Comprendre l'ingérence étrangère
Sur cette page
- Qu'est-ce que l'ingérence étrangère
- Comprendre la différence entre l'influence politique étrangère et l'ingérence étrangère
- Répression transnationale
- Qui mène la répression transnationale
- Lutter contre la manipulation de l'information par un État étranger et l'ingérence étrangère
Qu'est-ce que l'ingérence étrangère
L'ingérence étrangère comprend toute activité secrète, trompeuse ou coercitive d'un gouvernement étranger, ou de ceux qui agissent en son nom, qui vise le Canada, la population canadienne ou les intérêts canadiens, et qui va à l'encontre de la sécurité nationale du Canada. Par exemple, les gouvernements étrangers, ou entités agissant en leur nom, qui mènent des activités d'ingérence pourraient notamment :
- menacer, harceler, faire taire ou intimider des personnes au Canada ou leur famille et leurs amis à l'étranger en raison de leur opinion politique
- perturber les institutions et processus démocratiques du Canada, comme les élections, pour faire avancer leurs intérêts
- manipuler l'environnement informationnel
- voler la propriété intellectuelle, la technologie et le savoir-faire canadiens
- viser n'importe quel ordre de gouvernement pour influencer les politiques publiques ou la prise de décision d'une manière clandestine, trompeuse ou menaçante et contraire aux intérêts canadiens
- empêcher les étudiants ou professeurs des universités canadiennes d'exercer leur liberté d'expression
Pourquoi le Canada est-il une cible?
- Le Canada fait activement la promotion de la démocratie, de l'état de droit et des droits de la personne partout dans le monde
- Le Canada entretient de solides partenariats internationaux et fait partie d'organisations multilatérales, notamment le Groupe des sept (G7) et l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN)
- Le Canada abrite diverses communautés culturelles
- Le Canada est un chef de file mondial en recherche et innovation
- Le Canada possède une économie robuste et diversifiée
Comment l'ingérence étrangère touche-t-elle la population canadienne?
L'ingérence étrangère peut :
- empêcher les personnes au Canada d'exercer pleinement leurs droits et libertés
- semer la division et la méfiance au sein de notre société
- ébranler la souveraineté du Canada en influant secrètement sur les affaires intérieures et en enfreignant la loi
- faire en sorte qu'il est difficile pour le Canada d'innover et de concurrencer sur le marché mondial
- affaiblir la défense et les infrastructures critiques du Canada
Le gouvernement du Canada a élaboré des ressources pour vous aider à reconnaître l'ingérence étrangère :
- Rapport public du SCRS 2024
- Cybermenaces contre le processus démocratique du Canada : Mise à jour de 2025
- Évaluation des cybermenaces nationales 2025-2026
- Ingérence étrangère et vous (2021)
- Menaces d'ingérence étrangère visant les processus démocratiques du Canada
- Désinformation en ligne
Comprendre la différence entre l'influence politique étrangère et l'ingérence étrangère
L'influence étrangère fait partie intégrante des affaires internationales. Les partenaires étrangers cherchent couramment à influencer les décisions que nous prenons en tant que pays, tout comme le Canada cherche à influencer celles des autres.
Les partenaires étrangers utilisent généralement des moyens légitimes, légaux et transparents pour défendre leurs intérêts, tels que le lobbying, les communications publiques ouvertes, le dialogue politique, les négociations commerciales et la diplomatie.
Cependant, certains gouvernements étrangers pourraient chercher à exercer une influence de manière secrète ou non transparente.
Lorsqu'elles ne sont pas abordées, ces activités peuvent avoir de graves répercussions sur les intérêts canadiens, la sécurité nationale et nos processus et institutions démocratiques.
Ingérence politique étrangère
L'ingérence politique étrangère implique des actions clandestines, trompeuses, manipulatrices ou personnellement menaçantes de la part de gouvernements étrangers, ou de ceux agissant en leur nom, pour manipuler les politiques, les élections ou l'opinion publique du Canada. L'ingérence politique étrangère peut s'effectuer à tous les ordres du gouvernement.
Voici des exemples de cas d'ingérence politique étrangère :
- Influencer secrètement les élections ou les résultats
- Manipuler des politiciens ou des responsables publics pour modifier des décisions
- Diffuser de la désinformation pour influencer l'opinion publique ou diviser des communautés
- Mener des activités visant à miner la confiance du public à l'égard des élections canadiennes, des institutions démocratiques, des figures politiques et de la société canadienne.
Pour un aperçu détaillé, consultez la publication du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sur la page Ingérence étrangère et vous.
Répression transnationale
La répression transnationale est une forme d'ingérence étrangère dans laquelle des gouvernements étrangers, ou ceux qui agissent en leur nom, harcèlent ou menacent des personnes ou des groupes ou leur portent préjudice dans le but de faire taire la critique et la dissidence. La répression transnationale touche de manière disproportionnée les membres des groupes de diaspora qui œuvrent à la protection des droits politiques, humains, religieux et des minorités dans leurs pays d'origine. La répression transnationale peut se produire par des moyens physiques, mais elle est de plus en plus perpétrée dans l'espace numérique sous forme de harcèlement en ligne, de campagnes de diffamation, de surveillance ou de piratage.
Les activités de répression transnationale causent des dommages importants aux victimes et aux communautés canadiennes.
- À l'échelle individuelle, les victimes de répression transnationale ressentent la peur, l'anxiété, l'isolement social, des dommages à leur vie personnelle et professionnelle ainsi qu'à la culpabilité de mettre potentiellement en danger leur famille et leurs amis
- Dans certaines communautés au Canada, la peur de la répression transnationale peut empêcher certaines personnes de s'exprimer, ce qui risque de limiter leur participation à la vie politique et de diminuer leur confiance à l'égard du gouvernement canadien
En 2024, le Canada a adopté le projet de loi C-70, la Loi concernant la lutte contre l'ingérence étrangère, qui prévoyait de nouvelles infractions criminelles modernisées pour lutter contre la répression transnationale.
C'est un crime de :
- commettre des actes criminels qui sont dirigés par une entité étrangère, ou pour son bénéfice ou en association avec celle-ci
- proférer des menaces, user de l'intimidation ou perpétrer des violences au nom d'une entité étrangère, pour bénéfice ou en association avec celle-ci
- procéder à une ingérence sournoise ou trompeuse dans un processus démocratique sous la direction ou en association avec une entité étrangère
La répression transnationale peut prendre plusieurs formes
Intimidation physique et violence
Certaines victimes rapportent :
- être suivies, traquées, filmées ou harcelées, en particulier lors d'événements publics
- se faire appeler par des agents d'État étrangers ou en avoir la visite à leur domicile ou lieu de travail et se faire menacer
- avoir des membres de leur famille à l'étranger qui se sont fait menacer, harceler ou arrêter
Répression transnationale numérique et harcèlement en ligne
Les victimes peuvent recevoir des courriels, textos ou messages hostiles sur leurs comptes de médias sociaux. Il peut s'agir :
- de harcèlement
- de l'intimidation
- de menaces
Il y a eu des cas de campagnes de diffamation en ligne utilisant souvent des images hypertruquées, des appels à la vengeance contre les victimes et la divulgation de renseignements personnels (divulgation malveillante d'informations personnelles).
Cyberactivité malveillante
Les acteurs hostiles peuvent utiliser des courriels d'hameçonnage (des courriels malveillants qui semblent légitimes) et des logiciels espions pour accéder à l'appareil de la victime. Les données privées peuvent être extraites, notamment :
- les mots de passe
- les listes de contacts
- les événements du calendrier
- les applications de messagerie et les textos
- les appels téléphoniques ou la messagerie vocale
Les acteurs hostiles peuvent utiliser ces renseignements à des fins :
- de collecte de renseignement
- d'intimidation
- de harcèlement
Exclusion communautaire
Les victimes peuvent signaler avoir été rejetées par certains membres de leur communauté au Canada.
Il se peut qu'elles :
- aient été qualifiées d'extrémistes, de terroristes ou de traîtres
- soient plus invitées aux événements communautaires
- aient de la difficulté à trouver un emploi dans la communauté
Rapatriements forcés
Certains états étrangers utilisent des opérations spéciales pour rapatrier de force des citoyens pour qu'ils fassent face à des accusations criminelles à l'étranger. Les États utilisent souvent la surveillance, l'intimidation et les menaces contre les membres de la famille de la victime pour convaincre celle-ci de revenir « volontairement » et de faire face aux accusations criminelles.
Répression transnationale sur les campus
Certains gouvernements étrangers ciblent certains groupes sur les campus des universités et des collèges canadiens.
- Étudiants internationaux : Certains étudiants internationaux signalent que leur gouvernement d'origine surveille et contrôle de près leur comportement et leurs activités politiques au Canada
- Corps professoral et personnel administratif : La répression transnationale peut créer des risques pour les personnes qui mènent des recherches sur certains sujets auxquels les gouvernements étrangers s'opposent, qu'ils désapprouvent ou qu'ils cherchent à réprimer, ou parlent de ces sujets, que ceux-ci soient liés aux droits de la personne, à la gouvernance, à l'activisme dans la diaspora ou aux récits historiques
La répression transnationale sur les campus est souvent ignorée et non signalée. Elle peut prendre de nombreuses formes, notamment :
- Des étudiants étrangers peuvent être surveillés ou harcelés en ligne parce qu'ils prennent part à des manifestations, ou peuvent recevoir des menaces les visant, eux ou leur famille (tant au Canada qu'à l'étranger), pour les réduire au silence
- Certains étudiants peuvent être forcés par des gouvernements étrangers ou leurs agents, qui peuvent les menacer d'annuler leurs bouses d'études ou leurs visas de sortie ou de nuire à leurs possibilités d'avenir, si ils ne respectent pas les directives ou refusent de promouvoir les intérêts de l'État étranger
- Les membres du corps professoral peuvent aussi être une cible, notamment en étant soumis à des pressions pour annuler des événements critiques des régimes étrangers ou en perdant l'accès au financement de leurs activités de recherche et aux partenariats internationaux s'ils se prononcent sur certaines questions
Qui mène la répression transnationale
La répression transnationale est menée par des gouvernements étrangers, ou des personnes agissant en leur nom.
Voici quelques exemples d'acteurs qui exercent une répression transnationale au Canada :
Organismes de sécurité et de renseignement
Les organismes étrangers de sécurité et de renseignement peuvent être des auteurs actifs de répression transnationale. Ils exercent leurs activités au Canada et à l'étranger pour cibler les communautés de la diaspora, les activistes et les dissidents.
Ces organismes peuvent utiliser des tactiques numériques et physiques sophistiquées pour faire taire les critiques et surveiller les membres de la diaspora et les activités politiques en vue de faire progresser leurs propres intérêts et objectifs nationaux, tout en contrôlant les citoyens et les critiques à l'étranger.
Intermédiaires
Les intermédiaires sont des individus ou des groupes qui sont secrètement encouragés par des moyens financiers, politiques ou idéologiques à intervenir au nom d'un État étranger. L'utilisation d'intermédiaires peut rendre plus difficile l'attribution de ces actions à l'État étranger.
Groupes criminels organisés
Des gouvernements étrangers ou leurs agents peuvent engager des groupes criminels pour mener des activités au Canada, notamment pour commettre des crimes tels que l'intimidation, le harcèlement et la violence physique.
Étudiants
Dans certains cas, les étudiants qui étudient à l'étranger peuvent être recrutés (intentionnellement ou non) comme auteurs de répression transnationale. Ces personnes peuvent être encouragées ou contraintes par leur gouvernement d'origine à surveiller leurs pairs, rendre compte des activités étudiantes ou promouvoir les discours de l'État dans les milieux universitaires ou communautaires.
Diplomates étrangers au Canada
Les missions diplomatiques étrangères au Canada ont le devoir de respecter les lois et règlements de l'État récepteur et de ne pas s'immiscer dans les affaires internes de l'État hôte.
Malgré ces normes internationales, certains gouvernements étrangers pourraient utiliser leurs missions diplomatiques pour surveiller et espionner leurs citoyens et les membres de la diaspora à l'étranger.
Ils peuvent refuser de délivrer ou de renouveler des documents, comme moyen de contrôler les gens ou de les empêcher de continuer à mener des activités indésirables.
Les diplomates et le personnel de l'ambassade pourraient profiter de leur position pour mener des activités secrètes, notamment en assistant à des événements ou en envoyant des agents pour perturber les orateurs ou prendre des photos des manifestants.
Lutte contre la manipulation de l'information et l'ingérence étrangère
La manipulation de l'information et l'ingérence étrangères désignent des efforts intentionnels de gouvernements étrangers, ou de ceux agissant en leur nom, pour manipuler l'information afin d'embrouiller, de diviser ou d'induire le public en erreur, de fausser les discussions politiques et d'éroder la confiance à l'égard des institutions démocratiques. Ces activités peuvent consister à diffuser des renseignements faux ou trompeurs ou à amplifier artificiellement certaines voix et certains renseignements afin de les rendre plus populaires qu'ils ne le sont réellement.
Qu'est-ce que la manipulation de l'information et l'interférence étrangères
Le recours à la manipulation de l'information étrangère et à l'ingérence étrangères est répandu et en constante évolution. Les gouvernements étrangers pourraient s'appuyer sur des narratifs liés à des questions politiques qui divisent dans le but d'attiser les tensions sociales et les désaccords. Le but est de miner la confiance du public dans les institutions et gouvernements démocratiques, et de compromettre la cohésion sociale des sociétés.
Ces activités d'information peuvent être à la fois secrètes et ouvertes. Certains gouvernements étrangers utilisent une combinaison de communications officielles gouvernementales, de représentants gouvernementaux, de médias parrainés par l'État, de faux comptes de médias sociaux et d'intermédiaires rémunérés pour créer et diffuser de la désinformation de manière organisée.
Pour en savoir plus, consultez les pages suivantes :
- Trousse d'outils du Canada pour résister à la désinformation
- Repérer les cas de mésinformation, désinformation et malinformation
- Les hypertrucages, une vraie menace pour l'avenir du Canada
- Pour résister à la désinformation en période électorale
- Lutter contre la désinformation : guide à l'intention des fonctionnaires
- Séries de vidéos : Pensez-y à deux fois avant de partager du contenu en ligne
- Le recours de la Russie à la désinformation et à la manipulation de l'information
- Campagne de désinformation par « Spamouflage »
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