Fonds de lutte contre les activités des gangs de jeunes à Winnipeg

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ISSN : 978-1-100-98982-2

Table des matières

L'épreuve des faits : sommaires d'évaluation 2012-SE-27

1. IntroductionFootnote 1

Les gangs font partie du paysage social de Winnipeg; ils sont bien établis, depuis longtemps, et ils exercent leurs activités dans leurs territoires respectifs dans toute la ville. Pour bien des jeunes de Winnipeg, les gangs font partie de la vie.

Les jeunes de Winnipeg affiliés à un gang ou présentant un risque de s'affilier à un gang sont aux prises avec un ensemble complexe d'enjeux et de facteurs de risque. Selon la documentation sur le sujet, il s'agit surtout de garçons issus d'une collectivité marginalisée, vivant dans la pauvreté. En raison de l'emprise de quelques gangs sur la ville, l'appartenance à un gang de jeunes est, dans certains cas, un phénomène intergénérationnel. Les programmes, services et mesures de soutien offerts aux jeunes membres d'un gang ou risquant de le devenir doivent combler ces divers besoins. La proposition de projets de prévention des activités des gangs de jeunes à Winnipeg a été élaborée dans ce contexte.

En 2007, le Centre national de prévention du crime (CNPC) de Sécurité publique Canada a versé un financement de 2 192 857 $, tiré de son Fonds de lutte contre les activités des gangs de jeunes (FLAGJ), pour mettre en œuvre à Winnipeg cinq projets communautaires visant la prestation de services et de mesures de soutien aux jeunes faisant partie d'un gang ou à risque d'en faire partie. Le financement sur trois ans prenait fin le 31 mars 2011, et les projets ont été renouvelés pour une année supplémentaire. L'évaluation, dont les résultats sont résumés ici, couvre la période de 2008 (les projets n'ont pas tous débuté à la même date) jusqu'au 31 décembre 2010.

2. Description du programme

Les objectifs des projets du FLAGJ à Winnipeg étaient les suivants :

Chacun des cinq projets ciblait un quartier, une collectivité et une clientèle en particulier. Voici une brève description des cinq projets :

Cercle de courage (projet mené par l'organisme Ka Ni Kanichihk Inc.)

Réalisé dans le quartier Centennial du centre-ville de Winnipeg, le projet Cercle de courage utilisait une approche intensive dont le but était de fournir à des jeunes garçons autochtones âgés de 12 à 17 ans des mesures d'intervention sociale et des occasions d'acquérir des compétences et de développer leur résilience afin qu'ils deviennent des leaders au sein de leur famille et de leur collectivité. Ce projet s'appuyait sur des programmes de mise en valeur de la culture, de formation et de counseling, de soutien et d'action sociale Il visait à renforcer l'esprit communautaire et à favoriser l'acquisition de compétences et d'autonomie. Le modèle du programme du Cercle de courage visait à procurer aux jeunes un sentiment de fierté de leur identité autochtone et à leur faire connaître l'histoire et la culture des Autochtones.

Just TV (Broadway Neighbourhood Community Centre)

Le projet Just TV s'adressait aux jeunes du quartier West Broadway. Un intervenant recrutait des jeunes et les mettait en relation avec des services de soutien social. Le projet avait comme principal objectif de permettre aux jeunes de faire appel à leur créativité pour s'exprimer sur des enjeux qui les concernent. Les 47 participants au projet Just TV ont réalisé et présenté à leur collectivité des vidéos qui portaient sur la vie au sein d'un gang, la toxicomanie et l'abandon, mais qui soulignaient également l'importance des messages positifs. Le projet visait aussi à aider les jeunes à atteindre leur but, qu'il s'agisse de rédiger un curriculum vitæ et de postuler des emplois, de trouver un logement ou d'obtenir du soutien pour renoncer à la drogue ou à l'alcool.

Project OASIS (New Directions for Children, Youth, Adults and Families)

Le projet OASIS proposait des mesures de soutien aux jeunes et aux membres de leur famille nouvellement arrivés de pays où sévissait une crise politique. Les jeunes réfugiés étaient considérés comme étant à risque de devenir membres d'un gang. Le projet ciblait en particulier les jeunes qui avaient eu des démêlés avec le système de justice pénale. Les jeunes étaient soumis à une évaluation, après quoi des services adaptés à leurs besoins étaient offerts, par exemple un suivi des cas intégré, une évaluation de la santé mentale et des possibilités de traitement ou des liens avec des ressources en matière d'éducation, d'emploi ou de loisirs. Les jeunes ont également participé à des programmes d'acquisition de compétences psychosociales et à des programmes de loisirs.

Turning the Tides (Ndinawemaaganag Endaawaad Inc.)

Le projet Turning the Tides, programme communautaire de prévention par le mentorat, s'adressait à des jeunes impliqués dans des actes criminels dans le nord de Winnipeg. Le projet comportait deux volets. Dans le cadre du volet A, les jeunes pouvaient acquérir des compétences et développer un sentiment d'appartenance en fournissant des services à la collectivité au centre de ressources jeunesse Ndinawe,. Certains jeunes passaient ensuite au volet B du projet et obtenaient un emploi rémunéré de dix heures par semaine. Dans le cadre du volet B, les responsables du projet Turning the Tides recrutaient et formaient des personnes qui avaient réussi à se sortir de la criminalité afin qu'elles deviennent des mentors pour les jeunes quittant les établissements des services correctionnels. Le projet a fourni des services à un total de 52 jeunes.

West Central Youth Outreach (WCYO) (Spence Neighbourhood Association)

Le projet, mené dans les quartiers West End et Spence, dans l'ouest de Winnipeg, comportait des interventions intensives grâce à un mentorat par des intervenants auprès des jeunes et à une approche d'interventions dans la rue. Le projet a fourni à 41 jeunes la possibilité d'établir des liens dans la collectivité vers des ressources dans le domaine de l'éducation, de l'emploi ou des loisirs.

Le projet visait deux groupes de jeunes. Quinze d'entre eux, qui étaient considérés comme le groupe prioritaire, ont obtenu un soutien plus intensif de la part d'intervenants du WCYO agissant à titre de mentors. Les intervenants du projet ont offert un soutien individualisé à chacun de ces jeunes en leur proposant des loisirs, du soutien scolaire ou des services d'intervention en cas de crise. Les mentors avaient pour but principal d'aider les jeunes, mais le projet prévoyait également un soutien à la famille. Le second groupe de jeunes a été soutenu de manière moins intensive, dans le cadre d'interventions dans la rue.

Participants au programme

Au total, les projets du FLAGJ à Winnipeg ont touché 250 jeunes et 165 familles. La majorité (84 %) des participants étaient des garçons. Même si seulement deux projets ciblaient les jeunes d'origine ethnique spécifique, à savoir les Autochtones dans le cas de Cercle de courage et les immigrants d'origine africaine dans le cadre du projet OASIS, la plupart (80 %) des participants, tous projets confondus, étaient des Autochtones, et environ 16 % étaient des immigrants d'origine africaine.

Facteurs de risque

Les projets du FLAGJ à Winnipeg s'adressaient principalement aux jeunes affiliés à un gang ou présentant un risque de s'affilier à un gang. Au moment de l'évaluation initiale, 46 % des jeunes participants vivaient avec un seul parent, et 20 % vivaient dans une famille d'accueil ou un foyer collectif. Quelque 38 % des jeunes n'avaient pas de domicile fixe, c'est-à-dire qu'ils ne vivaient au même endroit que pendant six mois ou moins. Près de la moitié (46 %) des jeunes avaient été pris en charge, à un moment donné, par les services à l'enfance et à la famille. La plupart (72 %) des participants faisaient partie d'un gang ou présentaient un risque de modéré à élevé d'en faire un jour partie; 49 % avaient été reconnus coupables d'une infraction, 67 % avaient des amis faisant partie d'un gang et 66 % avaient un membre de la famille ou un proche qui avait déjà fait partie d'un gang. Enfin, 56 % des participants signalaient que le tabagisme représentait pour eux un problème, et 27 % déclaraient avoir un problème d'alcoolisme ou de toxicomanie.

Participation au programme

En moyenne, les jeunes ont participé pendant environ 44 semaines aux projets du FLAGJ à Winnipeg. Les activités auxquelles ils ont le plus participé étaient : loisirs (n = 191), l'apprentissage de compétences psychosociales (n = 189), le mentorat (n = 179) et le counseling (n = 133).

Tous les projets cherchaient à favoriser la participation des jeunes à des activités prosociales, par exemple l'apprentissage de compétences psychosociales (n = 189), la formation préparatoire à un emploi (n = 115), la fréquentation d'une école (n = 123) et l'apprentissage des compétences de base en lecture, en écriture et en calcul (n = 73).

Les projets du FLAGJ à Winnipeg ont permis à 100 jeunes de travailler à un moment donné, mais 106 ont également pu faire du bénévolat dans la collectivité.

En outre, les cinq projets réalisés à Winnipeg ont offert aux jeunes la possibilité de faire des activités positives  (loisirs, n = 191; activités culturelles et apprentissage des traditions, n = 105). Au 31 décembre 2010, 144 jeunes avaient terminé le programme.

3. Évaluation des projets

Les objectifs de l'évaluation étaient de décrire et d'évaluer la mise en œuvre du programme, de cerner les défis à surmonter et les problèmes à régler afin de favoriser l'obtention des résultats escomptés et d'évaluer l'efficacité des projets pour l'atteinte des objectifs.

L'évaluation des projets du FLAGJ à Winnipeg reposait sur une approche mixte, combinant des données qualitatives et quantitatives. Un modèle sans groupe témoin comportant des mesures avant et après les interventions a servi à mesurer les changements sur deux périodes : l'évaluation initiale et après une période de six ou de 12 mois suivant le début du projet.

Une étude de cas réalisée pour chaque projet visait à mettre en relief le parcours particulier d'un participant ou un aspect du projet. Cette étude a également permis d'explorer le contexte dans lequel chaque projet se déroulait.

En plus des études de cas, les méthodes de collecte de données suivantes ont été utilisées :

Les instruments utilisés avec les jeunes ont été élaborés spécifiquement pour les projets, mais les questions utilisées dans le cadre du programme EurogangFootnote 2 ont été intégrées. Les instruments ont été validés à la suite d'un processus pilote d'essai intensif.

4. Résultats de l'évaluation

Résultats liés au processus

Au 31 décembre 2010, les cinq projets du FLAGJ à Winnipeg avaient formé 321 partenariats avec 275 partenaires distincts. Ces partenariats ont été qualifiés de bénéfiques tant pour les intervenants du projet que pour les organismes partenaires. Ces derniers fournissaient des services, des sources d'aiguillage, des programmes d'emploi ou de formation, des services de défense des intérêts ainsi que du financement et ils soutenaient également les comités consultatifs des projets.

Les jeunes ont déclaré avoir tiré profit de leur participation aux activités de projets. De manière générale, les jeunes ont parlé de leur attachement au personnel des projets, du fait que leur sentiment de sécurité et d'appartenance était plus grand, des compétences qu'ils avaient acquises, des débouchés qui leur avaient été offerts et des nouvelles expériences qu'ils avaient vécues. Ils ont été nombreux à dire que, sans le programme, ils seraient restés « dans la rue » et feraient toujours partie d'un gang, ce qui suppose qu'ils participeraient à des actes illégaux.

Les familles appréciaient les mesures concrètes et le soutien social qui leur avaient été offerts, mais appréciaient encore davantage l'aide que leur enfant avait obtenue. Les familles étaient en particulier reconnaissantes à l'égard du fait que, grâce aux projets, les jeunes avaient trouvé un milieu sécuritaire où ils pouvaient s'adonner à des activités prosociales et recevoir un appui social et émotionnel grâce à des services de counseling et de mentorat ou, tout simplement, au fait de se trouver là.

Un certain nombre de facteurs ont contribué à la réussite de la mise en œuvre des projets du FLAGJ à Winnipeg :

La mise en œuvre s'est heurtée à certains défis :

Besoins élevés des jeunes

Les intervenants du projet ont eu du mal à offrir le niveau de soutien requis à certains jeunes participants présentant des besoins élevés. D'autres difficultés étaient liées à l'accès de ces jeunes à des services de diagnostic et de soutien, en particulier pour les jeunes avec un problème de santé mentale ou des troubles causés par l'alcoolisation fœtale.

Sécurité

Certains jeunes devaient traverser le territoire d'un gang rival pour participer aux différents programmes et certains portaient sur eux des armes pour se protéger. La plupart des projets du FLAGJ à Winnipeg étaient offerts dans des quartiers fortement criminalisés, ce qui en faisait une cible facile pour les entrées par effraction et le vandalisme.

Demande de services

Tous les projets du FLAGJ à Winnipeg fonctionnaient à pleine capacité, tout au long du programme. Il y avait même des listes d'attente dans certains cas.

Transport

Un grand nombre de jeunes avaient besoin d'un service de transport en raison du danger que représentait la traversée d'un « territoire » contrôlé par un gang ou un autre. Les responsables des projets ont eu de la difficulté à trouver un financement suffisant pour répondre aux besoins en matière de transport.

Résultats obtenus

Comportement

Comportement pro-social

Le comportement était évalué à partir d'une échelle qui mesurait la participation des jeunes à des activités prosociales, par exemple les liens avec une ligue ou un club de sport, le bénévolat dans la collectivité et les activités culturelles.

Après six mois de participation au projet, le pourcentage de jeunes étant passés du niveau faible aux niveaux moyen ou élevé de l'échelle du comportement prosocial avait augmenté. Toutefois, les pourcentages étaient plus importants dans le groupe des jeunes évalués après 12 mois (faible risque – de 71 % à 35 %; risque modéré – de 25 % à 52 %, risque élevé, de 4 % à 13 %).

Ces résultats signifient qu'il peut falloir du temps à un jeune pour adopter des comportements prosociaux, chose que le personnel a observée et signalée. Donc, plus un jeune participe longtemps à un projet donné (p. ex. 12 mois), plus il est susceptible de se retrouver aux échelons moyen ou élevé de l'échelle du comportement pro-social.

Alcoolisme et toxicomanie

La consommation problématique d'alcool (au moins une fois par semaine) avait augmenté de 25 % à 30 % entre l'évaluation initiale et le sixième mois du programme, et de 26 % à 34 % entre l'évaluation initiale et le douzième mois programme. Cela veut dire que les jeunes consommaient plus d'alcool. La consommation problématique de drogue avait également augmenté (passant de 31 % à 36 %) après six mois, mais était revenue au taux initial (31 %) 12 mois après le début du programme.

Appartenance à un gang

Pour évaluer la réduction au chapitre de l'appartenance à un gang, une échelle adaptée de l'échelle d'évaluation du programme Eurogang devait être utilisée. Cependant, il manquait trop de points d'évaluation pour que cette échelle soit valide. Quoiqu'il en soit, les résultats révèlent que les projets n'ont pas réussi à empêcher les jeunes de se joindre à un gang; aucun changement significatif n'a été relevé.

Facteur de protection

Soutien social et soutien familial

L'acquisition de comportements prosociaux était facilitée lorsque le jeune pouvait profiter d'un soutien social et d'un soutien familial. Les résultats révèlent une diminution non significative au chapitre du faible soutien social après six mois (de 36 % à 32 %) et après 12 mois (de 33 % à 22 %), de même qu'une augmentation au chapitre des niveaux de soutien de moyen à élevé, six mois et 12 mois après le début du programme.

Un autre indicateur lié à de saines mesures de soutien des jeunes est le niveau d'intérêt des parents ou des tuteurs à l'égard de la vie du jeune. Une analyse de cet intérêt, six mois et 12 mois après le début du programme, révèle que le soutien familial n'évolue pas beaucoup.

Résultats de l'analyse des coûts

Le financement du CNPC représentait 58 % du budget des projets, en moyenne, selon une fourchette allant de 35 % à 80 %. Le coût par participant était en moyenne de 15 251 $, selon une fourchette de 10 417 $ à 24 242 $.

Analyse des coûts par projet
Project Coût de fonctionnement total Coût moyen par participant
Cercle de courage 791 696 $ 10 417 $
Just TV 606 941 $ 12 914 $
Projet OASIS 824 228 $ 24 242 $
Turning the Tides 808 308 $ 15 544 $
West Central Youth Outreach 538 747 $ 13 140 $

Limites de l'évaluation

Outre le fait qu'il n'y avait pas de groupe témoin, d'autres aspects limitent la validité des résultats, dont les suivants :

Petite taille de l'échantillon

La taille de l'échantillon, par projet, était très petite. Quelque 124 jeunes sur l'ensemble des cinq projets ont fait l'objet d'un test six mois après le début du programme. Le plus gros groupe pour un même projet comptait seulement 32 jeunes. De plus, 56 jeunes ont fait l'objet d'un test 12 mois après le début du programme, et le plus gros groupe pour un même projet ne comptait que 15 jeunes. Dans un certain nombre de cas, l'absence de réponse au questionnaire avant et après rendait la comparaison plus difficile.

Instruments

Pour ne pas susciter la méfiance, l'évaluateur n'a pas recueilli lui-même les données; c'est le personnel des cinq projets qui s'en est chargé. Cela peut avoir influé sur l'uniformité de la collecte des données entre les projets et entre les différentes étapes de chaque projet. Pour veiller à ce que les jeunes remplissent les questionnaires et à ce que l'on recueille tous les renseignements exigés à l'étape de l'évaluation initiale, il a fallu plusieurs séances réparties sur quatre semaines. Les membres du personnel hésitaient à poser certaines questions aux jeunes, de peur de les étiqueter. Enfin, la fiabilité des échelles ayant servi à la mesure des résultats n'as pas été évaluée.

Validité conceptuelle

Certains des instruments utilisés pour mesurer les résultats, en particulier à l'égard du tabagisme, intégraient peut-être un parti-pris culturel. Par exemple, les Autochtones utilisent le tabac dans leurs cérémonies culturelles. Puisque 80 % des participants étaient autochtones, les répondants n'ont possiblement pas considéré que le tabagisme était un comportement risqué. De plus, la majorité des participants au projet OASIS étaient musulmans. Puisque les musulmans ne consomment pas d'alcool, la consommation d'alcool n'était probablement pas un facteur de risque dans ce groupe.

Il faut donc faire preuve de prudence au moment d'interpréter ces résultats et de les attribuer aux interventions menées dans le cadre des projets.

5. Leçons retenues et recommandations

Prestation du programme

Comme nous l'avons déjà signalé, la mise en œuvre des projets du FLAGJ à Winnipeg s'est heurtée à de nombreux défis. L'évaluateur a émis les recommandations suivantes :

Complexité des problèmes auxquels font face les jeunes

Les jeunes qui ont participé aux projets du FLAGJ à Winnipeg font face à une vaste gamme de difficultés. La plupart d'entre eux avaient été victimes de traumatismes multiples, certains de nature neurologique découlant d'une exposition à des substances toxiques (ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale [ETCAF]), et d'autres relatifs à l'abandon, la violence, le deuil et l'itinérance. Il est recommandé d'adopter des approches holistiques et adaptées à la culture pour aider les jeunes et leur famille.

Personnalisation

Chaque projet visait des jeunes qui présentaient des problèmes particuliers exigeant une approche personnalisée en matière de services. Les projets qui cherchent à aider des jeunes membres d'un gang ou à risque d'en faire un jour partie devraient prévoir des interventions personnalisées, fondées sur les besoins.

Longueur de temps nécessaire à l'adoption de comportements prosociaux

Il faudrait accorder davantage d'attention aux aspects temporels des programmes. Des interventions plus longues, d'au moins 12 mois, sont plus susceptibles d'aider efficacement les jeunes à faire des choix prosociaux, puisque le personnel a besoin de temps pour gagner la confiance des jeunes qui sont membres d'un gang ou qui risquent d'en faire un jour partie.

Mobilisation des familles

Il est essentiel de mobiliser les familles afin qu'elles soutiennent les jeunes. Tout comme les approches visant les jeunes, le soutien des familles doit être personnalisé et souple; il doit miser sur les forces et être fondé sur la confiance.

Gravité du problème de toxicomanie

Aucun des cinq projets réalisés à Winnipeg n'offrait de soutien intensif à l'égard de la toxicomanie. Il a été observé que les jeunes avaient besoin de mesures de soutien plus intensives, soutenues et spécialisées lorsqu'il est question de problèmes de toxicomanie. Les approches utilisées pour aider les jeunes à risque et les jeunes membres d'un gang devraient prévoir un volet de soutien à l'égard de la toxicomanie ou compter sur un solide partenaire qui peut fournir les interventions nécessaires.

Opinion des jeunes

Les projets de Winnipeg ont laissé les jeunes s'exprimer sur les enjeux auxquels ils faisaient face et raconter leur histoire. Lorsque cela est possible, il faudrait consulter les jeunes au moment de planifier et de mettre en œuvre un programme et de diffuser les connaissances recueillies.

6. Conclusion

Les projets du Fonds de lutte contre les activités des gangs de jeunes à Winnipeg semblent avoir réussi à augmenter les comportements prosociaux chez les participants, en particulier après 12 mois de participation, chez les jeunes des tranches d'âge inférieures et pour ceux qui avaient participé de façon plus soutenue aux programmes. Toutefois, le soutien social et familial offert à ces jeunes est demeuré stable ou a très légèrement augmenté six mois ou 12 mois après le début du projet. La participation à un des projets du FLAGJ à Winnipeg ne semble pas avoir eu d'incidence significative sur la consommation problématique d'alcool ou de drogue. Enfin, il n'a pas été possible de démontrer que la participation à un projet avait une incidence sur l'appartenance à un gang de jeunes ou la participation aux activités d'un gang.

Pour de plus amples renseignements au sujet de ce projet, ou pour obtenir une copie du rapport final d'évaluation, veuillez contacter le Centre national de prévention du crime, par courriel, à ps.prevention-prevention.sp@canada.ca.

Pour recevoir des informations sur les activités du CNPC, nous vous invitons à vous inscrire à la liste d'envoi électronique du CNPC en visitant notre page d'enregistrement à : http://www.securitepublique.gc.ca/cnt/bt/mlng-lst-fra.aspx.

Notes

  1. 1 La présente note de synthèse est fondée sur l'examen et l'analyse, par l'équipe d'évaluation du Centre national de prévention du crime, du rapport d'évaluation final préparé par Larry Bremner, de Proactive Information Services Inc.
  2. 2 Weerman, F. et S. Decker, « European Street Gangs and Troublesome Youth Groups: Findings from the Eurogang Research Program », European Street Gangs and Troublesome Youth Groups. Oxford, AltaMira Press, 2005.
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