Le taux de nouvelles condamnations des délinquants sous responsabilité fédérale 2003-02
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James Bonta, Tanya Rugge, Mia Dauvergne
Solliciteur général Canada
En consultation avec le Comité de la statistique correctionnelle du Portefeuille
Président : Robert B. Cormier
Table des matières
Remerciements
Sommaire
Introduction
La mesure de la récidive
Faire des choix pour l'évaluation de la récidive
Method
Intégrité des données
Résultats
Résumé
Bibliographie
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier les membres
du Comité de la statistique correctionnelle du Portefeuille pour
leur aide et leurs conseils dans la formulation de ce projet. Notre
reconnaissance s'étend aux étudiants qui ont consacré temps et
efforts aux dossiers des antécédents criminels (Ian Broom,
Jennifer Cooney, Michelle Gringler, Jonathan Huber, Jennifer Lavoie,
Amy Yuille et Victor Yan) et à Kimberly Smallshaw qui s'est occupée
des recherches dans le Système de gestion des délinquants (SGD).
Nous remercions également Suzanne Wallace-Capretta qui nous a aidés
à codifier les données et à construire la base de données et Karl
Hanson qui nous a conseillés et assistés au regard du rajustement
statistique requis pour les deuxième et troisième cohortes de
libérés. En dernier lieu, nous aimerions également signaler
l'excellent travail de Mike Hayden, qui a extrait du SGD du Service
correctionnel du Canada les caractéristiques démographiques des
délinquants et les données sur les infractions et qui a patiemment
passé en revue toutes les données pour en garantir l'intégrité.
Sommaire
La récidive des délinquants s'avère un sujet
d'intérêt public et un important indicateur de l'incidence des
interventions de la justice pénale. Toutefois, la mesure de la
récidive n'est pas chose simple. Les diverses mesures utilisées
offrent des avantages et des désavantages. Par exemple, une période
de semi-liberté réussie permet d'évaluer les décisions de la
Commission nationale des libérations conditionnelles en ce qui
concerne la mise en liberté. Toutefois, cette période est
relativement courte et ne tient pas compte du comportement criminel
adopté après la période de surveillance.
La présente étude a été menée dans le cadre
du mandat du Comité de la statistique correctionnelle du
portefeuille du Solliciteur général afin de fournir au grand public
et aux professionnels des renseignements statistiques de base sur
les services correctionnels et la mise en liberté sous condition.
Dans la présente étude, la récidive a été définie comme une nouvelle
condamnation pour une infraction commise dans les deux ans suivant
la libération. Les échantillons de l'étude sont formés de tous les
détenus libérés (sauf les détenus bénéficiant d'une permission de
sortir) d'un établissement fédéral au cours des exercices 1994-1995,
1995-1996 et 1996-1997.
Le taux de récidive de la première cohorte
(1994-1995) était de 44 %. Quant à la deuxième cohorte
(1995-1996), le taux de récidive s'établissait à 42,8 %, et à
40,6 % pour la troisième cohorte. Ces taux de récidive sont
comparables aux taux internationaux et aux autres taux obtenus par
des études canadiennes se servant de la même méthodologie. La
majorité des nouvelles condamnations étaient pour crimes sans
violence. Le taux de nouvelles condamnations pour crimes avec
violence des trois cohortes en liberté était beaucoup moins élevé,
soit d'environ 13 %, et le taux des nouvelles condamnations
pour infractions sexuelles était très faible (de 0,7 % à
1,7 %). Comme on a pu le prévoir au moyen des résultats
d'études antérieures, les délinquants autochtones ont enregistré des
taux de récidive plus élevés que les délinquants non autochtones. De
plus, le taux de récidive était plus élevé chez les hommes que chez
les femmes. Toutefois, les taux de récidive des délinquants
autochtones et des délinquantes ont diminué de façon constante au
cours de la période visée par l'étude, c'est-à-dire trois ans.
Enfin, la majorité des nouvelles condamnations ont eu lieu après la
date d'expiration du mandat, lorsque les délinquants ne faisaient
plus l'objet d'une surveillance dans la collectivité.
Introduction
La récidive, généralement définie comme un
retour à la criminalité, constitue peut-être l'un des plus
importants indicateurs de l'impact des interventions de la justice
pénale. Il existe, toutefois, bon nombre d'autres mesures qui nous
aident à comprendre le résultat et l'importance de nos efforts de
lutte contre la criminalité. Les taux d'affaires classées par les
services policiers, le nombre de causes devant les tribunaux et les
coûts associés à l'incarcération ne constituent que quelques
exemples des types de renseignements requis pour comprendre et,
espérons-le, améliorer les différentes composantes du système de
justice pénale. La récidive, cependant, offre une information utile
pour tous les aspects du système de justice pénale. Les
renseignements sur la récidive des délinquants sont importants pour
les services policiers, les tribunaux, la prévention de la
criminalité et, plus particulièrement, pour les services
correctionnels. Le présent rapport a pour objet de mieux faire
comprendre la récidive des délinquants dans un contexte
correctionnel.
Le principal mandat des services
correctionnels consiste à administrer les peines imposées par les
tribunaux dans l'objectif global d'accroître la sécurité du public.
Pour atteindre ce dernier objectif, il importe de pouvoir établir
une distinction fiable entre les divers délinquants au regard de
leur risque de récidive. Tous les délinquants ne posent pas un
risque de récidive égal, et la reconnaissance de ces différences
importe lorsqu'il s'agit de prendre des décisions en matière de
libération conditionnelle et d'intervenir afin de réduire les
probabilités que les délinquants commettent de nouveaux crimes.
Indépendamment de notre intérêt qui porte sur l'impact des décisions
relatives aux libérations ou à l'efficacité des interventions en
matière correctionnelle, il importe de trouver une mesure fiable et
valide de la récidive. D'autres indicateurs de la justice pénale
peuvent être utiles, mais c'est la réduction du comportement
criminel qui constitue la principale préoccupation qui guide bon
nombre des efforts en matière correctionnelle. Aujourd'hui,
d'abondantes recherches et études attestent du mérite d'utiliser la
récidive pour améliorer la prise de décisions et les interventions
en matière correctionnelle. Toutefois, cette abondante documentation
révèle également clairement que la mesure de la récidive n'est pas
chose simple.
La
mesure de la récidive
Il n'existe pas de mesures de la récidive qui
soient généralement acceptées. Les diverses mesures utilisées
offrent bon nombre d'avantages, mais chacune présente également des
inconvénients. Quatre facteurs principaux (et un certain nombre de
considérations d'ordre mineur) influencent la mesure de la récidive.
La définition du retour à la criminalité constitue le premier
élément. Comment savons-nous qu'une personne a commis une nouvelle
infraction? Devrions-nous définir la récidive en fonction d'une
arrestation par la police, d'une nouvelle condamnation ou d'un
retour en prison? Aucun de ces indicateurs n'est parfait. Le critère
de l'arrestation peut faire ressortir des personnes qui n'ont pas
commis de crime et qui ont été subséquemment libérées par la police,
des personnes dont les accusations ont été rejetées par les
tribunaux ou qui ont été déclarées non coupables au procès. Le
critère de la nouvelle condamnation ne tient pas compte des
résultats de négociations de plaidoyer ou des affaires abandonnées
faute de preuve suffisante. Le critère de la réincarcération vise
généralement les crimes plus graves et surreprésente les délinquants
ayant de longs antécédents criminels. Certains observateurs font
valoir que les mesures « officielles » de la criminalité
sont trompeuses, parce qu'elles ne comptent pas les nombreux crimes
qui échappent à la détection policière mais qui ont été commis comme
en témoignent les enquêtes sur la victimisation.
Le tableau 1 fait état de trois études
américaines qui illustrent les résultats généralement obtenus
lorsque différentes mesures de récidive sont utilisées. Les trois
études reposent sur une période de suivi de trois ans. Selon la
mesure utilisée, nous pouvons obtenir des chiffres très différents.
Les nouvelles arrestations tendent à donner les taux les plus
élevés, tandis que les mesures qui s'attachent à l'incarcération
donnent les taux les plus faibles.
Tableau 1. Récidive selon le type de mesure (suivi de trois ans)
| Étude |
% de récidive |
| |
Arrestation |
Condamnation |
Incarcération |
| Beck (1989) |
62,5 |
46,8 |
41,4 |
| Corbo (1992) |
61,9 |
38,0 |
24,0 |
| Langan et Levin
(2002) |
67,5 |
46,9 |
25,4 |
La nature ou le type de récidive est lié à la
définition de la récidive. Très souvent, il ne suffit pas de savoir
qu'un crime a ou non été commis. La gravité du nouveau crime
constitue souvent un élément important des études sur la récidive.
Les crimes violents sont relativement peu fréquents et, lorsque
notre intérêt à l'égard de la récidive porte sur la violence, nous
constatons que les taux de récidive avec violence sont faibles. La
récidive sexuelle, sous-groupe de la récidive avec violence, est
plus rare, même chez les délinquants sexuels connus. Par exemple,
Hanson et Bussière (1998), dans leur analyse de 61 études sur
les délinquants sexuels, ont constaté un taux général de récidive de
36,3 % (pour un suivi de quatre ans et demi) et de 13,4 %
pour la récidive sexuelle. Bonta, Harman, Hann et Cormier (1996) ont
signalé un taux de récidive général (réincarcération après trois
ans) de 48,7 % et un taux de récidive avec violence de
18,6 % lorsque la définition de la violence incluait le vol
qualifié et de 9,8 % lorsque le vol qualifié était exclu.
Un troisième facteur à considérer dans la
mesure de la récidive est la durée du suivi. Dans les études
figurant dans le tableau 2, les nouvelles condamnations ont
servi de mesure de la récidive. Le critère de la nouvelle
condamnation est une mesure couramment utilisée dans les articles
publiés sur les travaux de recherche. Les condamnations semblent
fournir une estimation raisonnable de la récidive sans les résultats
extrêmes obtenus par les mesures comme les arrestations et
l'incarcération. De façon générale, plus long est le suivi, plus
élevé est le taux de récidive (voir tableau 2). Bien que le
taux de récidive dans les deux ans se situe à l'intérieur d'une
fourchette de 40 % à 50 %, il existe d'importantes
variations. Par exemple, Cormier (1981) a signalé un taux de
48,9 % et Hoffman et Stone-Meierhoefer (1980) ont constaté un
taux de récidive de 25,7 %. Comment des études qui utilisent la
même mesure de la récidive et la même période de suivi peuvent-elles
aboutir à des taux de récidive aussi disparates? Les différences
dans l'échantillon des délinquants - quatrième principal
facteur influençant la mesure de la récidive - peuvent
expliquer en partie cet écart.
Tableau 2. Récidive (condamnations) et durée du suivi
| Étude |
Pays |
Suivi (ans) |
Récidive (%) |
| Jones (1991) |
É.-U. |
1 |
22 |
| |
|
2 |
42 |
| Gendreau et
Leipciger (1978) |
Canada |
2 |
46,3 |
| Cormier (1981) |
Canada |
2 |
48,9 |
| Kershaw (1999) |
R.-U. |
2 |
50 |
| Hoffman et
Stone-Meierhoefer (1980) |
É.-U. |
2 |
25,7 |
| |
|
3 |
32,2 |
| |
|
5 |
39,2 |
| Corbo (1992) |
É.-U. |
3 |
38 |
| Beck (1989) |
É.-U. |
3 |
46,8 |
Différents échantillons de délinquants
produiront différents taux de récidive. Par exemple, les écarts dans
les taux de récidive constatés par Cormier (1981) et par Hoffman et
Stone-Meierhoefer (1980) s'expliquent par l'échantillon étudié.
Cormier (1981) a analysé le taux de récidive des délinquants sous
responsabilité fédérale canadienne libérés de l'établissement de
Joyceville, pénitencier à sécurité moyenne. Hoffman et
Stone-Meierhoefer (1980) ont étudié les détenus libérés des prisons
fédérales des États-Unis. Même si les deux études ont suivi des
prisonniers sous responsabilité fédérale, le U.S. Bureau of
Prisons est responsable des délinquants condamnés pour des crimes de
ressort fédéral, et les délinquants condamnés pour une infraction
liée aux drogues comptent pour la plus grande proportion des détenus
dans les prisons fédérales américaines. Le tableau 3 présente
un échantillon d'études qui montrent la variation des taux de
récidive en fonction du type d'échantillon.
Tableau 3. Taux de récidive des détenus après deux ans (condamnations) et type d'échantillon
| Étude |
Échantillon/pays |
Récidive (%) |
| Gendreau et
Leipciger (1978) |
Provincial/Canada |
46,3 |
| Cormier (1981) |
Fédéral/Canada |
48,9 |
| Kershaw (1999) |
Détenus/R.-U. |
50 |
| Hoffman et
Stone-Meierhoefer (1980) |
Fédéral/É.-U. |
25,7 |
| Jones (1991) |
État/É.-U. |
42 |
| Beck (1989) |
État/É.-U. |
38,3 |
Ce bref résumé des questions entourant la
mesure de la récidive nous permet de mieux comprendre la difficulté
que pose pour tout service correctionnel le choix d'une mesure et
d'une période de suivi parmi un grand nombre d'options possibles.
L'adoption d'une mesure associée à une méthodologie offre trois
avantages importants. Tout d'abord, elle permet au ministère du
Solliciteur général de donner au public un aperçu facile à
comprendre du « retour à la criminalité » des délinquants
sous responsabilité fédérale qui soit indépendant des intérêts
particuliers des organismes du Solliciteur général. Par exemple, les
arrestations pour nouvelle infraction peuvent s'avérer plus
importantes pour la planification opérationnelle de la Gendarmerie
royale du Canada (GRC) et moins importantes pour le Service
correctionnel du Canada, pour qui les réincarcérations dans un
pénitencier fédéral présentent un plus grand intérêt. Pour la
Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC), les
résultats de la mise en liberté sous condition sont importants.
Ainsi, par exemple, le taux d'échec de la semi-liberté (environ
20 %) n'est pas comparable aux taux de nouvelles condamnations
rapportés dans la présente étude. Les résultats de la libération
conditionnelle dépendent des décisions de mise en liberté que rend
la CNLC et s'étalent habituellement sur des périodes de suivi
beaucoup plus courtes. En deuxième lieu, une définition commune de
la récidive permettrait de relever des tendances d'une année à
l'autre en matière de récidive. Finalement, une mesure uniforme de
la récidive peut servir de norme permettant d'évaluer l'efficacité
des programmes correctionnels. Actuellement, les évaluateurs de
programmes utilisent des mesures différentes, ce qui rend difficile
la comparaison des résultats entre les programmes. Il faut résoudre
le problème du choix d'une mesure de récidive tout en reconnaissant
qu'aucune mesure unique ne satisfera aux besoins de chacun, et que
les changements dans la récidive au fil des ans peuvent résulter de
bon nombre de facteurs n'ayant rien à voir avec le rendement du
système correctionnel (p. ex. les taux de chômage, les
variations socio-démographiques).
Faire des choix pour l'évaluation de la
récidive
Le Comité de la statistique correctionnelle
du Portefeuille, dans le cadre de son mandat qui consistait à
produire le document Aperçu
statistique : Le système correctionnel et la mise en liberté
sous condition a décidé de proposer une mesure de la récidive
qui pourrait servir de mesure commune pour les divers organismes
(Service correctionnel du Canada et Commission nationale des
libérations conditionnelles) et le portefeuille du Solliciteur
général. Le plan à long terme consiste à inclure les résultats de la
récidive d'une année à l'autre dans l'Aperçu
statistique. Ainsi, la première décision que devait prendre le
Comité consistait à choisir la première cohorte de libérés
conditionnels sous responsabilité fédérale qui marquerait le point
de départ d'une courbe tendancielle de la récidive. Les détenus
libérés au cours de l'exercice 1994-1995 constituent donc la
première cohorte, et les futurs rapports sur la récidive des
délinquants sous responsabilité fédérale seront basés sur les
détenus libérés au cours des années subséquentes. Le choix de la
première année repose sur trois motifs. Tout d'abord, l'année
1994-1995 a suivi une restructuration majeure du Système de gestion
des délinquants (SGD), soit la base de données informatisée portant
sur les délinquants sous responsabilité fédérale. Choisir une année
antérieure nous aurait exposés au risque de données inexactes et
manquantes, lacune souvent observée lors de l'utilisation des
versions précédentes du SGD. En deuxième lieu, comme l'année choisie
était postérieure à l'adoption de la Loi sur
le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (1992), nous avons pu éviter les confusions possibles résultant des
modifications apportées par la loi aux définitions. En troisième
lieu, compte tenu du délai de six à douze mois que nécessite souvent
l'enregistrement des nouvelles infractions dans les dossiers
d'antécédents criminels de la GRC, le temps écoulé entre la
libération et le suivi garantissait un dossier raisonnablement
complet.
Venait ensuite la difficulté plus
fondamentale de choisir une mesure de la récidive. Comme nous
l'avons mentionné précédemment, aucune mesure n'est totalement
exempte de biais. En dépit d'une tradition dans les recherches sur
la récidive des délinquants sous responsabilité fédérale qui
consiste à utiliser le retour dans un établissement fédéral comme
mesure de résultat, le Comité a décidé d'utiliser plutôt les
nouvelles condamnations au cours de la période de libération comme
mesure de la récidive. Pour la plupart des citoyens canadiens, la
distinction entre les services correctionnels fédéraux et
provinciaux et la pertinence d'un retour en détention pour le
système fédéral sont négligeables. Le choix de définir la récidive
comme une nouvelle condamnation reflète la responsabilité du
gouvernement fédéral de gérer le comportement criminel des
délinquants sous responsabilité fédérale même lorsque leur
comportement n'a aucune incidence sur le système correctionnel
fédéral. De plus, le Comité a décidé d'examiner tant la récidive en
général que la récidive avec violence. Aucune distinction n'a été
établie entre la récidive sexuelle et la récidive avec violence
parce que les taux de base trop faibles auraient rendu
l'interprétation des tendances futures extrêmement problématique.
Au Canada, l'information sur les
condamnations provient de deux sources : les dossiers des
tribunaux et la base de données des dossiers judiciaires de la
Section des empreintes digitales (SED) de la GRC. Il n'était ni
pratique ni rentable de consulter les dossiers de la cour des
milliers de délinquants libérés à l'échelle du pays. Par contre, les
dossiers judiciaires offraient une base de données sur les
condamnations criminelles facilement accessible. Toutefois,
l'utilisation des dossiers de la SED à titre de source d'information
sur les nouvelles condamnations présente certaines limites. Un
problème potentiel vient du fait que les délinquants condamnés sur
déclaration sommaire de culpabilité peuvent ne pas avoir été soumis
à la dactyloscopie et enregistrés dans la base de données de la GRC.
Si cet aspect ne constituait pas un problème pour les délinquants
sous responsabilité fédérale ayant des longs antécédents de crimes
graves, il pouvait présenter des difficultés lorsqu'il s'agissait de
dénombrer les nouvelles condamnations dans les secteurs de
compétence provinciaux et territoriaux où un plus grand nombre de
délinquants ont commis des crimes moins graves. Par conséquent, la
méthodologie utilisée dans la présente étude ne s'appliquera pas
nécessairement à un secteur de compétence provincial ou territorial.
En dernier lieu, il fallait aborder la
question de la durée du suivi après la libération. Une période de
suivi de deux ans a finalement été adoptée. Cette période a été
jugée suffisamment longue pour permettre une estimation raisonnable
des faibles taux de base des crimes avec violence. Une autre raison
justifiant la période de deux ans est qu'environ la moitié de la
cohorte des délinquants libérés aura progressé au-delà de
l'expiration de leur peine, permettant ainsi une évaluation des
nouvelles condamnations à une période où ils ne font plus l'objet
d'une surveillance. En résumé, la récidive a été définie comme une
nouvelle condamnation pour une infraction commise dans les deux ans
suivant la libération.
Méthode
Le présent rapport porte sur trois cohortes
de délinquants sous responsabilité fédérale libérés. Les libérations
comprennent les libérations conditionnelles totales, la
semi-liberté, les libérations d'office et les libérations à
l'expiration de la peine. Les détenus bénéficiant d'une permission
de sortir (avec ou sans escorte) n'ont pas été inclus. La première
cohorte était constituée de tous les délinquants sous responsabilité
fédérale libérés des pénitenciers au cours de l'exercice 1994-1995
(1er avril 1994 au
31 mars 1995). Les deuxième et troisième cohortes étaient
formées d'un échantillon de tous les détenus libérés au cours des
exercices 1995-1996 et 1996-1997 (la procédure d'échantillonnage des
deuxième et troisième cohortes est décrite un peu plus loin). Le
dernier délinquant libéré au cours de l'exercice particulier a été
choisi de façon à réduire le nombre de réincarcérations résultant
d'une révocation de la libération pour violation des conditions de
l'ordonnance de libération conditionnelle.
Pour la première cohorte, le nombre total de
libérations au cours de l'exercice 1994-1995 s'établissait à
7 343, puis 7 399 et 7 259 délinquants lors des deux
exercices suivants. Comme la codification des nouvelles
condamnations nécessite beaucoup de ressources, un échantillon a été choisi parmi les
délinquants libérés au cours des trois exercices. Tous les libérés
de sexe féminin (n = 224 et n = 232) et tous les
libérés autochtones (n = 933 et n = 1 063)
ont été inclus dans les cohortes de 1995-1996 et de 1996-1997.
Toutefois, en ce qui a trait aux délinquants non autochtones de sexe
masculin, un échantillon aléatoire a été choisi de façon à obtenir
un taux d'erreur maximal de 2 % (consulter le manuel de
codification technique pour connaître la formule particulière
utilisée pour calculer la taille de l'échantillon). Pour veiller à
ce que le taux d'erreur ne dépasse pas 2 %, il nous fallait
prévoir une perte de sujets au moment d'effectuer le suivi des
dossiers judiciaires. Nous avons donc constitué un échantillon de
2 400 cas d'hommes non autochtones pour les exercices de
1995-1996 et de 1996-1997.
Les dossiers judiciaires de la GRC ont servi
à enregistrer les nouvelles condamnations et le type de nouvelles
infractions. Comparativement au Système de gestion des délinquants
(SGD) utilisé par le Service correctionnel du Canada (SCC) pour
recueillir des données sur les nouvelles condamnations, les dossiers
de la GRC présentent l'avantage d'enregistrer des infractions qui
n'entraînent pas nécessairement une nouvelle incarcération dans un
établissement fédéral (p. ex. les infractions entraînant une
amende ou une peine à purger dans un établissement provincial). Même
si le système de la GRC nécessite généralement un délai de six à
douze mois avant que les nouvelles condamnations soient de fait
enregistrées, les dossiers n'ont été demandés qu'environ quatre ans
après la libération des détenus. Par conséquent, les dossiers
étaient considérés comme étant relativement complets.
Les données des dossiers judiciaires
n'étaient pas disponibles pour 62 délinquants de la cohorte de
1994-1995, 24 délinquants de la cohorte de 1995-1996 et
49 délinquants de la cohorte de 1996-1997. Les données étaient
manquantes en raison de divers facteurs (p. ex. nom et numéro
de SED incorrects dans la base du SCC ou dans celle de la GRC,
empêchant ainsi l'établissement d'une concordance). En plus
d'établir s'il s'agissait ou non d'une nouvelle condamnation, nous
avons relevé l'information sur le type de nouvelle infraction et sur
la décision du tribunal (le manuel de codification technique fournit
plus de détails sur les diverses règles de codification utilisées
dans la présente étude). Les infractions ont été groupées en deux
catégories générales : 1) non violentes et
2) violentes. La catégorie violente comprenait tous les crimes
contre la personne, y compris les infractions sexuelles. Dans le cas
des infractions multiples, l'infraction la plus grave déterminait la
catégorie. L'infraction la plus grave était définie comme étant
l'infraction donnant lieu à la décision la plus sévère, généralement
mesurée par la durée de la peine. Lorsque deux infractions faisaient
l'objet d'une même décision (p. ex. une peine de quatre ans
pour chaque crime), la priorité était accordée au crime contre la
personne.
Les décès survenus pendant la période de
suivi ont nécessité un traitement spécial. Si un délinquant décédait
avant la fin de la période de suivi et qu'il n'existait aucune
preuve d'une nouvelle condamnation avant son décès, il était alors
retiré de l'échantillon. Toutefois, si le délinquant avait récidivé
ou s'il n'avait commis aucune récidive et était décédé après la période de suivi, il était
conservé dans les analyses. Après l'élimination des cas de décès
survenus avant l'expiration de la période de suivi de deux ans et
avant une nouvelle condamnation, il restait 7 207 délinquants
dans la cohorte des libérés de 1994-1995, 3 505 dans la cohorte
de 1995-1996 et 3 602 dans la cohorte de 1996-1997. Des
renseignements sur le sexe et la race n'ont pu être obtenus pour
huit cas de la cohorte de 1995-1996, ce qui a réduit l'échantillon à
3 497. Les analyses décrites dans le rapport sont fondées sur
ces trois échantillons.
Comme nous l'avons décrit précédemment, la
construction des deuxième et troisième cohortes de libérés
comprenait un échantillon de délinquants non autochtones de sexe
masculin qui ne constituait pas une représentation complète de tous
les détenus libérés au cours de 1995-1996 et de 1996-1997. Par
conséquent, au moment de calculer le taux de nouvelles
condamnations, il a fallu effectuer un rajustement pour tenir compte
de l'échantillon des détenus libérés non autochtones (formule 2
du manuel de codification technique). Nous avons également calculé
l'intervalle de confiance (IC) de 95 % pour les deuxième et
troisième cohortes parce qu'elles ne représentaient pas la totalité
des détenus libérés. L'IC donne les limites inférieure et supérieure
de l'intervalle à l'intérieur duquel la valeur réelle de la
population moyenne devrait s'inscrire 19 fois sur 20.
L'estimation de l'IC nécessite le calcul de la variance pour
l'échantillon stratifié au moyen de la formule 3 (manuel de
codification technique).
En dernier lieu, une fois que les données
figurant dans les dossiers judiciaires de la GRC ont été codifiées,
les fichiers de données ont été fusionnés avec ceux du SCC qui
renfermaient quelques caractéristiques personnelles et certains
renseignements sur les antécédents criminels (le manuel de
codification technique présente une liste complète de variables).
Les données du SCC ont été tirées du SGD et ont permis
d'effectuer certaines comparaisons entre les taux de nouvelles
condamnations en fonction du sexe et de la race.
Intégrité des données
Il arrive parfois que des détenus libérés
soient accusés de crimes commis avant leur libération. Les services
policiers peuvent avoir pris connaissance de nouvelles preuves, ou
les crimes ont pu être commis pendant l'incarcération ou avant la
période d'incarcération. Par conséquent, dans les études sur la
récidive, il importe de veiller à ce que les anciens crimes ne
soient pas inclus dans la mesure de la récidive. Pour réduire ce
risque, toutes les condamnations survenues dans les 60 jours de
la libération ont fait l'objet d'une enquête plus poussée. En
utilisant le SGD, nous avons examiné les cas pour vérifier si la
condamnation inscrite dans le système de la GRC était véritablement
survenue après la libération. Par exemple, dans la cohorte des
libérés de 1994-1995, 324 cas de condamnations avaient été
enregistrés dans les 60 jours de la libération. Dans 4,6 %
de ces cas, il s'agissait de crimes survenus avant la libération.
Ces crimes n'ont donc pas été considérés comme de nouvelles
condamnations.
Les assistants de recherche, sous la
supervision des agents principaux de recherche, ont effectué la
codification des dossiers d'antécédents criminels. Les assistants de
recherche ont reçu une formation relative à l'interprétation des
dossiers et au fonctionnement du programme informatique d'entrée des
données (SPSS). La codification du coefficient de corrélation a été
effectuée par trois assistants de recherche au regard d'un
échantillon aléatoire de 151 cas choisis dans la cohorte de
1995-1996 et 202 dans la cohorte de 1996-1997. Dix-neuf variables
ont été retenues pour l'évaluation. La convention relative au
coefficient variait de 87 % (infraction la plus grave au moment
de la nouvelle condamnation) à 100 % (récidive du sujet depuis
la date de libération) et, dans l'ensemble, elle atteignait
97 %.
Résultats
Un aperçu des caractéristiques des détenus
libérés au cours des trois exercices figure dans le tableau 4.
La vaste majorité des détenus libérés des deux cohortes étaient de
sexe masculin et la plupart avaient commis des infractions avec
violence (annexe 1). La durée moyenne de la peine était de
1 813 jours (5 ans) pour la première cohorte et de
1 572 jours (4,3 ans) et 1 507 jours (4,1 ans)
respectivement pour les deuxième et troisième cohortes. Le nombre de
délinquants purgeant des peines de durée indéterminée était très
faible dans les trois cohortes (environ 2 % des détenus
libérés).
Une nouvelle condamnation dans les deux
années de la libération constituait notre mesure de la récidive. Les
taux de nouvelles condamnations pour les trois cohortes de détenus
libérés figurent dans le tableau 5. Dans le cas de la première
cohorte, 44 % des détenus libérés ont été condamnés pour une
nouvelle infraction dans les deux ans. Quant à la deuxième cohorte
(1995-1996), le taux estimatif de nouvelles condamnations
s'établissait à 42,8 % et à 40,6 % pour la troisième
cohorte. Une comparaison du taux de nouvelles condamnations de la
première cohorte (44,0 %) et de l'intervalle de confiance de
95 % de la deuxième cohorte (41,5 % - 44,1 %)
montre un chevauchement qui indique que le taux de nouvelles
condamnations est demeuré inchangé dans la deuxième cohorte.
Cependant, le taux de nouvelles condamnations de la troisième
cohorte (40,6 %) était plus faible que le taux de la cohorte de
1995-1996 (l'intervalle de confiance de la troisième cohorte et le
taux de nouvelles condamnations de la première cohorte ne se sont
pas chevauchés). En outre, le taux de nouvelles condamnations pour
crimes sans violence de la troisième cohorte était également
inférieur à celui de la première cohorte. Le taux de nouvelles
condamnations pour crimes avec violence est demeuré stable au cours
des trois exercices. Les nouvelles infractions sexuelles
entraînant une condamnation n'étaient pas fréquentes
(49 détenus ou 0,7 % de l'échantillon ont commis une
nouvelle infraction sexuelle dans la cohorte de 1994-1995, 1 %
(n = 36) dans la cohorte de 1995-1996 et 1,7 %
(n = 61) dans la cohorte de 1996-1997.
Tableau 4. Caractéristiques personnelles et antécédents criminels des cohortes des libérés de 1994-1995, de 1995-1996 et de 1996-1997
| |
Pourcentage/Moyenne |
Variable |
1994-1995
(n = 7 207) |
1995-1996
(n = 3 497) |
1996-1997
(n = 3 602) |
| Sexe : hommes |
97,1 |
93,8 |
93,8 |
| femmes |
2,9 |
6,2 |
6,2 |
| Race :
non-Autochtones |
86,1 |
72,6 |
69,9 |
| Autochtones |
13,9 |
27,4 |
30,1 |
| Âge au moment de
la libération (ans) |
32,8 |
33,0 |
33,5 |
| État civil :
célibataire |
46,2 |
45,2 |
45,8 |
| marié/union de fait |
43,9 |
44,5 |
42,9 |
| séparé/divorcé |
9,3 |
8,7 |
9,3 |
| Durée de la peine
(jours)* |
1 813 |
1 572 |
1 507 |
| Infraction la
plus grave (IPG) : |
|
|
|
| Contre la personne |
47,3 |
43,8 |
44,0 |
| Sexuelle |
11,5 |
12,8 |
13,4 |
| Contre les biens |
16,8 |
24,3 |
21,7 |
| Drogues |
15,3 |
12,7 |
15,2 |
| Alcool/code de la route |
2,6 |
3,9 |
3,9 |
| Autres |
6,4 |
2,5 |
1,6 |
| Infraction
figurant à l'annexe 1 |
60,4 |
63,1 |
62,6 |
| Infraction
figurant à l'annexe 2 |
19,4 |
18,2 |
19,8 |
| Peine de durée
indéterminée |
2,0 |
1,8 |
2,2 |
* Les détenus purgeant des peines d'une durée
indéterminée ont été exclus.
Nota :
Les nombres peuvent varier à
cause des données manquantes. Pour la cohorte de 1994-1995, la durée
de la peine et l'IPG ont été codifiés pour un échantillon de détenus
libérés (n = 881). Pour les cohortes de 1995-1996 et de
1996-1997, les proportions relatives au sexe et à la race varient en
raison de l'échantillonnage complet des délinquants autochtones et
de sexe féminin.
L'annexe 1 comprend les
infractions sexuelles et les autres crimes avec violence, mais
exclut le meurtre au premier et au deuxième degré. L'annexe 2
comprend les infractions graves liées aux drogues ou le complot en
vue de commettre une infraction grave liée aux drogues (Loi sur le système correctionnel et la mise en
liberté sous condition).
Pour l'IPG, la catégorie
« autres » comprend les crimes violents contre les biens,
les crimes contre l'ordre public et la corruption des mours.
Tableau 5. Taux de nouvelles condamnations pour les délinquants sous responsabilité fédérale (IC = intervalle de confiance)
| |
% nouvelles condamnations
(IC) |
| Type de
nouvelles condamnations |
cohorte de
1994-1995 |
cohorte de
1995-1996 |
cohorte de
1995-1996 |
| Total
des nouvelles condamnations |
44,0 |
42,8
(41,5 - 44,1) |
40,6
(39,3 - 41,9) |
| Sans violence |
30,2 |
29,8
(28,6 - 31,0) |
27,6
(26,4 - 28,8) |
| Avec violence |
13,8 |
13,1
(12,2 - 13,9) |
13,0
(12,2 - 13,8) |
Cohorte de 1994-1995 = 7 207;
cohorte de 1995-1996 = 7 399. Les taux sont fondés sur un
échantillon de 3 497.
Cohorte de
1996-1997 = 7 259. Les taux de la cohorte de
1996-1997 sont fondés sur un échantillon de 3 629. Pour les
cohortes de 1995-1996 et de 1996-1997, le nombre de nouvelles
condamnations est estimatif.
Le tableau 6 illustre les taux de
récidive en fonction de la race et du sexe. Seuls les délinquants de
sexe masculin ont été comparés en fonction de la variable race; la
cohorte de 1994-1995 ne comptait que 35 détenus autochtones de
sexe féminin, la cohorte de 1995-1996 en comptait 37 et celle de
1996-1997 en comptait 40. Un taux de nouvelles condamnations
beaucoup plus élevé a été enregistré chez les délinquants
autochtones de sexe masculin dans toutes les catégories et pour les
trois exercices. Le taux le plus élevé de nouvelles condamnations
pour les délinquants autochtones de sexe masculin s'explique en
partie par leur risque de récidive élevé. Par exemple, les détenus
autochtones de sexe masculin étaient moins susceptibles d'obtenir
une libération conditionnelle totale que les détenus non autochtones
de sexe masculin (6,9 % contre 12,9 % dans la cohorte de
1994-1995; 7,7 % contre 12,9 % dans la cohorte de
1995-1996 et 9,1 % contre 12,6 % dans la cohorte de
1996-1997). Même si l'Échelle d'information statistique sur la
récidive (Échelle d'ISR) n'est pas systématiquement administrée aux
délinquants autochtones, elle l'est à l'égard de certains. L'Échelle
d'ISR n'a été administrée qu'à 62 délinquants autochtones de la
cohorte de 1994-1995, et les résultats des délinquants autochtones
ne différaient pas de ceux des délinquants non autochtones (-5,4
contre -3,6, t = 1,44, p > 0,05). Toutefois, dans
les cohortes de 1995-1996 et de 1996-1997, alors que l'Échelle d'ISR
a été appliquée à un plus grand nombre de détenus autochtones
(n = 147 et n = 304), les résultats ont révélé
des scores de risque considérablement plus faibles sur le plan
statistique que ceux des détenus non autochtones de sexe masculin
(-6,62 contre -2,23; t = 4,92, p < 0,001 et -5,48
contre -1,56; t = 6,09, p < 0,001). Les
délinquants autochtones de sexe masculin ont enregistré, sur une
base annuelle, une légère diminution du taux de nouvelles
condamnations. Les délinquants non autochtones de sexe masculin
n'ont montré des modifications statistiquement significatives qu'en
ce qui concerne les taux de nouvelles condamnations et de nouvelles
condamnations pour crimes sans violence dans les première et
troisième cohortes.
Tableau 6. Pourcentage de nouvelles condamnations selon la race : hommes seulement (IC)
| Type de nouvelles
condamnations |
Non-Autochtones |
Autochtones |
| Total des
nouvelles condamnations : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
42,2 |
58,3 |
Cohorte de
1995-1996 |
41,2 (39,6 - 42,8) |
56,8 |
Cohorte de
1996-1997 |
39,1 (37,9 - 40,4) |
52,7 |
| Sans
violence : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
29,3 |
36,9 |
Cohorte de
1995-1996 |
29,1 (27,7 - 30,5) |
36,1 |
Cohorte de
1996-1997 |
27,1 (25,9 - 28,3) |
33,1 |
| Avec violence : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
12,9 |
21,4 |
Cohorte de
1995-1996 |
12,1 (11,1 - 13,1) |
20,7 |
Cohorte de
1996-1997 |
12,0 (11,2 - 12,8) |
19,6 |
Nota : Cohorte de 1994-1995 :
non-Autochtones = 6 018; Autochtones = 961.
Cohorte de 1995-1996 :
non-Autochtones = 6 242 (échantillon = 2 362);
Autochtones = 19.
Cohorte de
1996-1997 : non-Autochtones = 5 964
(échantillon = 2 334);
Autochtones = 1 046.
Les hommes ont enregistré des taux de
nouvelles condamnations plus élevés que les femmes dans toutes les
catégories (total, sans violence, et avec violence, tableau 7).
Les taux de nouvelles condamnations et de nouvelles condamnations
pour crimes sans violence des hommes de la cohorte de 1996-1997 sont
plus faibles que ceux de la cohorte de 1994-1995. Les pourcentages
des nouvelles condamnations pour crimes avec violence des hommes
sont demeurés stables au cours des trois exercices (diminution des
pourcentages de nouvelles condamnations et de nouvelles
condamnations pour crimes sans violence et stabilité des
pourcentages de nouvelles condamnations pour crimes avec violence).
On constate des tendances analogues chez les femmes. Cela dit, il
faut faire preuve de beaucoup de prudence en interprétant
l'augmentation des pourcentages de nouvelles condamnations pour
crimes avec violence chez les délinquantes, car il s'agissait d'un
échantillon très petit (14 femmes de la cohorte de 1994-1995,
16 de la cohorte de 1995-1996 et 15 de la cohorte de 1996-1997
ont été condamnées pour une nouvelle infraction avec violence).
Tableau 7. Pourcentage des nouvelles condamnations selon le sexe (IC)
| Type de nouvelles
condamnations |
Hommes |
Femmes |
| Total des
nouvelles condamnations : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
44,4 |
30,0 |
Cohorte de
1995-1996 |
43,1 (41,7 - 44,4) |
29,6 |
Cohorte de
1996-1997 |
41,2 (39,9 - 42,5) |
23,0 |
| Sans
violence : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
30,4 |
23,3 |
Cohorte de
1995-1996 |
30,0 (28,8 - 31,2) |
22,2 |
Cohorte de
1996-1997 |
28,0 (26,8 - 29,2) |
16,2 |
| Avec
violence : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
14,0 |
6,7 |
Cohorte de
1995-1996 |
13,2 (12,3 - 14,1) |
7,4 |
Cohorte de
1996-1997 |
13,2 (12,3 - 14,1) |
6,8 |
Nota : Cohorte de 1994-1995 :
hommes = 6 997; femmes = 210.
Cohorte de 1995-1996 : total des détenus de sexe
masculin libérés = 7 171, échantillon des hommes =
3 281; femmes = 216.
Cohorte de
1996-1997 : hommes = 7 027; échantillon des
hommes = 3 397; femmes = 222. Les taux ont
été rajustés pour tenir compte de l'échantillon des délinquants non
autochtones de sexe masculin.
La majorité des délinquants de ces cohortes
de libérés était sous surveillance avant la date d'expiration du
mandat (DEM). Compte tenu de la période de suivi de deux ans, les
détenus libérés pouvaient récidiver pendant qu'ils étaient sous
surveillance fédérale ou après avoir purgé leur peine. Le
tableau 8 montre les pourcentages de nouvelles condamnations en
relation avec l'expiration de la peine. Dans plus de la moitié des
cas, la nouvelle condamnation s'est produite après la période de
surveillance.
Tableau 8. Pourcentage de nouvelles condamnation avant et après la date d'expiration du mandat (IC)
| Type de nouvelles
condamnations |
Avant la DEM |
Après la DEM |
| Total des
nouvelles condamnations : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
19,4 |
24,2 |
Cohorte de
1995-1996 |
18,5 (17,4 - 19,6) |
24,7 (23,6 - 25,9) |
Cohorte de
1996-1997 |
15,4 (14,5 - 16,4) |
25,7 (24,5 - 26,8) |
| Sans
violence : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
13,8 |
16,3 |
Cohorte de
1995-1996 |
13,2 (12,3 - 14,1) |
16,9 (15,9 - 17,9) |
Cohorte de
1996-1997 |
11,3 (10,5 - 12,1) |
16,8 (15,9 - 17,8) |
| Avec
violence : |
|
|
Cohorte de
1994-1995 |
5,7 |
8,0 |
Cohorte de
1995-1996 |
5,3 (4,7 - 5,9) |
7,8 (7,1 - 8,5) |
Cohorte de
1996-1997 |
4,2 (3,7 - 4,7) |
8,8 (8,2 - 9,6) |
Cohorte de 1994-1995 = 7 207
(exclut les peines de durée indéterminée et les DEM manquantes).
Cohorte de 1995-1996 = 3 462 (exclut
les peines de durée indéterminée et les DEM manquantes).
Cohorte de 1996-1997 = 3 522
(exclut les peines de durée indéterminée et les DEM manquantes).
Les taux ont été estimés pour l'échantillon des
délinquants non autochtones.
IC =
intervalle de confiance de 95 %.
Résumé
Le principal objectif de la présente étude
consistait à déterminer une mesure de la récidive que le
portefeuille du Solliciteur général pourrait utiliser. Après
pondération des avantages et inconvénients des différentes mesures
de la récidive, le Comité a retenu comme mesure la plus acceptable
parmi les choix disponibles, toute nouvelle condamnation pour une
infraction commise dans les deux ans suivant la libération.
L'utilisation de cette mesure nous a permis de constater un taux
général de nouvelles condamnations de 44,0 % chez les détenus
libérés en 1994-1995 et des taux estimatifs de 42,8 % et de
40,6 % chez les détenus libérés respectivement en 1995-1996 et
en 1996-1997. Les nouvelles condamnations pour un crime avec
violence étaient moins fréquentes (13,8 % pour la première
cohorte de libérés, 13,1 % pour la deuxième et 13,0 % pour
la troisième), et la plupart des nouvelles condamnations sont
survenues après l'expiration de la peine et de la période de
surveillance.
Les nouvelles condamnations ne constituent
d'aucune façon une mesure parfaite de la récidive qui saisirait tous
les nouveaux crimes commis par les délinquants. Bon nombre de crimes
échappent probablement à la détection. Dans certaines de nos
analyses, nous ne pouvions même pas être certains si le crime avait
été commis avant l'expiration de la peine et de la période de
surveillance ou après que la peine ait été purgée. Pour plus de
certitude, il aurait fallu examiner les dossiers de la cour et de la
police dans les provinces et les territoires. L'examen des avantages
et inconvénients des diverses mesures de la récidive visait à
permettre le choix le plus avantageux, mais il s'agissait d'un choix
difficile pour le Comité. Cependant, il fallait arrêter un choix,
car le public a droit à des données cohérentes sur la récidive
plutôt que l'éventail plutôt déroutant de statistiques actuellement
disponibles. Nous espérons qu'en précisant les limites de la
présente méthode et les raisons qui nous ont fait choisir les
nouvelles condamnations comme mesure de la récidive, nous fournirons
une terminologie commune que pourront utiliser les organismes
correctionnels du gouvernement fédéral.
Pour terminer, nous tenons à formuler une
dernière mise en garde. Il pourrait être tentant de considérer les
nouvelles condamnations comme un indicateur de rendement déterminant
du système correctionnel fédéral. Toutefois, cela serait trompeur.
Comme nous l'avons signalé dans l'introduction, nombre de facteurs
peuvent déterminer le taux de récidive. Dans cette étude, par
exemple, nous avons constaté que les écarts entre les taux de
nouvelles condamnations des délinquants autochtones et non
autochtones peuvent, en partie, être attribuables aux
caractéristiques différentes des deux groupes sur le plan du risque.
Toutefois, d'autres facteurs sur lesquels le système carcéral n'a
aucun contrôle peuvent également expliquer les écarts (p. ex.,
facteurs situationnels au sein de la collectivité, conditions
socio-démographiques et économiques). De plus, ce serait une erreur
d'exclure les autres indices de rendement (p. ex. l'emploi et
le niveau de scolarité, la stabilité familiale, la sobriété) en
faveur d'une seule mesure comme les nouvelles condamnations. Les
interventions destinées à faciliter la réinsertion sociale des
délinquants doivent être évaluées en fonction de résultats
multidimensionnels. La récidive - nouvelles condamnations, en
l'occurrence - ne constitue qu'un indicateur de rendement parmi
de nombreux autres.
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