Rapport annuel sur la surveillance électronique 2023

Introduction

La partie VI du Code criminel définit les dispositions que les services de police doivent suivre pour obtenir une autorisation judiciaire en vue d'intercepter des communications privées dans le cadre d'une enquête criminelle. Cette section définit les dispositions qui sont également prévues afin que les services de police puissent assurer la surveillance électronique des communications privées sans l'autorisation d'un tribunal en cas de préjudice imminent, comme dans des situations d'enlèvement ou d'alerte à la bombe. Ces procédures doivent être suivies de manière à respecter le plus possible la vie privée des personnes au cours de la période d'écoute.

Comme mesure de responsabilisation, l'article 195 du Code criminel stipule que le ministre de la Sécurité publique doit préparer un rapport annuel sur le recours à l'écoute électronique (en vertu de la partie VI) dans les cas de crimes pouvant faire l'objet de poursuites par le procureur général du Canada ou en son nom et présenter ce rapport au Parlement.

Le Rapport annuel 2023 porte sur une période de cinq ans, de 2019 à 2023. Il comprend de nouvelles statistiques pour la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023 de même que des données mises à jour pour les années 2019 à 2022.

Le rapport annuel doit comprendre les renseignements suivants :

Le 27 septembre 2013, des mesures additionnelles de responsabilisation ont été mises en œuvre pour l'article 184.4 du Code criminel (Interception immédiate – dommage imminent), lesquelles ont donné lieu à des changements à l'article 195 (rapport annuel). Certains des renseignements requis sont les mêmes que pour les articles 185 et 186; toutefois, il existe également de nouvelles exigences, en particulier pour l'article 184.4.

Le rapport annuel doit aussi inclure les renseignements en particulier pour l'article 184.4 comme:

Le Rapport annuel 2023 est structuré de façon suivante :

Section I
Offre un aperçu des procédures et processus définis à la partie VI du Code criminel et de l'information sur l'article 487.01 y est aussi présentée, puisque les services de police peuvent obtenir l'autorisation d'effectuer une surveillance vidéo en présentant une demande de mandat général en vertu de cet article.
Section II
Présente les statistiques relatives de demandes d'autorisation ou de demandes de renouvellement qui doivent être présentées dans chaque rapport annuel, conformément aux paragraphes 195(2) et 195(3) du Code criminel.
Section III
Présente les statistiques relatives d'interceptions immédiate sans autorisation quand il y a un dommage imminent qui doivent être présentées dans chaque rapport annuel, conformément aux paragraphes 195(1)(c) du Code criminel.
Section IV
Propose une évaluation d'ensemble de l'importance de l'écoute électronique pour le dépistage et la prévention des infractions, et pour les poursuites et enquêtes relatives à celles-ci, conformément à l'alinéa 195(3)(b) du Code criminel.

Section I – Aperçu de la partie VI du Code criminel

La partie VI du Code criminel définit les dispositions que les services de police doivent suivre pour obtenir une autorisation judiciaire en vue d'intercepter des communications privées dans le cadre d'une enquête criminelle.

Seulement les agents de la paix et les agents désignés ne peuvent obtenir une autorisation d'intercepter des communications privées et seulement pour certaines infractions graves, qui sont énumérées à l'article 183 du Code criminel (par exemple, la facilitation d'une activité terroriste, le trafic d'armes, le trafic de drogues et les infractions relatives au crime organisé).

La partie VI énumère aussi les exigences à satisfaire pour toute demande d'autorisation visant l'interception de communications privées. Parmi ces conditions, on retrouve les suivantes :

En règle générale, les autorisations ne sont pas accordées pour plus de 60 jours (alinéa 186(4)(e)). Les personnes désignées peuvent toutefois demander au juge le renouvellement de l'autorisation, ce qui permet de prolonger la durée de laquelle elles peuvent légalement effectuer une écoute électronique. Avant de renouveler une autorisation, le juge doit être convaincu que les circonstances qui ont permis d'accorder l'autorisation originale existent encore (paragraphes 186(6) et 186(7)).

Des dispositions existent aussi pour permettre à une personne désignée d'obtenir une autorisation dans le cadre d'une situation d'urgence. Selon l'article 188 du Code criminel, un agent de la paix désigné par le ministre de la Sécurité publique peut présenter une demande d'autorisation à un juge si l'urgence de la situation exige que l'interception de communications privées commence avant qu'il soit possible d'obtenir une autorisation dans le cadre du processus normal. Dans ces circonstances, l'autorisation peut être octroyée pour une période maximale de 36 heures, et le juge peut y imposer des conditions.

En plus de pouvoir demander une autorisation pour l'interception de communications privées en vertu de la partie VI du Code criminel, les agents de la paix et les agents peuvent présenter à un juge une demande de mandat général en vertu de l'article 487.01 du Code criminel. Cet article permet à un juge de décerner un mandat autorisant l'utilisation de tout dispositif et de toute méthode d'enquête dont il n'est pas question ailleurs dans le Code criminel ou dans une autre loi fédérale. Ce type de mandat pourrait, par exemple, permettre à des agents de la paix d'effectuer une surveillance vidéo sur une personne dans des circonstances où celle-ci pourrait raisonnablement s'attendre au respect de sa vie privée. Comme avec les autres autorisations judiciaires, certaines exigences doivent être satisfaites avant qu'un mandat puisse être accordé. Dans le cas des mandats décernés en vertu de l'article 487.01, voici certaines des exigences à satisfaire :

En 1993, Le Parlement a adopté l'article 184.4 du Code criminel (Interception immédiate – dommage imminent) pour permettre la mise sur écoute d'urgence sans autorisation d'un tribunal en cas de dommage imminent, comme dans des situations d'enlèvement ou d'alerte à la bombe. Dans l'affaire R c. Tse, la Cour suprême du Canada a statué que l'autorisation de la mise sur écoute d'urgence dans des situations de préjudice imminent sans l'autorisation du tribunal pouvait se justifier en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. La Cour suprême a déclaré que l'article 184.4 était inconstitutionnel parce qu'il ne comportait pas de mesures de responsabilisation et elle a accordé jusqu'au 13 avril 2013 au Parlement pour modifier la disposition afin de la rendre conforme sur le plan constitutionnel. Le 27 mars 2013, une loi répondant à l'affaire R c. Tse a reçu la sanction royale et ajoute des mesures de responsabilisation à la disposition existante sur la mise sur écoute en situation de préjudice imminent en vertu du Code criminel.

Section II – Statistiques

Demandes d'autorisation et de renouvellement d'autorisation

Aux termes des alinéas 195(2)(a) et (b) du Code criminel, le rapport doit indiquer :

Le tableau ci-dessous indique le nombre de demandes d'autorisation et de renouvellement d'autorisation présentées au cours d'une période de cinq ans, soit de 2019 à 2023. Les chiffres sont présentés selon cinq catégories de demandes d'autorisation : autorisation audio et vidéo (durée maximale de 60 jours) et renouvellements, conformément aux paragraphes 185(1) et 186(6) et à l'article 487.01 du Code criminel, respectivement; et autorisation audio et vidéo « d'urgence » (durée maximale de 36 heures) conformément au paragraphe 188(1) et à l'article 487.01 du Code criminel.

Tableau 1 – Le tableau ci-dessous présente le nombre de demandes d'autorisation et de demandes de renouvellement d'autorisation.
Catégorie de demande présentée 2019 2020 2021 2022 2023
Audio art. 185 C.cr. 45 49 50 47 43
Vidéo art. 487.01 C.cr. 29 43 44 40 27
Renouvellements art. 186 C.cr. 4 3 2 0 9
Audio d'urgence art. 188 C.cr. 0 0 0 0 1
Vidéo d'urgence art. 487.01 C.cr. 0 0 0 0 0
Total 78 95 96 87 80

Aux termes de l'alinéa 195(2)(c) du Code criminel, le rapport doit indiquer :

Tableau 2 – Le tableau ci-dessous présente le nombre de demandes présentées avec des modalités, de demandes présentées sans modalités et de demandes refusées.
Conditions ou refus 2019 2020 2021 2022 2023
Sous conditions 69 95 96 85 80
Sans conditions 8 0 0 0 0
Refus 1 0 0 2 0

Durée de validité des autorisations

Aux termes de l'alinéa 195(2)(f) du Code criminel, le rapport annuel doit indiquer :

Les calculs ci-dessous représentent la « Durée moyenne de validité » pour les autorisations et les renouvellements, lorsqu'il y a lieu. Il importe également de signaler que bien que les autorisations accordées et renouvelées puissent être valides pendant une période maximale de 60 jours et de 36 heures pour les autorisations audio et vidéo d'urgence, cela ne signifie pas pour autant que des interceptions se produisent nécessairement tout au long de cette période. Par exemple, une fois l'autorisation accordée, on peut réunir des éléments de preuve démontrant qu'il y a eu infraction et porter une accusation avant la date d'expiration de l'autorisation. Il est aussi important de noter que certaines autorisations font partie des enquêtes contre le crime organisé et peuvent avoir une durée de validité jusqu'à un an, ce qui augmenterait la durée moyenne de validité.

Tableau 3 – Le tableau ci-dessous présente la période de validité moyenne des autorisations et des renouvellements.
Catégorie d'autorisation 2019 2020 2021 2022 2023
Audio art. 185 C.cr. (jours) 60.4 67.2 61.8 63.2 37.9
Vidéo art. 487.01 C.cr. (jours) 71.7 63.5 67.2 63.6 86.0
Audio d'urgence art. 188 C.cr. (heures) 0 0 0 0 0
Vidéo d'urgence art. 487.01 C.cr.( heures) 0 0 0 0 0

Aux termes de l'alinéa 195(2)(g) du Code criminel, le rapport annuel doit indiquer :

Les catégories du tableau ci-dessous représentant les renouvellements sont mutuellement exclusives. Ainsi, une autorisation ordinaire de surveillance audio ou vidéo de 60 jours est renouvelée pour la même période figure dans la catégorie des autorisations valides de 61 à 120 jours; et une autorisation de 60 jours qui fait l'objet de 3 renouvellements de 60 jours figure dans la catégorie des autorisations valides de 181 à 240 jours.

Tableau 4 – Le tableau ci-dessous présente le nombre d'autorisations valides pendant plus de 60, de 120, de 180 et de 240 jours.
Durée de validité (jours) 2019 2020 2021 2022 2023
61 à 120 1 4 0 1 4
121 à 180 2 0 0 1 0
181 à 240 0 0 0 0 0
241 et plus 0 0 1 0 0

Infractions spécifiées dans les autorisations

Aux termes de l'alinéa 195(2)(i) du Code criminel, le rapport annuel doit indiquer :

La plupart des autorisations de surveillance électronique accordées aux mandataires désignés par le ministre de la Sécurité publique visent plus d'une infraction. Une autorisation typique visera par exemple des infractions aux articles 5 (trafic de substances), 6 (importation et exportation) et 7 (production) de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances ainsi qu'un complot, aux termes de l'article 465 du Code criminel, en vue de commettre ces infractions. Le tableau ci-dessous indique le nombre de cas où des infractions précises ont été spécifiées dans des autorisations accordées à des mandataires désignés par le ministre de la Sécurité publique. Par exemple, sur les 80 nombre de demandes autorisations accordées en 2023, 28 prévoyaient expressément le recours à la surveillance électronique relativement au trafic de stupéfiants, 28 visaient la possession en vue d'un trafic et 9 à l'importation et l'exportation.

Tableau 5 – Le tableau ci-dessous présente les types d'infractions pour lesquels des autorisations ont été accordées.
Type d'infraction 2019 2020 2021 2022 2023
Loi sur les cannabis
Distribution par. 9(1) 0 3 3 6 11
Possession en vue de la distribution par. 9(2) 0 0 3 0 0
Vente et possession en vue de la vente par. 10(1) 2 4 3 1 13
Possession en vue de la vente par. 10(2) 0 0 3 3 0
Importation et exportation par. 11(1) 0 0 1 0 9
Production ali. 12(1)(a) 0 1 1 0 9
Possession, etc., pour utilisation dans la production ou la distribution de cannabis illicite art. 13 0 0 0 0 9
Loi sur la concurrence
Truquage des offres art. 47 0 0 0 4 0
Loi Réglementant certaines drogues et autres substances
Trafic de substances par. 5(1) 26 49 52 60 46
Possession en vue du trafic par. 5(2) 23 46 47 62 37
Importation et exportation par. 6(1) 20 20 15 28 24
Possession en vue de l'exportation par. 6(2) 0 4 0 0 0
Production art. 7 8 4 0 4 2
Code criminel
Usage d'explosifs art. 81 0 0 2 0 0
Fournir ou réunir des biens en vue de certains actes art.83.02 0 0 1 0 0
Fournir, rendre disponibles, etc. des biens ou services à des fins terroristes art. 83.03 0 0 0 0 4
Participation à une activité d'un groupe terroriste art. 83.18 2 10 2 7 2
Quitter ou tente de quitter le Canada art. 83.181 0 0 1 1 1
Facilitation d'une activité terroriste art. 83.19 0 0 1 6 1
Infraction au profit d'un groupe terroriste art. 83.2 0 4 0 2 0
Quitter le Canada - perpétration d'une infraction constituent une activité terroriste art. 83.202 0 0 1 2 0
Préconiser ou fomenter la perpétration d'infractions de terrorisme art. 83.221 0 0 0 0 2
Port d'arme dans un dessein dangereux art.88 0 1 0 0 0
Possession d'une arme à feu prohibée ou à autorisation restreinte avec des munitions art. 95 0 1 0 0 0
Trafic d'armes art. 99 3 2 0 2 0
Possession en vue de faire le trafic d'armes art.100 0 1 0 2 0
Corruption art. 120 2 1 0 2 0
Abus de confiance art. 122 3 1 0 2 1
Meurtre art. 235 0 10 3 6 9
Tentative de meurtre art. 239 0 0 0 1 0
Complice après le fait art. 240 0 0 0 1 0
Décharger une arme à feu avec une intention particulière art. 244 0 1 2 0 0
Proférer des menaces art.264.1 0 0 2 0 0
Voies de fait graves art. 268 0 0 0 0 2
Vol d'un véhicule à moteur par. 333.1 0 0 0 0 1
Utilisation non autorisée d'ordinateur art. 342.1 1 0 0 0 1
Vol qualifié art. 344 2 0 0 0 0
Extorsion art. 346 1 0 0 0 0
Introduction par effraction art. 348 0 0 0 1 0
Possession de biens obtenus par la criminalité art. 354 27 23 41 32 20
Possession de biens obtenus par la perpétration d'une infraction art. 355 6 3 9 0 0
Trafic de biens criminellement obtenus art. 355.2 1 3 1 0 1
Possession de biens criminellement obtenus – trafic par. 355.4 0 2 2 2 0
Fraude art. 380 2 0 4 2 0
Engin explosif ou autre engin meurtrier par.431.2(2) 0 0 2 0 0
Incendie criminel : intention frauduleuse art.435 0 0 1 1 0
Incendie criminel par négligence art.436.1 0 0 3 0 0
Mise en circulation, etc. de monnaie contrefaite art. 452 0 1 0 0 0
Recyclage des produits de la criminalité art. 462.31 17 23 14 23 12
Tentative, complicité art. 463 9 3 13 19 13
Conseil en vue d'un complot art. 464 9 3 18 16 8
Complot art. 465 45 49 68 45 29
Participation aux activités d'une organisation criminelle art. 467.11 11 7 12 4 6
Participation aux activités d'une organisation criminelles. 467.111 5 1 0 0 3
Infraction au profit d'une organisation criminelle art. 467.12 8 8 9 0 9
Charger une personne de commettre une infraction art. 467.13 1 1 2 0 5
Loi sur les douanes
Contrebande : introduction au Canada par. 159(1) 0 0 0 5 0
Loi sur l'accise
Possession ou vente illégale de produits du tabac par. 32(1) 0 3 0 0 0
Production, vente, etc., illégales de tabac ou d'alcool art. 214 0 3 0 0 0
Possession illégale de produits du tabac art. 216 4 4 0 4 0
Possession de biens d'origine criminelle art. 230 0 3 0 0 0
Recyclage des produits de la criminalité art. 231 1 0 0 0 0
Loi sur la protection de l'information
Communication de renseignements opérationnels spéciaux art. 14 3 0 0 0 0
Communication de renseignements protégés art. 16 3 0 0 0 0
Accomplissement d'actes préparatoires art. 22 1 0 0 0 0

Lieux et méthodes d'interception

Aux termes de l'alinéa 195(2)(j) du Code criminel, le rapport annuel doit donner :

Tableau 6 – Le tableau ci-dessous présente une description des catégories de lieux indiquées dans les autorisations et le nombre d'autorisations accordées pour chaque catégorie de lieu.
Genre de lieu 2019 2020 2021 2022 2023
Résidence (permanente) 15 23 26 17 14
Résidence (temporaire) 6 8 6 8 5
Locaux commerciaux 6 7 13 4 5
Véhicules 18 24 32 21 36
Autres 12 17 63 62 62

Aux termes de l'alinéa 195(2)(k) du Code criminel, le rapport annuel doit donner :

Tableau 7 – Le tableau ci-dessous présente une description générale des méthodes d'interception utilisées.
Méthodes d'interception 2019 2020 2021 2022 2023
Télécommunication 220 390 358 204 149
Microphone 91 93 120 73 59
Vidéo 43 67 80 59 41
Autres 10 39 68 64 13

Poursuites judiciaires, utilisation des renseignements interceptés et condamnations en résultant

Aux termes de l'alinéa 195(2)(l) du Code criminel, le rapport annuel doit indiquer :

Tableau 8 – Le tableau ci-dessous présente le nombre de personnes arrêtées dont l'identité a été connue à la suite d'une interception en vertu d'une autorisation.
  2019 2020 2021 2022 2023
Nombre de personnes arrêtées 47 72 25 39 21

Aux termes de l'alinéa 195(2)(d) du Code criminel, le rapport annuel doit indiquer :

Le tableau ci-dessous contient le nombre de personnes inculpées, pour tous genres d'infractions, y compris des infractions au Code criminel. De plus, les trois catégories d'infractions étudiées ne sont pas considérées comme s'excluant mutuellement, autrement dit, les personnes inculpées pour plus d'une catégorie d'infractions sont comptées plus d'une fois. Du fait de ce mode de calcul, on ne peut additionner les chiffres des colonnes présentées dans ce tableau pour obtenir le nombre total de personnes inculpées.

Tableau 9 – Le tableau ci-dessous présente le nombre de personnes visées par une autorisation qui ont été accusées de diverses infractions.
Catégorie d'infraction 2019 2020 2021 2022 2023
Infraction spécifiée dans l'autorisation 66 150 133 80 57
Infraction pour laquelle une autorisation pouvait être accordée 20 55 28 12 36
Infraction pour laquelle aucune autorisation ne pouvait être accordée 8 32 14 2 3

Les tableaux 9 et 10 sont en corrélation. Le tableau 9 porte sur le nombre de personnes dont l'identité est indiquée dans une autorisation qui ont été inculpées pour une catégorie d'infractions précises c'est-à-dire une infraction spécifiée dans l'autorisation, une infraction autre qu'une infraction spécifiée dans une telle autorisation, mais pour laquelle une autorisation peut être donnée, ou une infraction autre qu'une infraction spécifiée dans une telle autorisation et pour laquelle aucune autorisation de ce genre ne peut être donnée. Le tableau ci-dessous fournit des informations semblables sur des personnes dont l'identité n'est pas indiquée dans une autorisation, mais qui ont été inculpées grâce à des renseignements obtenus par suite d'une interception autorisée de communications privées.

Aux termes de l'alinéa 195(2)(e) du Code criminel, le rapport annuel doit indiquer :

Le tableau ci-dessous contient le nombre de personnes inculpées, pour tous genres d'infractions, y compris des infractions au Code criminel. De plus, les trois catégories d'infractions étudiées ne sont pas considérées comme s'excluant mutuellement, autrement dit, les personnes inculpées pour plus d'une catégorie d'infractions sont comptées plus d'une fois. Du fait de ce mode de calcul, on ne peut additionner les chiffres des colonnes présentées dans ce tableau pour obtenir le nombre total de personnes inculpées.

Tableau 10 – Le tableau ci-dessous présente le nombre de personnes non visées par une autorisation qui ont été accusées de diverses infractions.
Catégorie d'infraction 2019 2020 2021 2022 2023
Infraction spécifiée dans l'autorisation 53 57 56 35 29
Infraction pour laquelle une autorisation pouvait être accordée 27 24 30 4 20
Infraction pour laquelle aucune autorisation ne pouvait être accordée 9 6 6 0 0

Encore, les tableaux 9 et 10 sont en corrélation. L'ancien tableau porte sur le nombre de personnes dont l'identité est indiquée dans une autorisation qui ont été inculpées pour une catégorie d'infractions précises c'est-à-dire une infraction spécifiée dans l'autorisation, une infraction autre qu'une infraction spécifiée dans une telle autorisation, mais pour laquelle une autorisation peut être donnée, ou une infraction autre qu'une infraction spécifiée dans une telle autorisation et pour laquelle aucune autorisation de ce genre ne peut être donnée. Le tableau dernier fournit des informations semblables sur des personnes dont l'identité n'est pas indiquée dans une autorisation, mais qui ont été inculpées grâce à des renseignements obtenus par suite d'une interception autorisée de communications privées.

Aux termes de l'alinéa 195(2)(m) du Code criminel, le rapport doit indiquer :

Tableau 11 – Le tableau ci-dessous présente le nombre de procédures au cours desquelles des communications interceptées ont été déposées comme éléments de preuve et le nombre de procédures qui ont donné lieu à une condamnation.
  2019 2020 2021 2022 2023
Poursuites pénales / produites en preuve 251 383 546 570 137
Condamnations 38 45 102 38 0

Aux termes de l'alinéa 195(2)(n) du Code criminel, le rapport doit indiquer :

Tableau 12 – Le tableau ci-dessous présente le nombre d'enquêtes dans lesquelles des renseignements provenant de communications interceptées ont été utilisés, mais les communications elles-mêmes n'ont pas été déposées comme éléments de preuve.
  2019 2020 2021 2022 2023
d'enquêtes en matière pénale / non produites en prévue 25 73 15 112 39
Condamnations 25 43 11 0 0

Avis

Aux termes du paragraphe 196(1) du Code criminel, le ministre de la Sécurité publique doit envoyer un avis à la personne ayant fait l'objet d'une interception. De plus, aux termes de l'alinéa 195(2)(h), le rapport annuel du ministre de la Sécurité publique doit indiquer :

Un avis est envoyé aux personnes dont les communications ont fait l'objet d'une interception et dont l'identité est indiquée dans l'autorisation, soit par un nom ou par une personne connue dont on ne connaît pas le nom (p. ex. personne de sexe féminin non identifiée habitant avec John Doe). Dans les cas où la personne est identifiée mais dont on ne connaît pas le nom, l'avis doit être transmis aux personnes sur lesquelles on dispose de suffisamment d'informations pour transmettre l'avis. L'avis peut être ajourné par un juge jusqu'à trois ans lorsque l'enquête en question se prolonge, qu'elle est en rapport avec une infraction de terrorisme ou avec une infraction liée à une organisation criminelle et ou une prolongation serait dans l'intérêt de la justice.

Tableau 13 – Le tableau ci-dessous présente le nombre d'avis envoyés à des personnes dont des communications privées ont été interceptées.
  2019 2020 2021 2022 2023
Nombre d'avis 620 733 909 923 557

Poursuites intentées pour interceptions et divulgations illégales

Conformément à l'alinéa 195(3)(a) du Code criminel, le rapport annuel doit indiquer :

Aucune poursuite de ce genre n'a été intentée pendant la période allant de 2019 à 2023.

Aux termes du paragraphe 184(1) du Code criminel, sous réserve de certaines exceptions précises, est coupable d'une infraction quiconque intercepte volontairement une communication privée au moyen d'un dispositif électromagnétique, acoustique, mécanique ou autre. De façon semblable, aux termes du paragraphe 193(1), est coupable d'une infraction quiconque divulgue une communication privée interceptée en vertu d'une autorisation ou divulgue volontairement l'existence de cette communication interceptée.

Section III – Statistiques pour la Section 184.4 (Interception immédiate – dommage imminent)

L'alinéa 195(1)(c) du Code criminel requiert que le rapport annuel fournisse de l'information concernant des interceptions sans autorisation judiciaire en vertu de l'article 184.4 (Interception immédiate – dommage imminent).

Le 27 septembre 2013, des mesures additionnelles de responsabilisation ont été mises en œuvre pour l'article 184.4, lesquelles ont donné lieu à des changements à l'article 195 (rapport annuel). La liste des exigences en matière de rapport pour l'article 184.4 se trouve au début du rapport à la section Introduction.

Aucune interception ne fût initiée pour la période, par conséquent, il n'y a aucune statistique à communiquer dans cette section.

Les rapports ultérieurs contiendront des statistiques qui couvriront, à terme, une période de référence de cinq ans pour correspondre à d'autres exigences dans le rapport.

Section IV – Évaluation d'ensemble

Aux termes de l'alinéa 195(3)(b) du Code criminel, le rapport annuel doit fournir :

Enquête

L'interception licite de communications privées est un outil essentiel aux autorités policières pour leur permettre de mener des enquêtes criminelles complexes où il est question de menaces à la sécurité nationale et de crimes graves. Les statistiques présentées à la section III de ce rapport indiquent que la plupart des interceptions autorisées sont liées à une infraction de trafic de substances désignées.

Dépistage

Les activités illégales des groupes criminels organisés et les activités terroristes, pour n'en nommer que quelques unes, ne seraient pas dépistées si ce n'était des enquêtes que mène activement la police. Les infractions comme le blanchiment d'argent, la contrebande, le trafic de drogues ou la participation aux activités d'un groupe terroriste, constituent des menaces graves pour la sécurité et la stabilité des collectivités canadiennes. L'interception licite des communications privées permet à la police de procéder à des enquêtes sur ces infractions.

Prévention

L'utilisation de la surveillance électronique lors d'enquêtes a mené à de nombreuses saisies de drogue, ce qui a permis de réduire la disponibilité de la drogue et les crimes liés à la consommation des drogues illicites. Sans cet outil essentiel, la capacité des organismes d'application de la loi de prévenir le crime et les dommages sociaux qui s'ensuivent serait considérablement restreinte.

Poursuite

Les enquêtes sur les activités des organisations criminelles deviennent de plus en plus complexes, et les accusations criminelles sont parfois difficiles à prouver devant un tribunal. La surveillance électronique permet souvent de recueillir des éléments de preuve forts probants contre les accusés, ce qui augmente la probabilité d'obtenir une condamnation. La poursuite des délinquants impliqués augmente la confiance du public dans le système de justice pénale et renforce la sécurité publique en tenant ces personnes responsables de leurs actes.

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