Impact du virus du Nil occidental sur l'infrastructure canadienne des soins de santé
Note d'information numéro : IN03-002
17 septembre 2003
Objet
Fournir aux partenaires du BPIEPC des données historiques sur le virus du Nil occidental, ainsi qu'une évaluation du niveau actuel de la menace que présente le virus pour les infrastructures essentielles (IE) du Canada. Fondée sur l'information accessible au public, la présente analyse est établie en consultation avec Santé Canada (SC).
Information
En 1937, le virus du Nil occidental (VNO) a d'abord été isolé chez une femme adulte du district ougandais du Nil occidental. Au Canada, on a d'abord détecté le virus chez des oiseaux, en août 2001. La premier cas de personne à contracter le virus a été signalé en août 2002.
Le virus du Nil occidental est transmis par des moustiques femelles infectées. La plupart des espèces de moustiques, qui pondent leurs oeufs dans des eaux stagnantes, ont besoin de sang pour les produire. Les moustiques peuvent être infectés par le VNO après s'être nourris du sang d'oiseaux infectés. Environ deux semaines après que le moustique se soit abreuvé de sang infecté, le virus est présent dans ses glandes salivaires et peut se transmettre aux humains qui se font piquer.
De nombreuses personnes infectées par le VNO ne présentent aucun symptôme et ne deviennent pas malades ou n'ont que des symptômes bénins. Dans les cas où l'infection entraîne la maladie, les symptômes se manifestent habituellement dans un délai allant de 2 à 15 jours. L'étendue et la gravité des symptômes varient beaucoup d'une personne à l'autre. Dans les cas légers, des symptômes semblables à ceux de la grippe peuvent apparaître : fièvre, maux de tête et douleurs continues. Une éruption cutanée bénine ou une enflure des glandes lymphatiques peut aussi se manifester.
Les personnes de tout âge, peu importe leur état de santé, risquent d'éprouver des problèmes de santé graves associés à l'infection au VNO, mais, en général, le risque augmente avec l'âge. Ces maladies graves, comme la méningite et l'encéphalite, peuvent être mortelles. La méningite est une inflammation de la membrane du cerveau ou de la moelle épinière. L'encéphalite est l'inflammation du cerveau. Dans de tels cas, les symptômes peuvent être les suivants : apparition rapide de forte fièvre, céphalées sévères, raideur au cou, nausées, difficultés à avaler, vomissements, somnolence, vision floue ou détérioration de la vue, confusion, évanouissements, manque de coordination, faiblesse musculaire et paralysie. En 2002, on a signalé plusieurs nouveaux symptômes liés au VNO : problèmes de coordination, parkinsonisme, syndrome associé à la poliomyélite et dégénérescence musculaire. Quiconque constate l'apparition soudaine de ces symptômes devrait consulter un médecin sans tarder.
À l'heure actuelle, il n'y a pas de vaccin autorisé pour protéger les gens contre le VNO, mais, selon des rapports récents, on devrait en avoir un d'ici quelques années. Il n'y a ni traitement, ni médicament, ni remède particulier pour le VNO. Dans les cas graves, des thérapies de soutien permettent d'atténuer les symptômes et d'éviter les infections secondaires. Ces cas peuvent nécessiter l'hospitalisation ou des soins infirmiers.
Le Center for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis a confirmé que le virus peut être transmis par une greffe d'organe ou de tissu et par une transfusion sanguine, ainsi que peut-être aussi par l'allaitement. On a également confirmé que le VNO peut se transmettre à l'enfant in utero d'une femme infectée par le VNO. En décembre 2002, une américaine, dont on a confirmé l'infection par le VNO en cours de grossesse, a accouché à terme d'un bébé manifestant d'importantes anomalies cérébrales et également atteint du virus. On n'a toutefois pas confirmé que les anomalies étaient attribuables au VNO. Plusieurs travailleurs de laboratoire ont été infectés par des piqûres d'aiguilles ou des coupures, au cours de manipulations de spécimens infectés. À noter que ces méthodes alternatives de transmission du VNO ne représentent qu'un très faible pourcentage du total des cas signalés. Sauf en laboratoire, on ne connaît aucun cas de transmission du VNO d'animaux infectés au humains.
Le 5 septembre 2003, SC signalait 20 cas confirmés d'infection par le VNO au Canada, mais aucun décès n'était attribué au virus. Le 10 juin 2003, SC signalait le décès de 20 résidents canadiens infectés par le VNO au cours de la saison des moustiques de 2002
. Or la grippe entraîne la mort de quelque 500 à 1500 personnes par année au Canada. On peut donc affirmer qu'en termes de mortalité la menace du VNO est plus faible que celle de la grippe. Bien que les personnes de tout âge, peu importe leur état de santé, peuvent éprouver des problèmes de santé graves associés à l'infection au VNO, en général, le risque augmente avec l'âge. Les personnes immunodéficientes et souffrant de maladies chroniques sont plus exposées aux graves problèmes de santé et l'on croit que leur système immunitaire suffaibli les rend plus susceptibles au virus. Par exemple, les deux premières personnes à mourir du VNO au Canada étaient des personnes âgées. Le 25 septembre 1999, un Ontarien de 75 ans est mort de complications liées à l'infection par le VNO; il n'avait toutefois pas contracté le virus au Canada, mais lors d'un séjour à New York. Le 16 septembre 2002, un Ontarien de Mississauga, âgé de 70 ans, est mort à la suite de complications liées au VNO qu'il avait contracté au Canada.
Selon les statistiques, environ un pourcent des personnes infectées par le VNO éprouvent des problèmes de santé graves, le taux de mortalité parmi ceux qui souffrent de complications graves liées au virus étant de 3 à 15 p. 100. Les cas les plus graves doivent être hospitalisés pour de longues durées, qui peuvent être suivies de convalescences prolongées. Des 66 cas de VNO signalés aux É.-U. en 2001, la vaste majorité a manifesté d'importantes séquelles neurologiques
et un état de faiblesse profonde. Un état de faiblesse musculaire grave, également présent chez les personnes atteintes au cours de la flambée de 1999, à New York, s'est manifesté dans 40 p. 100 des cas confirmés. Selon une étude de suivi des cas de la poussée épidémique de New York, les séquelles de longue durée touchaient les aspects physique (paralysie semblable à la poliomyélite, faiblesse musculaire, difficulté à marcher, fatigue, mal de tête), cognitif (confusion, dépression, perte des facultés de concentration et de mémoire) et fonctionnel (difficultés aux repas, à quitter la maison, à magasiner, moyens de transport).
Pour le moment, le VNO n'est pas perçu comme une menace importante aux infrastructures essentielles du Canada, notamment à l'infrastructure des soins de santé. Depuis son éclosion, le virus n'a eu aucune répercussion grave sur l'infrastructure des soins de santé du Canada, en raison notamment de la durée relativement courte de la saison des moustiques au Canada, comparé à d'autres régions d'Amérique du Nord où le virus s'est répandu, et de la répartition géographique relativement restreinte à ce jour des cas chez les humains. Dans l'ensemble, on considère que la menace des moustiques infectés pour les Canadiens est faible. Au cours des mois d'été et début d'automne, les hôpitaux accueilleront certaines personnes aux symptômes semblables à ceux de la grippe, infectés par le VNO, ainsi que certains cas dont l'état de santé sera plus grave, mais la plus grande partie de ces cas seront vraisemblablement traités assez vite, sans conséquences graves ou durables pour le malade. Le nombre de ces cas ne viendra vraisemblablement pas surcharger les hôpitaux au point de les rendre incapables de fournir les soins de santé.
Il est un aspect de l'infrastructure des soins de santé qui a subi un impact attribuable au VNO : les laboratoires canadiens. En 2002, certains laboratoires provinciaux ont affirmé avoir reçu de si nombreuses demandes de tests de VNO qu'ils étaient débordés à tel point que les délais d'autres demandes de tests et activités en souffraient. Au cours de l'hiver 2003, SC a énoncé plusieurs mesures à suivre afin de se préparer aux activités concernant le VNO au cours de la prochaine saison des moustiques. L'une de ces démarches comporte des mesures visant à aider les laboratoires provinciaux à satisfaire la demande accrue, exigée à l'égard du diagnostique du VNO. Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de Santé Canada fournit aux laboratoires provinciaux la technologie et la formation nécessaires aux tests, ce qui permettra d'obtenir les résultats des tests dans de meilleurs délais. Les laboratoires de Terre-Neuve et du Labrador, de la Nouvelle-Écosse, du Québec, de l'Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l'Alberta et de la Colombie-britannique ont été équipés et formés et des discussions sont en cours avec d'autres provinces et territoires.
Mesures proposées
Bien que la menace globale du VNO soit faible au Canada, les Canadiens devraient prendre des précautions afin de moins s'exposer aux piqûres de moustiques. Comme mesure préventive, on peut éliminer toute eau stagnante autour des maisons, des chalets, des cabanes et des campements (qui constitue des gîtes larvaires pour les moustiques), ainsi que se protéger des piqûres de moustique. À l'extérieur, les Canadiens devraient utiliser un insectifuge, de préférence un produit contenant du DEET (N, N-diethyl-meta-toluamide) ou d'autres ingrédients homologués, lire l'étiquette et bien suivre les directives. Il est également conseillé de porter des vêtements de couleur pâle, parce qu'ils attirent moins les moustiques.
Pour de plus amples renseignements, veuillez visiter le site Web de Agence de la santé publique du Canada : (http://www.phac-aspc.gc.ca/wn-no/index-fra.php) qui offre des renseignements sur le VNO, notamment des données et des cartes de surveillance, ainsi qu'une liste des mesures que peuvent prendre les Canadiens afin d'atténuer le risque d'infection. Ce site sera mis à jour régulièrement au cours de la prochaine saison des moustiques. On peut également se renseigner en utilisant la ligne d'information téléphonique de Santé Canada sur le virus du Nil occidental (1-800-816-7292).

Note aux lecteurs
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