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Youth Advocate Program (YAP)

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Le Youth Advocate Program (YAP) est conçu pour empêcher les jeunes à risque de 9 à 14 ans de se joindre à des gangs et de participer aux activités de celles-ci dans la municipalité régionale de Halifax (MRH). Grâce à un modèle holistique, le YAP fournit des interventions professionnelles spécialisées, des programmes d’acquisition de compétences de la vie active et des exercices d’apprentissage par l’expérience aux jeunes à risque ciblés et à leur famille. Offert par la MRH, le YAP a commencé en juin 2008 et est financé par le Fonds de lutte contre les activités des gangs de jeunes (FLAGJ) du Centre national de prévention du crime, qui fait partie de Sécurité publique Canada. Ce programme sera mis à l’essai et évalué en vertu du FLAGJ jusqu’en mars 2011. La MRH a connu des cas d’incidents à main armée en groupe, de la violence liée aux gangs et d’autres conséquences négatives des comportements antisociaux. Une augmentation du nombre de crimes associés aux gangs de rues, notamment les vols qualifiés, les voies de fait, les cas d’intimidation et les infractions liées à la drogue ont été signalés[1].

La police surveille sept gangs actifs dans la municipalité régionale de Halifax. D’après les estimations, il y a 80 jeunes qui sont directement impliqués dans ces gangs locaux et 20 autres qui sont affiliés aux membres ou aux activités d’un gang. En outre, plus de 400 jeunes à risque âgés de 9 à 14 ans ont été cernés par la Metro Public Housing Authority dans les quartiers servis par le YAP. Les projets de logement social des quartiers cernés sont au centre des activités du YAP[2].

Le YAP a pour but de contrer les influences négatives en fournissant aux jeunes des occasions d’améliorer leurs connaissances de base grâce à l’apprentissage et à des expériences qui favorisent l’acquisition d’aptitudes sociales au sein de la famille, à l’école et dans la collectivité.

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Sources des données scientifiques

En partenariat avec les corps de police, les services correctionnels, les services/conseillers en toxicomanie et les travailleurs de soutien de première ligne, les éducateurs et les partenaires fédéraux, le YAP fonctionne à l’aide d’une approche holistique visant l’intégration et s’appuyant principalement sur le programme Wraparound Milwaukee.

Wraparound Milwaukee

Le programme Wraparound Milwaukee est un programme de soins complet, axé sur les points forts, qui vise à offrir des soins personnalisés aux jeunes délinquants et à leur famille. Il est conçu pour réduire le nombre de jeunes placés en établissement grâce à des traitements et des programmes familiaux dans la collectivité. Ce programme s’adresse aux jeunes âgés de 13 à 17 ans qui ont de graves problèmes en santé mentale, de comportements et émotionnels, ainsi qu’à leur famille. Les objectifs du programme Wraparound Milwaukee sont les suivants :

  • réduire les comportements antisociaux;
  • aider les familles à accéder aux services disponibles;
  • favoriser la fréquentation de pairs ayant des attitudes prosociales;
  • accroître la cohésion familiale;
  • réduire le nombre de placements à l’extérieur du domicile[3].

Une étude a révélé une diminution considérable du taux de récidive chez les jeunes qui avaient participé au programme Wraparound Milwaukee, notamment en ce qui concerne les actes délictueux graves et les méfaits. Cette étude a également montré que les participants au programme avaient commis moins d’infractions sexuelles, d’infractions contre les biens, des voies de fait et des infractions commises à l’aide d’une arme[4].

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Participants au programme

Le YAP vise les jeunes de 9 à 14 ans (de la quatrième à la neuvième année) qui vivent dans la municipalité régionale de Halifax (MRH) et qui sont susceptibles de participer aux activités de gangs ou d’avoir des comportements antisociaux et criminels. Un maximum de 30 jeunes participent au programme en même temps dans les six collectivités choisies.

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Partenaires clés

Le YAP s’appuie sur la philosophie selon laquelle les collectivités qui mettent en commun leurs informations, leurs ressources, et qui prennent des décisions concertées, réussissent généralement mieux à éloigner les jeunes des activités liées aux gangs ou des comportements antisociaux et criminels. Le projet s’appuie donc sur un grand nombre de partenariats dans la collectivité. Parmi les principales organisations qui y participent, mentionnons les suivantes :

  • Programmes Phoenix Youth;
  • Police régionale de Halifax;
  • Conseil scolaire de Halifax;
  • Metropolitan Regional Housing Authority;
  • Ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse;
  • Ministère des Services communautaires de la Nouvelle-Écosse;
  • Service des loisirs de la municipalité régionale de Halifax;
  • Université Dalhousie;
  • Université St. Mary’s;
  • Ministère de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse;
  • Bibliothèque régionale de Halifax;
  • Associations de locataires;
  • Community Justice Society;
  • Parent Resource Centre;
  • Programme d’emploi des jeunes.

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Composantes du programme

Les personnes référées pour participer à ce programme peuvent provenir de différentes personnes ou organismes qui croient qu’un jeune est affilié aux activités d’un gang ou qui y participe. En discutant avec les travailleurs sociaux du programme, c’est-à-dire les principaux employés du YAP, on détermine si le jeune qui est recommandé satisfait aux exigences du programme. Le cas échéant, le jeune confirme son désir de participer au programme en signant un protocole d’entente avec le YAP. La participation au programme est volontaire et exige un engagement à l’égard d’une approche collective mobilisant le jeune, sa famille et l’organisme qui a procédé à la référence.

Plans d’action

On procède à une évaluation des besoins personnels de chacun jeune dans le but de cerner les principaux facteurs de risque et les facteurs de protection. Un plan d’action comportant des indicateurs de rendement est mis en place pour s’attaquer aux facteurs de risque et renforcer les facteurs de protection. Le travailleur à la jeunesse :

  • élabore, avec d’autres organismes, une stratégie collective visant à répondre aux besoins des jeunes;
  • convoque des réunions pour mettre en œuvre des plans d’action pour les jeunes appuyés sur les facteurs de risque individuels, les facteurs de protection et des indicateurs de rendement;
  • offre des modules d’acquisition de compétences de la vie active et organise des exercices d’apprentissage complémentaires fondés sur l’expérience pour les jeunes et leur famille;
  • organise des activités auxquelles les jeunes et leur famille peuvent participer ensemble;
  • collabore avec les représentants des écoles dans le but d’améliorer les résultats scolaires, notamment l’assiduité, le comportement, les devoirs et la participation aux activités parascolaires;
  • trouve des possibilités et aide le jeune à participer aux activités communautaires;
  • examine les progrès réalisés dans le cadre du plan d’action et se réunit avec les principaux intervenants au besoin.

Modules d’acquisition de compétences de la vie active

Ces modules sont conçus pour orienter les jeunes vers des comportements sains et prosociaux. Ils sont offerts par les défenseurs de la jeunesse et traitent, par exemple, de l’éthique au travail, de la prise de décisions, de la résolution des conflits, de la nutrition, de la gestion du temps, de la gestion de l’argent et de ce qu’il faut faire pour mener une vie saine et active. Les plans d’action pour les jeunes définissent le nombre requis de modules d’acquisition de compétences de la vie active, le moment opportun pour chacun, ainsi que les exercices d’apprentissage par l’expérience complémentaires accompagnant chaque module dans le but de fournir aux jeunes l’occasion de mettre en pratique les nouvelles compétences acquises. Les travailleurs à la jeunesse trouvent des possibilités de renforcer les comportements acquis au moyen d’interactions quotidiennes avec la famille, l’école et la collectivité.

Coordination des ressources et des équipes de soutien des jeunes

Le YAP facilite aussi l’accès à des ressources structurées, des services et un soutien informel. Les travailleurs à la jeunesse assurent la liaison entre les jeunes et des services tels que des activités récréatives et de loisirs, la thérapie, le tutorat scolaire, le counseling et les discussions de groupe. Ils coordonnent aussi les équipes de soutien des jeunes participants. Ces équipes de soutien sont composées de fournisseurs de services et de membres de la famille qui s’assurent que le jeune reçoit le soutien dont il a besoin pour réussir. Une autre composante importante du YAP est le fait que le jeune passe du temps, seul à seul, avec son travailleur à la jeunesse. Cela crée un milieu sécuritaire permettant au jeune d’apprendre comment développer des relations stables avec les adultes.

Les travailleurs à la jeunesse aiguillent aussi des parents vers des cours de compétences parentales, des groupes de soutien et des services officiels. De plus, ils assurent une liaison avec les fournisseurs de services pour régler les problèmes lorsque les besoins de la famille et du jeune ne sont pas comblés.

Les jeunes quittent le programme après avoir réussi les activités et atteint les objectifs énoncés dans leur plan d’action. Un engagement minimal d’un mois est requis avant que le programme puisse avoir des répercussions mesurables. La décision de clore la participation d’un jeune au programme est prise par un groupe dans le cadre d’une discussion avec le travailleur à la jeunesse, le jeune, la famille du jeune et les fournisseurs de services qui ont pris part au plan d’action du jeune.

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Modèle d’évaluation

Un évaluateur tiers procède actuellement à une évaluation complète du projet. L’objectif de l’évaluation consiste à recueillir des données exhaustives sur la mise en œuvre et les répercussions du YAP dans le but de connaître les composantes du projet qui fonctionnent le mieux pour prévenir ou réduire la participation des jeunes dans les gangs.

À l’aide d’un modèle quasi expérimental qui intègre des méthodes de collecte de données quantitatives et qualitatives, l’évaluation servira à déterminer la mesure dans laquelle le programme permet d’obtenir les résultats escomptés. On recueillera des données à l’aide de questionnaires qui seront distribués aux participants et à leurs parents/tuteurs et, dans le cadre de groupes de réflexion, à un certain nombre d’intervenants de la collectivité.

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Résultats préliminaires

En date de janvier 2009, 122 jeunes (103 garçons et 19 filles) ont été aiguillés vers le programme. Parmi eux, 54 jeunes ont fait l’objet d’une évaluation complète et 42 ont été acceptés dans le YAP.

Les résultats préliminaires semblent indiquer que les jeunes qui ont été acceptés dans le YAP correspondent à ceux du groupe visé par le projet. Les jeunes acceptés dans le programme obtiennent des notes beaucoup plus élevées en ce qui concerne des mesures relatives aux problèmes de comportement, à la délinquance, aux comportements à risque, aux pensées qui favorisent les comportements agressifs et aux attitudes positives à l’égard des gangs, des armes à feu et de la violence, comparativement aux jeunes qui n’ont pas été acceptés dans le programme. Fait intéressant, les résultats obtenus pour les autres mesures semblent comparables pour les deux groupes. Ces conclusions portent à croire que les jeunes acceptés dans le programme ont une plus grande propension à adopter des comportements associés aux gangs ou à s’y impliquer. Plus précisément, 6 des jeunes qui ont été acceptés dans le programme disent être actuellement membres d’un gang ou associés à l’un de ceux-ci. Les résultats de l’évaluation de 9 jeunes montrent qu’ils présentent assurément un risque d’implication dans un gang. Cependant, les 26 jeunes présentent tous un éventail de facteurs de risque (comme des attitudes et des comportements) qui, selon les recherches, sont associés à une implication potentielle future dans un gang[5].

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Observations relatives à la mise en œuvre

Dotation

L’embauche d’employés pour le projet a pris plus de temps que prévu vue l’importance d’embaucher des personnes ayant une connaissance approfondie de chacun des six quartiers visés par le projet. La capacité de comprendre les problèmes et les difficultés auxquels les résidants sont confrontés, la connaissance des services et des ressources du quartier, des réseaux et fournisseurs de services en place, des écoles et de la police étaient tous des éléments essentiels à la capacité des employés devant travailler auprès des jeunes et au recrutement des membres des équipes de soutien des jeunes. Afin de compléter la formation des équipes de soutien des jeunes, des séances d’information et des consultations auprès d’organismes et de membres de la collectivité sont offertes.

Aiguillage

Le nombre de références a été assez élevé, mais un grand nombre des jeunes référés ne satisfaisaient pas aux critères de participation au projet. Les travailleurs à la jeunesse fournissent des renseignements et sensibilisent les organisations et les personnes qui font les références afin de s’assurer qu’ils comprennent bien les critères établis, et que cela entraîne des références plus appropriées.

Outils d’évaluation

Le personnel du programme a révisé la série de facteurs de risque utilisés pour évaluer les jeunes en vue de leur participation au projet. Les outils d’évaluation initiaux étaient axés sur les facteurs de risque individuels, familiaux et liés aux pairs. Les outils d’évaluation ont été élargis pour inclure les facteurs de risque scolaires et communautaires, comme l’existence de gangs et l’importance des activités des gangs dans les écoles et les quartiers. Les objectifs de ces outils consistent à cerner les besoins individuels des jeunes et à fournir les programmes et services nécessaires pour répondre à leurs besoins.

Mobilisation de la famille

Il est difficile de mobiliser les parents et les autres membres de la famille des participants. Les employés du programme recueillent le plus de renseignements possible au sujet du jeune qui a été référé avant de communiquer avec le parent/tuteur pour un premier rendez-vous pour discuter du programme. Les renseignements recueillis aident les employés à expliquer et mettre en contexte la participation du jeune. Les parents sont souvent réticents, au départ, à fournir la permission requise pour que le jeune participe au projet. Les employés ont constaté que le fait d’attendre environ deux mois et de faire un nouveau suivi auprès des parents permet souvent d’observer des changements d’opinion au sujet du projet. Une fois que les jeunes sont admis dans le projet, on définit les conditions de participation et on négocie les responsabilités avec les parents. Le non-respect de ces conditions ou responsabilités peut entraîner le renvoi du participant. Grâce à cette responsabilisation, un grand nombre de participants et leur famille sont plus assidus.

Engagement des parents/familles

Les sentiments d’isolement et de frustration sont fréquents chez les familles de jeunes à risque et peuvent constituer des obstacles à la participation et aux progrès. Pour aborder cela, des soirées familiales et parentales sont organisées dans le cadre du projet.

Les soirées familiales permettent à tous les membres de la famille de participer ensemble à des activités. Les employés du projet disent que les participants et leurs parents/tuteurs et frères et sœurs passent rarement du temps ensemble, ce qui ajoute aux sentiments d’isolement. Les soirées familiales semblent accroître la communication entre les membres de la famille et leur engagement les uns à l’égard des autres.

Les soirées parentales fournissent aux parents des jeunes participants des possibilités d’échanger sur leurs expériences et de s’aider mutuellement dans les situations difficiles.

Facteurs de risque et santé mentale

Les augmentations du nombre de références de jeunes présentant un risque très élevé, souvent aux prises avec des troubles mentaux, ont entraîné une augmentation de la complexité des évaluations et de la détermination des services les plus appropriés pour les participants. L’accès régulier à une expertise dans les domaines du développement des jeunes et des facteurs de risque psychosociaux comme les problèmes de santé mentale et de délinquance serait très utile pendant le processus d’évaluation initiale.

Partenariats

La communication suivie et des relations soutenues avec les partenaires du projet sont essentielles à la réussite de celui-ci. On demande parfois aux employés du programme de communiquer aux partenaires de l’information au sujet des participants qui n’est pas toujours considérée comme étant dans le meilleur intérêt des jeunes. Les employés constatent aussi qu’il peut y avoir des problèmes imprévus avec l’aiguillage de jeunes participants vers d’autres fournisseurs de services en ce qui concerne la réglementation et l’admissibilité aux services. Les discussions ouvertes avec les partenaires et l’élaboration de protocoles d’entente au sujet de ces enjeux sont essentielles à la réussite du projet.

Surveillance et évaluation

Pour permettre un suivi et un enregistrement efficaces des données du projet, des employés administratifs ont été embauchés pour se consacrer uniquement à cette tâche. Ils contribuent à la mise au point de systèmes d’information normalisés, à la saisie des données et à l’établissement de rapports en collaboration avec le personnel de première ligne.

Pour en savoir plus sur ce projet, veuillez communiquer avec :

Gestionnaire du programme
Youth Advocate Program
Développement communautaire
Municipalité régionale de Halifax
C.P. 1749
Halifax (Nouvelle-Écosse) B0N 1Z0
Tél. : 902-490-4567

Sécurité publique Canada
Centre national de prévention du crime
Bureau régional de l’Atlantique
21, avenue Mount Hope, bureau 142
Dartmouth (Nouvelle-Écosse) B2Y 4R4
Tél. : 902-426-0012
Sans frais : 1-800-830-3118

Si vous recevoir de l’information sur la prévention du crime, veuillez consulter la page Web suivante : https://www.securitepublique.gc.ca/prg/cp/ml/index-fra.aspx.

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[1] Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec le promoteur du projet.
[2] Ibid.
[3] Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site web suivant : http://www.publicsafety.gc.ca/res/cp/res/2008-pcpp-fra.aspx.
[4] Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site web suivant : http://www.publicsafety.gc.ca/res/cp/res/2008-pcpp-fra.aspx.
[5] Pour de plus amples renseignements sur les résultats préliminaires, veuillez communiquer avec le promoteur du projet.

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