Programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse

Brève description

Le Programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse applique des techniques cognitivo-comportementales pour corriger les comportements problématiques d’adolescentes, notamment la violence physique, verbale et relationnelle, le vol, la participation à des activités de gangs, la rébellion à l’école, la consommation d’alcool et de marijuana ainsi que la danse nue et la prostitution. Ce faisant, le programme vise à remplacer les pensées négatives antisociales par des pensées prosociales positives.

Le programme est axé sur la thérapie cognitivo-comportementale, la résolution de conflits, le leadership et le développement des jeunes, le counseling et le travail social, l’acquisition de compétences, ainsi que la socialisation et l’apprentissage affectif.

Objectifs

Les objectifs principaux du Programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse sont les suivants :

  • réduire la fréquence des pensées et des comportements antisociaux des jeunes;
  • aider les jeunes à améliorer leurs compétences sociales et interpersonnelles.

Clientèle

La clientèle ciblée par le Programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse est constituée de jeunes filles qui ont des comportements problématiques découlant de relations conflictuelles ou violentes avec les parents, de problèmes liés aux drogues, de l’absentéisme scolaire ou de la participation à des activités de gangs.

Pour participer au programme, les jeunes filles doivent avoir été placées sous la responsabilité de l’un des centres d’hébergement pour jeunes participants depuis au moins trois mois. Elles doivent également prévoir y demeurer jusqu’à la fin de l’intervention proposée.

Les jeunes filles sont aiguillées vers le programme par les centres d’hébergement pour jeunes du Québec, en particulier le Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire et le Centre jeunesse de Laval.

Composantes clés

Les principales composantes du Programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse incluent ce qui suit :

  • évaluations individuelles : l’animateur du programme analyse les comportements problématiques de la jeune fille et lui propose de les remplacer par des comportements prosociaux. Cette évaluation individuelle aide l’animateur à cerner les conditions dans lesquelles les comportements problématiques se manifestent;
  • exercices d’auto-observation : la jeune fille doit réfléchir à ses propres comportements au moins quatre fois par semaine. Dans le cadre de ces exercices d’auto-observation, la jeune fille tient un journal personnel dans lequel elle note toutes les situations positives ou négatives qui ont provoqué des pensées et des émotions particulières au cours de la journée, ainsi que les conséquences de ces situations positives ou négatives. Ces exercices d’auto-observation sont ensuite passés en revue lors de rencontres individuelles avec l’animateur, au cours desquelles celui-ci aide la jeune fille à rédiger un contrat de comportement en vertu duquel la jeune fille devra appliquer des comportements prosociaux afin de résoudre les conflits. Ce contrat est examiné à intervalles réguliers au fil de la progression de la jeune fille;
  • activités de groupe : ces activités prévoient quatre ateliers d’apprentissage axés sur l’acquisition de compétences en matière de communication, de gestion de la colère, de gestion du stress et de résolution de problèmes. Des séances hebdomadaires qui s’échelonnent sur une période de douze à quinze semaines viennent compléter chacun des ateliers.

Information sur la mise en oeuvre

Certains des éléments essentiels pour la mise en œuvre de ce programme ou de cette initiative comprennent :

  • Exigences organisationnelles : il importe que l’organisation responsable élabore des plans personnalisés pour chacune des jeunes filles de manière à répondre adéquatement à leurs besoins particuliers et à corriger efficacement leurs comportements problématiques.
  • Partenariats : les organisations doivent collaborer avec les organismes de la collectivité, les services pour jeunes et les centres d’hébergement, plus particulièrement le Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire et le Centre jeunesse de Laval.
  • Formation et assistance technique : Information limitée sur ce sujet.
  • Outils d'évaluation des risques : Information limitée sur ce sujet.
  • Documents et ressources : Information limitée sur ce sujet.

Reconnaissance internationale

Les systèmes de classification les plus reconnus des programmes en prévention du crime fondés sur des données probantes ont classifié ce programme ou cette initiative de la façon suivante (en anglais seulement) :

  • Blueprint for Healthy Youth Development: Ne s'applique pas.
  • Crime Solutions/OJJDP Model Programs Guide: Ne s'applique pas.
  • SAMHSA's National Registry of Evidence-based Programs and Practices: Ne s'applique pas.
  • Coalition for Evidence-Based Policy: Ne s'applique pas.

Rassembler les connaissances canadiennes

Sites de mise en oeuvre au Canada

Dans le cadre de la Stratégie nationale pour la prévention du crime, Sécurité publique Canada a versé un financement en vue de la mise en œuvre du Programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse au Québec pour la période allant de 2008 à 2012. La mise en œuvre du programme a été réalisée par le Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire (CJM-IU).

Principales conclusions des études canadiennes d'évaluation des résultats

Dans le cadre de son financement avec Sécurité publique Canada, une étude d’évaluation des résultatsFootnote1 du Programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse a été effectuée de 2008 à 2012 par Lanctot. Cette évaluation se fondait sur un modèle quasi expérimental prévoyant des contrôles avant et après le programme auprès d’un groupe expérimental (n = 107) et d’un groupe témoin (n = 77).

Les résultats de cette évaluation ont montré ce qui suit :

  • les données des contrôles post-test recueillies après trois mois indiquent que les adolescentes du groupe expérimental ont signalé moins d’opposition à l’école (p < 0,05), de comportements violents (p < 0,05) et de consommation d’alcool et de drogues (p < 0,05) que les adolescentes du groupe témoin;
  • au fil du temps, les adolescentes du groupe expérimental et du groupe témoin avaient davantage recours à des stratégies prosociales pour résoudre les conflits, mais cette tendance était plus prononcée chez les participantes au programme. Contrairement aux adolescentes du groupe témoin, les participantes du groupe expérimental étaient moins susceptibles de rejeter la faute sur les autres au cours d’un conflit. Face à un problème ou à une situation difficile, les jeunes du groupe expérimental étaient moins susceptibles de réagir de manière impulsive que leurs homologues du groupe témoin.

Pour plus de détails, consulter la publication de Lanctot (2010).



Information sur les coûts

Aucune information disponible.

Références

Lanctot, N. (2010). Les effets d’un programme cognitif-comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse. Criminologie, 43(2), 303-328. Disponible en ligne à : http://www.erudit.org/revue/crimino/2010/v43/n2/1001779ar.html?vue=integral  

Lanctot, N. (2012). L’évaluation d’un programme cognitif comportemental appliqué à des adolescentes hébergées en centre jeunesse : les effets sur les difficultés de comportement et des facteurs associés. Rapport final d’évaluation. Présenté au Centre national de prévention du crime, Sécurité publique Canada (rapport non-publié).

Pour plus de renseignements sur ce programme, communiquer avec :

Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire
4675 rue Bélanger
Montréal, Québec H1T 1C2
Téléphone : 514-593-3979
Site Web : http://www.centrejeunessedemontreal.qc.ca/


Date d'inscription - 2018-03-08

  1. 1

    Sécurité publique Canada a également financé une étude d’évaluation des processus du programme. Pour plus de détails, communiquer avec la Division de la recherche, Sécurité publique Canada.

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