Prévention du crime - Résumé de recherche 2017-H01-CP - Santé mentale, maladie mentale et criminalité chez les jeunes

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Historique

La santé et le bien-être mentaux et émotionnels des jeunes représentent au Canada une question de santé importante qui a plusieurs répercussions sur la prévention du crime chez les jeunes, de même que sur le système de justice pour les adolescents. La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) indique qu’un pourcentage aussi élevé que 70 % des personnes atteintes de maladies mentales commence à éprouver ces problèmes au cours de l’enfance et de l’adolescence (CSMC, 2015), et que le début précoce des maladies mentales et des troubles mentaux a des conséquences sur toute la vie. On retrouve des preuves incontestables de ce dernier énoncé dans l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes du Canada, réalisée entre 1994 et 2008, laquelle a permis de constater que les enfants faisant état de difficultés émotionnelles à l’âge de quatre à huit ans étaient quatre fois plus susceptibles de faire état d’une dépression huit ans plus tard (Institut canadien d’information sur la santé [ICIS], 2015). Ces statistiques cadrent également avec les résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentaleNote de bas de page1, qui a constaté que la probabilité d’avoir des démêlés avec la police en raison d’un trouble mental ou d’un trouble lié à l’utilisation de substances est beaucoup plus élevée chez les jeunes (de 15 à 24 ans) que chez les personnes de 45 ans et plus (Boyce, 2015).

Selon les rapports les plus récents de la CSMC (2017), en 2016, plus de 7,5 millions de personnes au Canada étaient vraisemblablement aux prises avec l’une des maladies mentales courantes : le trouble dépressif majeur, le trouble bipolaire, les troubles liés à l’alcoolisme, la phobie sociale et la dépression (Ratnasingham et al., 2012 dans CSMC, 2017b). Le même rapport révèle en outre que plus de 900 000 adolescents de 13 à 19 ans vivaient avec une maladie ou un trouble mental au Canada (CMSC, 2017a). Pour ce groupe de population, la consommation de substances est le problème le plus fréquent (9,9 %), suivi de l’anxiété (9 %), des troubles de l’humeur (5,2 %), du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (3,9 %), du trouble oppositionnel avec provocation (1,9 %) et des troubles des conduites (1,9 %) (CMSC, 2017b).

Ces statistiques illustrent la nécessité de mieux comprendre les liens entre la maladie mentale et la criminalité chez les jeunes, de même que les pratiques actuellement employées pour venir en aide aux jeunes atteints de troubles mentaux. C’est pourquoi le présent rapport vise à examiner les connaissances canadiennes au sujet des jeunes atteints de troubles mentaux et de leur participation à des activités criminelles, en accordant un intérêt particulier au groupe des 12 à 24 ans afin de faire ressortir les corrélations importantes entre la santé mentale et des enjeux de criminalité précis et de cerner les lacunes dans les connaissances.

Définitions

Étant donné que le terme « maladie mentale » est dérivé du terme « troubles mentaux » et y est donc étroitement associé, les termes « maladie mentale » et « troubles mentaux » sont utilisés de manière interchangeable dans la littérature, et les documents analysés aux fins du présent rapport ne font pas exception. Les définitions suivantes fournissent des éclaircissements sur les concepts liés à la santé mentale employés dans le rapport.

Santé mentale

« Un état de bien-être dans lequel la personne comprend ses propres capacités, peut surmonter les tensions normales de la vie, peut accomplir un travail productif et fructueux, et peut contribuer à la vie de sa communauté. » [Traduction] (Organisation mondiale de la Santé, 2016)Note de bas de page2

Maladie mentale

« Les maladies mentales sont caractérisées par des altérations de la pensée, de l’humeur ou du comportement associées à un état de détresse et de dysfonctionnement marqués. » (Agence de la santé publique du Canada, 2015)

Trouble mental

« Un syndrome caractérisé par une perturbation cliniquement significative de la cognition, de la régulation émotionnelle ou du comportement qui reflète un dysfonctionnement des processus psychologiques, biologiques ou développementaux sous-tendant le fonctionnement mental. Les troubles mentaux sont habituellement associés à une détresse considérable dans les activités sociales ou professionnelles ou dans d’autres activités importantes. Une réaction prévisible ou approuvée par la culture à une tension ou à une perte de nature courante, comme le décès d’un être cher, n’est pas un trouble mental. Le comportement socialement déviant (politique, religieux ou sexuel) et les conflits qui surviennent principalement entre l’individu et la société ne sont pas des troubles mentaux, à moins que la déviance ou le conflit ne résulte d’un dysfonctionnement chez l’individu, tel qu’il est décrit ci-dessus. » [Traduction] (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, American Psychiatric Association, 2013) Voir l’annexe A pour certains troubles mentaux clés.

Il est important d’établir une distinction entre la « santé mentale » et la « maladie mentale ». Malgré la confusion occasionnelle qui les entoure, ces termes n’ont pas la même signification, puisque la santé mentale fait partie intégrante du bien-être et de la réalisation, tandis que les maladies mentales sont définies comme des altérations causant un état de détresse ou un dysfonctionnement, et n’englobent pas l’état d’esprit général d’une personne. Par exemple, une personne qui est pessimiste et se sent triste n’est pas nécessairement atteinte d’un trouble dépressif (à moins que ces émotions n’affectent significativement sa capacité de fonctionner). La bonne santé mentale, quant à elle, peut renforcer certains facteurs de protection chez les individus (comme la résilience et l’estime de soi), ce qui peut atténuer les préjudices causés par la maladie mentale; c’est pourquoi il est important de promouvoir la santé mentale chez les personnes ayant une maladie mentale (CSMC, 2015; Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, 2013). Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les sentiments tels que la gaieté, la satisfaction, la résilience, l’équilibre et l’optimisme sont considérés comme des facteurs de promotion de la bonne santé mentale, tandis que les déterminants tels que la pauvreté, l’exclusion sociale, le stress et la discrimination conduisent à une mauvaise santé mentale (OMS, 2016; Centers for Disease Control and Prevention, 2017; Association canadienne pour la santé mentale, 2014).

Prévalence au Canada

La santé mentale et les enfants et les jeunes

Aperçu de la santé mentale et des différences entre les sexes

La santé mentale et les populations autochtones

La santé mentale et les démêlés avec la police

À partir de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale de 2012Note de bas de page4, Statistique Canada a compilé des données sur les démêlés avec la police canadienne liés à la santé mentale en vue d’examiner la fréquence de ces démêlés chez ceux qui ont un trouble et ceux qui n’en ont pas (Boyce, 2015). Les données ont été recueillies auprès de personnes de 15 ans et plus et mettaient l’accent sur les raisons précises des démêlés avec la policeNote de bas de page5. Les constatations de cette enquête démontrent ce qui suit (Boyce, 2015) :

La santé mentale et le Service correctionnel du Canada

Il existe très peu de statistiques sur les jeunes atteints de troubles mentaux au sein du Service correctionnel du Canada (SCC). L’information est toutefois moins limitée en ce qui concerne les adultes. Selon le SCC et le Bureau de l’enquêteur correctionnel, la recherche relative aux statistiques sur la santé mentale des adultes dans les pénitenciers canadiens indique ce qui suit :

Facteurs de risque et de protection

Selon le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT), des facteurs de risque et de protection sont associés au développement de maladies mentales (CCLT, 2013). Les facteurs de risque peuvent être définis comme les caractéristiques ou les expériences d’un individu qui augmentent la probabilité qu’un problème de santé mentale apparaisse (CCLT, 2013). Un peu comme pour les facteurs de risque associés à une trajectoire criminelle, il n’y a pas un seul facteur de risque connu pour la maladie mentale. En fait, on estime que les facteurs de risque liés au développement d’une maladie mentale sont le résultat d’une interaction complexe entre des facteurs biologiques (génétique), économiques (famille à faible revenu), sociaux (victimisation) et psychologiques (difficultés émotionnelles). Ces facteurs de risque varient d’une personne à l’autre et selon l’étape de la vie. Ils peuvent toutefois être atténués par des facteurs de protection, qui sont considérés comme les caractéristiques ou les expériences qui réduisent la probabilité qu’un problème de santé mentale apparaisse (CCLT, 2013); ces facteurs comprennent notamment les bonnes relations familiales et une grande estime de soi chez les jeunes. On n’a recensé aucune étude de recherche qui précisait et comparait l’influence des facteurs de risque et de protection sur la maladie mentale, de même que leur façon d’interagir de manière à créer un effet exponentiel.

Il vaut la peine de noter que les facteurs de risque et de protection liés à la maladie mentale recoupent considérablement ceux associés aux comportements antisociaux en général, couvrant les facteurs communautaires, scolaires, familiaux, individuels et liés aux pairs (CCLT, 2013; Day et Wanklyn, 2012). Les ressemblances entre les facteurs de risque de la criminalité et de la maladie mentale portent à croire qu’il existe peut-être un lien entre les deux enjeux sociaux; il s’agit là d’un énoncé important qui sera abordé dans la prochaine section. Il est à noter que la recherche mentionnée dans la section suivante ne s’applique pas uniquement aux jeunes, mais aussi aux adultes. Nous le préciserons lorsque les données seront propres aux jeunes.

Liens avec la criminalité

Dans les travaux de recherche internationaux sur les jeunes et les adultes analysés dans le présent rapport, les constatations indiquent que certains troubles mentaux, comme le trouble lié à l’utilisation de substances, le trouble des conduites et le trouble de la personnalité antisociale, ont une corrélation importante avec la délinquance et la récidive (Hoeve, McReynolds et Wasserman, 2013; Murphy et Fonagy, 2012; Fazel et al., 2009; Heslop et al., 2011; Fridell et al., 2008; Maghsoodloo et al., 2012). D’autres troubles, comme le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), ont aussi été associés à la criminalité ultérieure (Fletcher et Wolfe, 2009), mais l’une des études montre que le lien entre le TDAH et la criminalité n’est pas aussi fort que le lien entre les facteurs de risque ou les indicateurs corrélés du TDAH (comme l’agressivité physique et l’adversité familiale) et la criminalité (Pingault et al., 2013). Une autre étude montre que de tous les crimes commis par des personnes atteintes d’un trouble mental grave Note de bas de page8 aux États‑Unis, seulement 7,5 % étaient directement liés au trouble lui-même, ce qui implique qu’il conviendrait d’étudier le lien entre la criminalité et la maladie mentale non plus seulement en fonction des symptômes psychiatriques, mais aussi au regard des facteurs de risque qui s’appliquent tant à la criminalité qu’à la maladie mentale, notamment la pauvreté et le chômage (Peterson et al., 2014). Avant de tirer des conclusions fermes au sujet de l’association entre l’ensemble des troubles mentaux et la criminalité, il conviendrait de mener des recherches plus normalisées tenant compte de multiples facteurs de risque.

En ce qui concerne l’association entre la criminalité et la comorbidité, un terme utilisé pour décrire la présence de multiples troubles chez une personne simultanément ou en séquence (National Institute on Drug Abuse, 2011), la recherche est une fois de plus limitée, d’où la difficulté de tirer des conclusions officielles. Des études ont démontré que la comorbidité augmente bel et bien la probabilité de délinquance et de violence (Coker et al., 2014; Fazel et al., 2009) et que, dans ces cas, les troubles liés à l’utilisation de substances étaient représentés de manière disproportionnéeNote de bas de page9. L’étude Fazel a permis de constater que le risque excédentaire créé par un trouble schizophrénique est atténué par le risque découlant du trouble lié à l’utilisation de substances, puisque le risque est à peu près le même chez les personnes atteintes des deux troubles que chez la population ayant uniquement un trouble lié à l’utilisation de substances (Fazel et al., 2009). Une constatation semblable a été faite dans l’étude Coker, puisque la majorité des associations entre les diagnostics psychiatriques et les crimes ayant mené à une arrestation sont devenues non significatives une fois les diagnostics de trouble des conduites retirés de l’échantillon (Coker et al., 2014). De plus amples recherches sont nécessaires pour formuler une conclusion officielle quant à savoir si la comorbidité augmente la probabilité de délinquance chez les personnes atteintes de troubles déjà fortement associés à la criminalité, comme les troubles des conduites ou les troubles liés à l’utilisation de substances.

La maladie mentale et les infractions avec violence

La maladie mentale et la victimisation

La maladie mentale et les gangs de jeunes

La maladie mentale et la cyberintimidation

La maladie mentale et la consommation de substances

La maladie mentale et d’autres enjeux sociaux importants

Étant donné que certains enjeux sociaux ont un impact sur la santé mentale et la criminalité, il conviendrait d’examiner les enjeux sociaux suivants :

Considérations liées aux coûts

Peu d’études analysent les conséquences économiques des troubles mentaux, et les techniques utilisées pour estimer les coûts dans ces études varient. Par exemple, au cours des dix dernières années, quatre grandes études canadiennes ont analysé les coûts des troubles mentaux et leurs répercussions sur l’économie à l’échelle nationale. Chaque étude faisait appel à des composantes de coûts et à des méthodes différentes (les économistes de la santé font la distinction entre trois types de coûts : les dépenses directes, les coûts indirects ou externes et les coûts intangibles). Les coûts indirects ont été mesurés différemment d’une étude à l’autre, et les dépenses du système de justice liées aux maladies mentales et aux troubles mentaux n’ont pas été calculées (CSMC, 2017b). Ceci dit, les constatations suivantes peuvent aider à illustrer la relation entre les troubles mentaux, les maladies mentales et l’économie :

Prévention et intervention

Bien que la Stratégie nationale pour la prévention du crime, par l’entremise de ses programmes de financement, ait soutenu la mise en œuvre de programmes de prévention du crime qui viennent en aide à des populations telles que les jeunes ayant des troubles mentaux, ces programmes visent principalement à prévenir la criminalité, et leurs résultats ne sont pas structurés de manière à mesurer les indicateurs dans le domaine de la santé mentale. Toutefois, compte tenu de la ressemblance entre les facteurs de risque associés à la criminalité et aux troubles mentaux, il reste essentiel de promouvoir la prévention et l’intervention précoce auprès des jeunes à risque et de leurs familles.

Les économies potentielles découlant des programmes de prévention peuvent devenir extrêmement importantes lorsqu’il s’agit de réduire les coûts immenses associés aux troubles mentaux et aux maladies mentales. Étant donné qu’un grand nombre de ces problèmes font leur apparition à l’enfance ou à l’adolescence, la promotion de la santé mentale, la prévention et l’intervention précoce sont considérés comme des secteurs d’investissement clés (Knapp et al., 2011; ICIS, 2015; Lesage, 2017 dans CSMC, 2017a), tant du point de vue de la prévention du crime que de la santé publique.

L’accès à des services de santé mentale (détermination précoce du problème, traitement, suivi, etc.) et à des médicaments appropriés revêt une importance capitale et représente la première étape à suivre pour prévenir l’activité criminelle, en particulier la violence, chez les personnes atteintes d’une maladie mentale (Coker et al., 2014; Peterson et al., 2014; Kopel et Cramer, 2014; ASMC, 2011). En 2012, un nombre estimatif de 1,6 million de Canadiens ont signalé dans l’Enquête sur la santé dans les collectivités que leur besoin en matière de soins de santé mentale était seulement partiellement satisfait ou n’était pas du tout satisfait. Le besoin de médicaments était le plus susceptible d’être satisfait, tandis que le besoin de counseling était le moins susceptible d’être satisfait, 36 % des répondants ayant déclaré que leur besoin de counseling n’était pas du tout satisfait ou était seulement partiellement satisfait (Sunderland, 2013 dans CSMC, 2017a).

L’utilisation d’outils normalisésNote de bas de page14 pour vérifier la présence de troubles mentaux ou de facteurs de risque chez les jeunes est aussi essentielle pour adapter le traitement approprié et déterminer les besoins en matière de services (Comité directeur du projet collaboratif en toxicomanie et en santé mentale, 2015; ministère des Modes de vie sains et du Sport de la Colombie‑Britannique, 2009). Selon l’ASMC, les initiatives de prévention qui ciblent les facteurs de risque et de protection appropriés peuvent être efficaces pour réduire la consommation de substances et les troubles mentaux, et peuvent même produire des économies (ASMC, 2013; Leschied, 2008).

Stratégies d’intervention clés auprès des jeunes atteints d’une maladie mentale

Pour les fins de cette section, les stratégies clés recensées par Leschied (2008) s’adressent aux jeunes atteints de troubles mentaux à risque de criminalité, tandis que les autres exemples de stratégies clés s’adressent aux jeunes atteints de troubles mentaux. Or, si ces autres exemples se sont avérés efficaces dans le domaine de la prévention du crime, la littérature n’a pas reconnu leur relation avec les programmes de prévention destinés aux jeunes qui sont à risque de criminalité en plus d’avoir un trouble mental.

Exemples d’interventions et de programmes fondés sur des données probantes abordant les troubles mentaux

Plusieurs méta-analyses et examens recensés par le groupe de travail de l’American Psychological Association (APA) sur la pratique fondée sur des données probantes auprès des enfants et des adolescents, montrent que les programmes de prévention destinés aux jeunes peuvent réduire les taux de problèmes comportementaux, sociaux, scolaires et psychologiques ultérieurs chez les participants (APA, 2008). Dans le cadre de ces programmes et d’autres initiatives de développement socialNote de bas de page16, des interventions fondées sur des données probantes ont été réalisées en matière de santé mentale, lesquelles se sont avérées efficaces pour prévenir la maladie mentale et traiter les jeunes touchés.

Pour les fins du présent rapport, seuls quelques exemples d’interventions fondées sur des données probantesNote de bas de page17, suivies de programmes standards, sont présentés. Selon la gravité et la nature des troubles devant être prévenus ou traités, différentes interventions psychosociales de prévention ou de traitement peuvent être réalisées :

Vous trouverez ci-dessous des exemples de programmes efficaces qui ont donné des résultats positifs relativement aux troubles mentaux et à certains enjeux de criminalité. Étant donné le manque d’évaluations des résultats pour ces programmes en contexte canadien, les constatations sont tirées d’évaluations des résultats réalisées aux États‑UnisNote de bas de page18 :

Bien que la réalisation d’interventions fondées sur des données probantes par du personnel ayant reçu une formation appropriée soit considérée comme une pratique exemplaire, d’autres interventions ont donné des résultats prometteurs pour ce qui est de prévenir les troubles mentaux et de traiter les enfants et les jeunes qui en sont atteints. Nous donnerons en exemple le mentorat des enfants ayant des troubles affectifs et comportementauxNote de bas de page23. Cette intervention de mentorat vise à fournir des modèles positifs et des relations de soutien qui facilitent la croissance éducative, sociale et personnelle. Les résultats indiquent que les services de mentorat offerts aux enfants ayant des troubles affectifs et comportementaux contribuent, avec les autres services de santé mentale, à réduire les problèmes liés aux comportements d’extériorisation et d’intériorisation (Jent et Niec, 2006). De plus, les mères des enfants mentorés ont signalé des taux accrus de soutien social des parents perçu, comparativement aux mères des enfants placés sur une liste d’attente (Jent et Niec, 2006).

Pour conclure cette section sur la prévention et l’intervention, il est important de mentionner la littérature et les programmes orientés vers la promotion de la santé mentale chez les enfants et les jeunes. En effet, la littérature sur les programmes efficaces de prévention et de promotion de la santé mentale insiste sur les domaines d’intérêt suivants : la résilience et les facteurs de protection; la création d’environnements de soutien; la réduction de la stigmatisation; l’intervention sur les déterminants sociaux de la santé; l’inclusion sociale; l’appartenance; de même que l’apprentissage social et affectif (Murphy et al., s.d.). L’appartenance sociale, les pratiques parentales positives, la santé physique et la sensibilisation à la santé mentale ne sont donc que quelques exemples des domaines clés où les programmes de promotion peuvent intervenir positivement, tant du point de vue de la santé publique que de la prévention du crime.

Conclusion

Comme l’indiquent les renseignements examinés dans le présent rapport, les connaissances sur la relation entre la maladie mentale et la criminalité chez les jeunes ne sont pas concluantes. Il est toutefois possible que la surreprésentation des personnes ayant une maladie mentale dans le système correctionnel ait été partiellement expliquée : la ressemblance des facteurs de risque entre les jeunes ayant des troubles mentaux et les jeunes à risque de criminalité prouve l’influence que peuvent avoir ces expériences ou événements de la vie sur la perversion sociale. Par ailleurs, nous devrions examiner le lien entre les maladies mentales et la victimisation, de même que l’association claire des troubles des conduites et des troubles liés à l’utilisation de substances avec la criminalité, or nous ne disposons pas de renseignements suffisants pour répondre clairement aux questions relatives à la relation entre la maladie mentale et la criminalité.

Pour qu’il soit possible de commencer à répondre à ces questions, il faut mener de plus amples recherches sur les liens entre les troubles mentaux et l’activité criminelle. Par exemple, dans le présent rapport, nous n’avons pas été en mesure de formuler des conclusions précises au sujet du lien entre la criminalité chez les jeunes et la maladie mentale, étant donné le manque d’études disponibles qui se concentrent sur ce lien. Par conséquent, la plupart des conclusions tirées ici s’appliquent à la maladie mentale et à la criminalité sans égard à l’âge (à moins d’indication contraire). Par ailleurs, des facteurs tels que la normalisation des définitions au sein du paradigme de la maladie mentale; l’étude des symptômes des maladies et de leurs liens respectifs avec la criminalité; et la reconnaissance de l’influence des facteurs de risque associés à la maladie mentale sur la criminalité constituent d’autres questions très importantes que nous devons examiner dans les futurs travaux de recherche, si nous souhaitons réellement approfondir notre compréhension de la relation entre la maladie mentale et l’activité criminelle.

Enfin, la présence de facteurs de risque liés à l’activité criminelle dans la vie des jeunes atteints de troubles mentaux représente une occasion d’intervenir avant qu’une infraction puisse être commise. Combinés avec les bons services et la bonne intervention, les programmes de prévention du crime peuvent avoir un impact positif sur la vie des jeunes à risque puisqu’ils leur donnent l’occasion de changer leur avenir.

Annexe A

Dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM‑V), les troubles mentaux sont regroupés dans des catégories en fonction notamment de la similitude des symptômes, des effets sur la personne et de la réaction au traitement (APA, 2013). Si le DSM‑V contient de nombreuses catégories, celles-ci ne présentent pas toutes un intérêt pour le présent rapport, puisqu’elles ne comprennent pas toutes des comportements considérés comme « associés » à la criminalité, par exemple les troubles alimentaires. Voici certaines catégories clés de troubles mentaux pour les fins du présent rapport :

(tiré du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 2013)

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Pour obtenir davantage de renseignements sur la recherche effectuée au Secteur de la sécurité communautaire et de la réduction du crime de Sécurité publique Canada, ou pour être inscrit à notre liste de distribution, veuillez communiquer avec :

Division de la recherche
Sécurité publique Canada
340, avenue Laurier Ouest
Ottawa (Ontario)  K1A 0P8
PS.CSCCBResearch-RechercheSSCRC.SP@canada.ca

Les résumés de recherche sont produits pour le Secteur de la sécurité communautaire et de la réduction du crime, Sécurité publique Canada. Les opinions exprimées dans le présent résumé sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Sécurité publique Canada.

Notes

  1. 1

    L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale de 2012 a permis de recueillir des données sur les personnes de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces; elle posait des questions aux répondants sur les troubles mentaux et les troubles liés à l’utilisation de substances. Plus précisément, l’enquête mesurait six troubles : dépression, trouble bipolaire, trouble d’anxiété généralisée, abus d’alcool ou dépendance à l’alcool, abus de cannabis ou dépendance au cannabis, et abus d’autres drogues ou dépendance à d’autres drogues. On posait aux répondants une série de questions sur les symptômes ressentis et les types de comportements adoptés. Selon les réponses, les répondants étaient réputés avoir satisfait aux critères d’un trouble mental ou d’un trouble lié à l’utilisation de substance particulier et étaient classés en conséquence. Tous les troubles dont traite le présent article reposent sur le fait que les répondants satisfaisaient aux critères d’un trouble au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Il convient toutefois de mentionner certaines limites : l’enquête ne permettait pas de recueillir de données auprès des personnes vivant dans les réserves ou autres établissements autochtones, des membres à temps plein des Forces canadiennes, des personnes vivant en établissement et des Canadiens vivant dans les territoires. En outre, comme il s’agit d’une enquête-ménage, la population des sans-abri était également hors du champ de l’enquête. Par ailleurs, lorsqu’il est question des troubles mentaux ou des troubles liés à l’utilisation de substances, ainsi que des contacts avec la police, il est important de souligner le fait que les taux fournis pourraient sous-estimer l’étendue de ces questions au Canada, étant donné que seulement certains troubles et certains types de contacts avec la police ont été mesurés. En outre, certains troubles qui se sont révélés être des facteurs importants dans les interactions des personnes avec la police, comme le trouble de la personnalité antisociale et le syndrome d’alcoolisation fœtale (MacPhail et Verdun-Jones, 2013; Stewart et Glowatski, 2014), n’ont pas été pris en compte dans cette enquête. Pour plus de détails, voir Boyce (2015).

  2. 2

    Cette définition est aussi utilisée par les Centers for Disease Control and Prevention aux États‑Unis et l’Association canadienne pour la santé mentale.

  3. 3

    Les données proviennent de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2012. Les populations autochtones examinées dans cette enquête sont les Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuits âgés de 26 à 59 ans. La prévalence chez les non-Autochtones dans cette étude a fait l’objet d’une enquête dans les provinces seulement. Pour plus de détails sur l’enquête, voir Kumar (2016).

  4. 4

    Voir la note en fin d’ouvrage 1 pour les paramètres de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale de 2012.

  5. 5

    Les raisons pour être entré en contact avec la police sont les suivantes : « les délits de la route, le fait d’être victime ou témoin d’un crime, une arrestation, les problèmes personnels liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances, ou les problèmes d’un membre de la famille liés aux émotions, à la santé mentale ou à l’utilisation de substances » (Boyce, 2015).

  6. 6

    « Les troubles mentaux ou du développement soupçonnés peuvent comprendre les troubles suivants : schizophrénie, dépression, syndrome d’alcoolisation fœtale, démence, maladies psychotiques et névrotiques ou tendances sociopathiques. Exclut les auteurs présumés pour lesquels l’information relative aux troubles mentaux ou du développement soupçonnés était inconnue. En 2013, l’information sur les troubles mentaux ou du développement soupçonnés était inconnue pour 13,3 % des auteurs présumés d’homicide (ou 60 auteurs présumés). » (Boyce, 2015)

  7. 7

    Les détenus présentant des besoins en santé mentale, dans ce contexte, sont « définis comme ayant recouru à au moins un service de traitement en santé mentale ou ayant séjourné dans un centre de traitement au cours des six derniers mois » (Sapers et Zinger, 2016).

  8. 8

    Les principaux troubles examinés dans cette étude sont la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression. Les symptômes du trouble bipolaire y sont plus étroitement associés à des crimes directs que les symptômes de la dépression et de la schizophrénie. Pour plus de détails, voir Peterson et al. (2014).

  9. 9

    Dans l’étude Coker (2014), les troubles anxieux, les troubles comportementaux, les troubles alimentaires, les troubles de l’humeur et les troubles liés à l’utilisation de substances ont tous été évalués. Les conclusions ne mentionnent toutefois pas de combinaisons de troubles particulières et ne précisent pas non plus leur impact sur la criminalité. Il est important de noter que dans cette étude, ce sont les troubles des conduites et les troubles liés à l’utilisation de substances qui sont les plus couramment associés à la criminalité.

  10. 10

    Les maladies mentales graves se fondent sur l’âge de la personne, sa déficience fonctionnelle, la durée du trouble et les diagnostics. La schizophrénie et le trouble bipolaire sont des exemples de ces troubles.

  11. 11

    « Les participants ont déclaré qu’ils souffraient “parfois”, “souvent” ou “toujours” de troubles affectifs, psychologiques ou mentaux pouvant comprendre l’anxiété, la dépression, une psychose maniacodépressive, l’abus d’alcool ou d’autres drogues et l’anorexie. » (Hango, 2016)

  12. 12

    Le document original ne définit pas directement le terme « victimisation par les pairs ». Or il est possible, en se basant sur plusieurs sources, de définir de façon générale la « victimisation par les pairs » comme l’expérience d’être la cible d’un préjudice physique, social, émotionnel ou psychologique causé par un pair. Ces activités comprennent, sans pour autant s’y limiter, l’intimidation et la cyberintimidation.

  13. 13

    En octobre 2016, l’Observatoire canadien sur l’itinérance, en partenariat avec Vers un chez-soi Canada, a publié « Sans domicile : un sondage national sur l’itinérance chez les jeunes ». Ce sondage interrogeait 1 103 jeunes sans abri de 47 collectivités différentes dans 10 provinces et territoires, brossant le premier portrait national de l’itinérance chez les jeunes au Canada. Pour plus de détails, voir Schwan et al. (2017).

  14. 14

    Comme exemple de ressource permettant de trouver un outil d’évaluation du risque approprié, le Centre d’excellence de l’Ontario en santé mentale des enfants et des adolescents offre un répertoire en ligne qui dresse le profil d’outils de mesure relatifs à la santé mentale des enfants et des adolescents et à l’évaluation de programmes. Pour plus de détails, consulter le site Web à l’adresse http://www.excellencepourenfantsados.ca/carrefour-des-ressources/base-donnees-mesures. De plus, pour les intervenants dans le domaine de la prévention du crime et au sein du système de justice pour les adolescents, le livre de Vincent, G. et al. contient des renseignements détaillés sur les outils d’évaluation du risque utilisés dans le système de justice pénale. Pour plus de détails, voir Vincent, G. et al. (2012), disponible à l’adresse http://modelsforchange.net/publications/346.

  15. 15

    Les programmes de prévention du crime primaire se concentrent sur le début de la violence ou de la délinquance chez les jeunes atteints d’un trouble mental. Un exemple de programme de prévention primaire consisterait à réduire l’exposition des jeunes vulnérables déjà atteints d’un trouble émotionnel à la violence dans les médias. Les programmes de prévention secondaire ciblent les jeunes qui présentent déjà un risque de violence ou de délinquance, mais qui n’ont pas encore adopté de comportement antisocial ou violent. Un exemple de programme de prévention secondaire réside dans les programmes destinés aux personnes ayant survécu à la violence et qui viennent en aide aux personnes aux prises avec le trouble de stress post-traumatique, la dépression et les idées suicidaires. Les programmes de prévention tertiaire s’adressent aux jeunes qui sont déjà à risque de violence et de criminalité et qui ont déjà commis une infraction. Un exemple de programme de prévention tertiaire serait un programme de traitement de la toxicomanie et de l’alcoolisme (Leschied, 2008).

  16. 16

    Le National Registry of Evidence-based Programs and Practices de la SAMHSA (États‑Unis) est un système de dépôt et d’examen fondé sur des données probantes qui vise à fournir au public des renseignements fiables sur les interventions en santé mentale et en toxicomanie. Pour plus de détails, consulter le site Web à l’adresse http://nrepp.samhsa.gov/about.aspx (anglais seulement). À notre connaissance, il n’existe aucun registre semblable au Canada.

  17. 17

    Les exemples d’interventions fondées sur des données probantes proviennent des études d’évaluation les plus rigoureuses et de la plus haute qualité, où les résultats sont appuyés par au moins un essai clinique randomisé rigoureux. Par exemple, dans le rapport de Waddell et al. (2014), les auteurs ont cherché des documents évalués par des pairs en vue de trouver des données probantes découlant d’essais cliniques randomisés pour chacun des troubles majeurs, soit les troubles anxieux (qui comprennent le trouble obsessif-compulsif), le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, les troubles liés à l’utilisation de substances, le trouble des conduites, le trouble dépressif majeur, les troubles du spectre de l’autisme, le trouble bipolaire, les troubles alimentaires et la schizophrénie. Pour plus de détails, voir Waddell et al. (2014).

  18. 18

    Cette liste se compose d’exemples de programmes de promotion de la santé mentale et de prévention des troubles mentaux, et n’est en aucun cas exhaustive.

  19. 19

    Pour plus de détails sur le programme Nurse-Family Partnership, consulter son site Web à l’adresse http://www.nursefamilypartnership.org/.

  20. 20

    Pour plus de détails sur le programme Promoting Alternative THinking Strategies, consulter son site Web aux adresses http://www.pathstraining.com/main/ et http://www.channing-bete.com/prevention-programs/paths/paths.html.

  21. 21

    Pour plus de détails sur le programme Stop Now and Plan, consulter son site Web à l’adresse https://childdevelop.ca/snap/home.

  22. 22

    Pour plus de détails sur le programme Multidimensional Family Therapy, consulter son site Web à l’adresse http://www.mdft.org/.

  23. 23

    Dans le cadre de ce programme de mentorat, 30 jeunes (de 8 à 12 ans) ayant des troubles mentaux ont reçu des services pendant au moins huit semaines. Le groupe témoin se composait de 30 jeunes inscrits sur une liste d’attente. Les mentors rencontraient les jeunes une fois par semaine pendant trois heures. Durant cette rencontre, les mentors se livraient à des activités appropriées sur le plan du développement (comme les jeux et les sports) tout en travaillant à la réalisation d’objectifs précis (Jent et Niec, 2006).

  24. 24

    Les termes employés dans ce document, comme « dépendance aux drogues » et « abus de substances », ne sont plus classés comme des troubles distincts dans le DSM-V. La catégorie révisée, « troubles liés aux substances », englobe les principaux critères de ces deux anciennes désignations.

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