieweurs, puisque les animateurs, qui avaient créé des liens avec les participants, étaient aussi chargés de faire remplir les questionnaires.

5. Leçons retenues et recommandations

Réalisation du programme

L'évaluation a permis de formuler les recommandations suivantes visant à améliorer les interventions similaires à l'avenir :

Évaluation

Les recommandations suivantes devraient aussi être prises en considération lors de l'évaluation des programmes de prévention du crime :

6. Conclusion

L'évaluation des résultats a montré que le programme GPS avait atteint plusieurs des résultats ciblés. Le programme a notamment permis de réduire de façon importante la consommation de drogues, l'affiliation à des gangs, les comportements délinquants et la dépendance à l'égard des sources illégales de revenus.

De plus, les participants ont souvent noué des relations solides avec les animateurs et ont apporté des changements positifs dans leur vie. Les résultats de cette évaluation devraient toutefois être interprétés avec prudence. En l'absence d'un groupe témoin, il n'est pas possible d'attribuer les effets constatés à l'intervention fournie dans le cadre du programme.

Les évaluateurs recommandent aux responsables de projets futurs de nature similaire de normaliser les plans d'intervention, d'allonger les périodes d'intervention, de réévaluer l'utilisation d'incitatifs financiers et de veiller à ce que des ressources appropriées soient disponibles pour s'occuper des questions de santé mentale.

Pour de plus amples renseignements au sujet de ce projet, ou pour obtenir une copie du rapport final d'évaluation, veuillez contacter le Centre national de prévention du crime, par courriel, à ps.prevention-prevention.sp@canada.ca.

Pour recevoir des informations sur les activités du CNPC, nous vous invitons à vous inscrire à la liste d'envoi électronique du CNPC en visitant notre page d'enregistrement à : http://www.securitepublique.gc.ca/cnt/bt/mlng-lst-fra.aspx

Notes

  1. 1

    Ce sommaire est fondé sur l'examen et l'analyse, par l'équipe chargée de la recherche et de l'évaluation du CNPC, du rapport final d'évaluation rédigé par Malatest and Associates.

  2. 2

    Les résultats liés à l'affiliation à des gangs devraient être examinés avec prudence. On croit que les incitatifs financiers fournis aux jeunes dans le cadre du programme ont influé sur la motivation des jeunes à répondre d'une façon qui assurerait leur participation au programme. Les jeunes savaient que le fait d'indiquer qu'ils étaient affiliés à un gang assurerait leur admission au programme.

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