L’épreuve des faits – Prévention du crime en action – Walking the Path Together

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Table des matières

Le programme Walking the Path Together est un projet pilote quinquennal novateur axé sur la culture, qui vise à réduire la probabilité que les enfants autochtones âgés de 6 à 11 ans grandissent en employant ou en acceptant la violence dans leurs relations intimes. Il se penche sur la violence familiale chronique, le fondement de la violence intergénérationnelle, ainsi que les futurs comportements délinquants. Le projet est mis en œuvre dans les collectivités albertaines de Wabasca, de Morley, d’Hobbema, de Fort Chipewyan et d’Enilda.

Le projet Walking the Path Together est géré par l’Alberta Council of Women's Shelters (ACWS), et financé par Sécurité publique Canada par l’entremise du Fonds de prévention du crime chez les collectivités autochtones et du Nord du Centre national de prévention du crime. Le projet a débuté en juillet 2009; il sera exécuté et évalué jusqu’en mars 2014.

Le projet vise notamment à s’assurer que les enfants participants :

Participants au programme

Les principaux participants sont les garçons et filles qui ont été témoins de violence familiale, qui font l’expérience du système de refuges et qui vivent dans une réserve. Ces enfants habitent avec au moins un parent ou tuteur présent. La participation est volontaire. Les participants secondaires incluent les frères et sœurs habitant avec les principaux participants, ainsi que d’autres membres de la famille.

En plus de l’exposition à la violence familiale, le projet Walking the Path Together agit sur les facteurs de risque suivants :

Composantes du programme

La sagesse de la culture des Première nations est incorporée à toutes les facettes du projet. Au nombre des activités d’intervention, mentionnons la gestion des cas, le counseling individuel, les cercles de la parole, le counseling familial, les discussions avec les Aînés et les conférences avec des groupes de familles.

Les composantes du programme sont intégrées aux activités courantes dans les refuges. Elles prévoient l’évaluation soigneuse et complète des participants, ainsi que l’adaptation des services à leurs circonstances. Selon les besoins, les enfants et les familles sont dirigés vers les ressources disponibles dans les domaines de la protection de l’enfance, de la santé ou du soutien du revenu. Le counseling individuel et familial, les cercles de la parole et les conférences avec des groupes de familles constituent des activités clés, et la participation des Aînés est toujours mise en évidence. Le projet complète ces services en coordonnant trois autres types d’activités pour les familles :

Ces activités représentent des occasions importantes pour les familles de vivre des expériences positives ensemble, et pour les intervenants de créer des circonstances propices à la discussion et au travail thérapeutique.

Dotation

Dans chacun des refuges, une travailleuse « Eagle Feather » (plume d’aigle) a été embauchée pour appliquer l’approche F.E.A.T.H.E.R. Chaque travailleuse appuie 10 à 15 enfants et leurs familles sur une période de deux ans. L’approche F.E.A.T.H.E.R. a été élaborée comme fondement du projet Walking the Path Together:

F - Suivre la famille à l’extérieur du refuge et dans la collectivité (et autour de celle-ci).

E - Gagner la confiance et le respect en faisant preuve d’engagement.

A - Nous adapter aux désirs et aux besoins de la famille (aujourd’hui et à mesure qu’ils changent).

T - Être présents quand et où la famille a besoin de nous, tant et aussi longtemps qu’elle aura besoin de nous.

H - Favoriser une compréhension holistique des cadeaux et des besoins.

E - Habiliter les adultes à défendre leurs propres intérêts.

R - Nous fixer des attentes réalistes envers nous-mêmes et les familles avec lesquelles nous travaillons.

Partenaires

Non seulement il existe un partenariat entre les cinq refuges dans les réserves et l’ACWS, mais les responsables du projet Walking the Path Together ont aussi conclu un partenariat avec le Centre for Children and Families in the Justice System de London, en Ontario (London Centre), et avec Jacquelyn Campbell, Ph. D., de l’Université John Hopkins. Le London Centre et Mme Campbell offrent une expertise dans le domaine de l’évaluation du risque, de l’interrogation appréciative et du travail clinique avec les enfants qui ont connu la violence familiale. Un cercle d’orientation du projet a été formé avec les partenaires, lequel guide la mise en œuvre du projet et fournit un forum de réflexion et d’évolution continuelle.

Résultats

Le projet Walking the Path Together donne des résultats prometteurs. Il a mis en jeu 67 principaux participants, de même que 104 fournisseurs de soins adultes et 129 frères et sœurs.

Selon l’évaluation d’impact menée avec le soutien du gouvernement de l’Alberta, 82 enfants des groupes de participants principaux et secondaires ont évité d’être pris en charge par le gouvernement, et l’exposition à la violence a pris fin ou diminué pour 50 % des principaux participants. Vingt-quatre fournisseurs de soins sont retournés à l’école ou ont trouvé un emploi, et 70 % des fournisseurs de soins se disent prêts à agir, à demander de l’aide et à rester en sécurité.

Une étude sur le rendement social du capital investi, également financée par le gouvernement de l’Alberta, laisse entrevoir une valeur sociale globale, ou une économie financière, de 5,42 $ pour chaque dollar dépensé Note 1.

Plusieurs outils qui pourraient être utiles à d’autres ont été créés ou adaptés pour le projet. L’outil « Protection, Options and Planning », ou « POP TARTS », sert à orienter les conversations avec les femmes vivant ou retournant vivre avec une personne violente. Pour sa part, le « Danger Assessment Tool »Note 2 permet de déterminer le niveau de risque applicable aux femmes victimes de violence.

L’ampleur du traumatisme intergénérationnel vécu par les gens dans les collectivités, l’étendue et la portée des besoins économiques, et les faibles taux d’accès aux systèmes, se sont avérés plus considérables que prévu.

Les intervenants du projet ont trouvé difficile de parcourir les distances requises pour régler les problèmes de sécurité dans certains foyers.

Les intervenants ont relevé des obstacles à la participation au projet, notamment le manque général de confiance, les craintes au sujet de la confidentialité, la peur que les enfants ne soient pris en charge par la protection de l’enfance, ou la peur des répercussions potentielles sur les prestations d’aide sociale.

Les intervenants du projet Walking the Path Together ont appris qu’il pouvait prendre un an ou plus pour gagner la confiance des participants, et qu’il s’agissait d’un élément de réussite essentiel, d’où l’importance des activités et événements familiaux.

Voici des stratégies pour accroître la participation des familles :

Au nombre des stratégies qui ont facilité la mise en œuvre du projet, mentionnons les heures de travail flexibles pour les intervenants, l’intégration des activités à d’autres programmes offerts par les refuges, la coordination entre les Premières nations et les organismes s’adressant au grand public, la planification en vue de la continuité du service, et la collaboration avec un organisme-cadre comme l’ACWS.

Les policiers sont d’importants partenaires; ils doivent prendre part aux activités quotidiennes du projet afin de chasser les peurs de la GRC et d’accroître le sentiment de sécurité.

Un système informatisé de collecte de données constitue un élément important du projet. Il permet de veiller à la disponibilité de l’information requise pour comprendre et adapter les activités du programme, et il simplifie la tenue de dossiers pour le personnel.

La formation et le soutien régulièrement offerts aux travailleuses « Eagle Feather » aident à prévenir l’épuisement professionnel, et le fait de limiter le ratio travailleuse-client à 1:10 permet de maintenir l’équilibre entre l’intensité du programme et les ressources disponibles.

Sommaire

Le projet Walking the Path Together atténue les facteurs de risque et renforce les facteurs de protection, afin d’aider les enfants et les familles des Premières nations à s’éloigner des dangers de la violence et de la criminalité. Les leçons retenues du projet et les résultats pour les individus, les familles et les collectivités, seront des plus utiles aux praticiens et aux décideurs qui veulent investir dans des programmes.

L’information concernant ce que le projet Walking the Path Together nous a appris jusqu’à présent, est résumée dans un document intitulé « Walk Proud, Dance Proud: Footprints on a Healing Journey—A Draft Discussion Guide to Walking the Path Together to Reclaim the Teachings for our First Nations Children (2012) » et est accessible à toutes les collectivités canadiennes. Pour obtenir une copie ou de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec l’ACWS.

Pour obtenir de l’information sur ce projet, veuillez visiter le site http://www.acws.ca/walkingthepath ou communiquer avec l’organisme suivant :
Alberta Council of Women's Shelters

320 – 10310, avenue Jasper
Edmonton (Alberta) T5J 2W4
Téléphone : 780-456-7000

Notes

1 Étude de cas sur le rendement social du capital investi : Safe Communities Innovation Fund – Walking the Path Together, par l’Alberta Safe Community and Strategic Policy Secretariat, qui a cofinancé le programme. Pour obtenir une copie ou de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec l’Alberta Council of Women’s Shelters.

2 Pour en savoir davantage sur l’évaluation du danger, allez à l’adresse suivante : http://www.dangerassessment.org/about.aspx

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