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Le projet Eastside Aboriginal Space for Youth (EASY)

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Le projet Eastside Aboriginal Space for Youth (EASY) vise à empêcher les jeunes autochtones à risque élevé de Vancouver de se joindre à un gang. Le projet offre un centre de ressources ouvert la nuit, des activités de sensibilisation, des activités récréatives et des forums sur la participation communautaire. Le projet est mis en œuvre par le Service de police de Vancouver et la Circle of Eagles Lodge Society, avec l’appui d’autres organisations autochtones en milieu urbain à Vancouver. Il est financé par le Fonds de lutte contre les activités des gangs de jeunes (FLAGJ) du Centre national de prévention du crime, qui fait partie de Sécurité publique Canada. Le projet sera mis à l’essai et évalué jusqu’en mars 2011. Le projet a débuté en août 2008 et sera mis à l’essai et évalué en vertu du FLAGJ jusqu’en mars 2011.

La Ville de Vancouver est aux prises avec des taux élevés d’activité et de violence liées aux gangs. En 2008, Vancouver a enregistré le deuxième taux en importance d’homicides attribuables à des gangs parmi les grandes agglomérations urbaines du Canada[1]. La prolifération de gangs de jeunes autochtones est très préoccupante. Tandis qu’à peine plus d’une centaine de jeunes autochtones à Vancouver seraient membres d’un gang, l’unité antigang du Service de police de Vancouver estime que, dans la région, environ 1 000 jeunes autochtones présentent actuellement un risque très élevé de se joindre à un gang[2]. Les statistiques de l’Enquête policière canadienne sur les gangs de jeunes révèlent que 50 % des membres de gangs de jeunes autochtones dans les grandes villes de la Colombie-Britannique sont impliqués dans le trafic de drogues, 64 %, dans des voies de fait graves, 42 %, dans la violation de domicile et que 50 % possèdent des armes utilisées à des fins criminelles[3].

Le Service de police de Vancouver et la Circle of Eagles Lodge Society font partie d’un groupe de travail créé par les membres de la collectivité autochtone en milieu urbain de Vancouver. Ce groupe de travail a pour mandat d’améliorer les relations entre les jeunes autochtones et la police et de réduire la surreprésentation des jeunes autochtones impliqués dans des situations criminelles ou à risque de l’être. Le Service de police de Vancouver fournit l’infrastructure administrative pour le projet, et la Circle of Eagles Lodge Society assure les services directs. Des organisations autochtones en milieu urbain, des Aînés et des jeunes autochtones participent à un comité directeur associé au projet.

En réaction au nombre important d’incidents attribuables aux gangs à Vancouver, les partenaires ont créé le projet EASY qui cible directement les jeunes à risque d’être recrutés par un gang.

Le programme fournit aux jeunes des ressources et des solutions de rechange à la participation aux gangs afin de réduire les facteurs de risque associés aux activités des gangs et d’accroître les facteurs de protection liés au développement positif et sain.

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Sources des données scientifiques

Le projet combine des données scientifiques de trois approches axées sur le travail auprès des jeunes : le mentorat, la participation des jeunes et les acquis du développement.

Mentorat

Le mentorat est un processus axé sur les relations en vue d’enseigner, de motiver ou d’instaurer le changement dans les comportements ou les attitudes. Le mentorat, lorsqu’il est bien mis en œuvre, peut se révéler une stratégie utile auprès d’un jeune confronté à de multiples facteurs de risque liés à la délinquance tels que l’absence de modèles de comportement positifs, le manque d’activités communautaires ou parascolaires et le mauvais rendement scolaire. L’approche suppose que la création de liens prosociaux, l’engagement à l’égard de buts socialement acceptables et la participation à des activités conventionnelles feront en sorte que le jeune sera moins susceptible de se tourner vers la délinquance parce qu’il aura davantage à perdre des conséquences négatives de la criminalité[4]. Selon l’évaluation de Grands Frères et Grandes Sœurs et du Quantum Opportunities Program, les composantes du mentorat produisent des résultats positifs[5].

Participation des jeunes

L’approche axée sur la participation des jeunes est conçue pour aider ces derniers à modifier de façon positive leur vie et la vie de leur famille. Pour y parvenir, les participants apprennent à résister à plusieurs facteurs de risque liés aux activités des gangs. Cette approche repose sur l’acquisition de compétences, l’apprentissage par l’expérience ainsi que l’éducation, ce qui permet aux jeunes de faire preuve de leadership au moment de choisir les activités et les initiatives qui répondent à leurs besoins[6].

Les 40 acquis du développement – Search Institutes

Le projet applique une approche axée sur les acquis qui tient compte des facteurs de risque chez les jeunes autochtones en milieu urbain qui sont susceptibles de se joindre à des gangs. Pour s’assurer que cette initiative convient aux jeunes autochtones, le modèle des 40 acquis établi par le Search Institute a été intégré au cercle d’influences autochtone. Les activités du projet servent à consolider les acquis dans les quatre dimensions clés du cercle d’influences, soit les dimensions mentale, physique, émotive et spirituelle. Les participants améliorent leur résilience en bonifiant leurs acquis internes (comme les compétences interpersonnelles et une identité positive) et leurs expériences (comme la capacité de résoudre des conflits, de planifier, de prendre des décisions, le lien avec la culture et l’accès à des activités récréatives). Le projet met l’accent sur les acquis du développement qui sont les plus étroitement liés aux facteurs de risque susceptibles d’amener les jeunes à adhérer à un gang.

Le modèle des acquis du développement a été choisi parce qu’il permet de réduire les facteurs de risque chez les jeunes autochtones. Une étude a révélé que plus le niveau des acquis du développement d’un jeune autochtone est élevé, moins il sera susceptible d’adopter un comportement délinquant et plus il sera susceptible de prendre des décisions positives. Une autre étude, portant sur 13 programmes communautaires réalisés en Oklahoma et axés sur l’utilisation de neuf acquis (communication familiale, modèles de comportement des pairs, aspirations futures, choix responsables, engagement dans la collectivité, modèles de comportements non parentaux, sports d’équipe, importance accordée à la pratique religieuse et respect de la culture), a montré que les jeunes autochtones qui n’avaient pas les aptitudes de base étaient beaucoup plus susceptibles d’adopter des comportements à risque, comme la violence et la toxicomanie[7].

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Participants au programme

Le programme cible les jeunes autochtones de 12 à 23 ans qui sont susceptibles de devenir membre d’un gang. Certains jeunes non autochtones participent également au projet et ne sont pas refusés s’ils sont admissibles.

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Partenaires clés

Le projet EASY peut compter sur des partenaires dans la collectivité. Parmi ces organismes clés, notons :

  • Aînés et jeunes autochtones
  • Autres organisations autochtones

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Composantes du programme

Les jeunes participants au projet font l’objet d’une évaluation approfondie visant à cerner les facteurs de risque et les facteurs de protection dans leur vie. En fonction de l’appui dont ils ont besoin, les participants peuvent avoir accès à des programmes récréatifs, au centre de ressources ouvert la nuit ainsi qu’à des programmes de sensibilisation, et au mentorat.

Programmes de loisirs

Cette composante permet aux jeunes de participer à des activités récréatives : basketball en hiver, baseball et soccer en été et programmes de santé et de mieux-être toute l’année. À la fin de l’année, les jeunes participent au Tournoi de basketball autochtone à l’échelle de la province. Une série d’ateliers visant à réduire les facteurs de risque, à amener les jeunes à renouer avec leur culture et à acquérir des compétences liées à la maîtrise de la colère, à la recherche de solutions de rechange à la violence, à la prise de décisions et à la résolution de conflits font également partie de ce volet. La participation aux ateliers est obligatoire pour l’accès continu aux programmes de loisirs.

Centre de ressources ouvert la nuit et programme de sensibilisation

Dans le cadre de ce volet, des ressources accessibles la nuit et un programme de sensibilisation offrent des services du jeudi au samedi, de 21 h à 5 h. Les jeunes bénéficient de conseils sur les services, les programmes de traitement et l’accès à de l’aide pour la nourriture, les vêtements, l’éducation et les questions touchant la santé. Le programme comprend également des ateliers portant sur l’acquisition de diverses aptitudes à la vie quotidienne. La présence aux ateliers hebdomadaires est une condition obligatoire à la participation aux programmes offerts la nuit. L’organisation des ateliers tient compte du sexe des participants, car les hommes et les femmes doivent souvent relever des défis différents. Ce volet propose également des activités artistiques et récréatives.

Mentorat

Tous les jeunes participant au projet sont jumelés avec un mentor choisi parmi les pairs qui s’efforce d’améliorer les liens avec des groupes de pairs positifs, à les amener à comprendre en quoi consiste l’appartenance à un gang, les conséquences et réalités de l’adhésion à un gang. Les participants bénéficient également d’un soutien par l’entremise de la participation des Aînés autochtones. Le projet comprend également un volet communautaire qui favorise la participation et le soutien des parents et de la collectivité pour la prise en compte des questions liées aux gangs de jeunes autochtones. Au cours de l’année, une série de forums abordent divers thèmes portant sur la réduction de la participation à des gangs chez les jeunes autochtones à Vancouver.

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Modèle d’évaluation

Un évaluateur tiers effectue une évaluation complète du projet. L’objectif de l’évaluation est de documenter de façon approfondie la mise en œuvre et les répercussions du projet EASY afin de déterminer quelles sont les composantes du projet qui permettent le mieux de prévenir ou de réduire la participation des jeunes aux activités de gangs.

L’équipe d’évaluation recueille les données de base sur les jeunes participants au moyen d’outils d’évaluation du risque. Les données secondaires seront recueillies à partir des dossiers de la police, des services correctionnels et des écoles. À la fin du projet, d’autres données seront recueillies sur les jeunes participants, y compris des entrevues en profondeur qui seront menées auprès des participants. Le modèle d’évaluation avant et après le projet permettra d’analyser les changements quant aux comportements, attitudes et connaissances des participants.

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Résultats préliminaires

Les premiers résultats révèlent que le projet EASY répond aux besoins des jeunes à risque. Le nombre de participants a de loin dépassé les attentes initiales. Au début du programme, 30 jeunes devaient participer au programme axé sur les ressources offertes la nuit. Le programme a rejoint 71 participants et 61 participantes[8].

Il semble que le projet rejoint également la population ciblée. La plupart des jeunes sont âgés de 12 à 17 ans (83 %). Tandis que 74 % des jeunes répondants ont indiqué qu’ils fréquentaient l’école, 42 ont déclaré qu’ils avaient été suspendus de l’école par le passé, et 45 %, qu’ils avaient déjà abandonné l’école auparavant. Un faible nombre des jeunes participants ont mentionné qu’ils étaient membres de gangs ou de groupes, mais 33 % ont des amis qui font partie de gangs, et 42 % ont déclaré avoir des amis qui appartiennent à un groupe[9]. À peine plus de la moitié des jeunes ont mentionné qu’ils avaient consommé de la drogue pour avoir un effet euphorique au cours des six derniers mois, et 68 % ont indiqué avoir consommé de l’alcool pour s’enivrer; 41 % ont déclaré avoir eu des démêlés avec la police au cours des six derniers mois.

De décembre 2008 à avril 2009, chacun des 154 jeunes ayant participé au programme a reçu, en moyenne, 69,5 heures de contact direct. En moyenne, les jeunes hommes avaient cumulé 75 heures, et les jeunes femmes, 61,9 heures. Les rencontres individuelles avec les participants signifient qu’on enregistre le nombre d’heures totales de l’ensemble des jeunes qui participent au programme de ressources offertes la nuit et au programme de basketball. Sept jeunes (six participants, une participante) ont pris part aux deux programmes[10].

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Observations relatives à la mise en œuvre

Demande élevée

Le projet a pris de l’ampleur beaucoup plus rapidement que prévu. Non seulement les jeunes ont-ils participé au programme plus rapidement que le personnel et les organisateurs du projet l’auraient pensé, et ceux qui y participaient manifestaient également des niveaux de risque élevés et complexes. Par conséquent, le personnel et les promoteurs ont dû élargir les programmes rapidement afin de satisfaire à la demande.

Au cours des activités du projet, la supervision a notamment exigé une attention accrue non prévue du personnel. Afin de satisfaire à la demande immédiate, le personnel s’est concentré sur l’élaboration du programme de ressources offertes la nuit et des programmes de loisirs. Une fois ces composantes mises en œuvre, le personnel s’est penché sur l’élaboration des composantes des ateliers et du mentorat.

Adaptation du programme culturel

Un aspect important du projet consiste à amener les jeunes autochtones à renouer avec leur culture et avec la collectivité élargie. Un programme de huit semaines intitulé « hommage à nos héros » a été mis en œuvre et s’est révélé fructueux en tant qu’élément d’éducation et de communication auprès des jeunes et du personnel sur les modèles de comportement dans la collectivité autochtone. De nombreux jeunes considèrent le programme comme un deuxième foyer, un endroit où ils ont leur place le soir venu. Le personnel a également mentionné avoir constaté des progrès et des changements positifs chez les jeunes qui ont participé aux programmes.

Travail dans et avec les collectivités

La mise en œuvre réussie des interventions visant à réduire et à prévenir la participation des jeunes aux activités des gangs exige de la collectivité qu’elle participe, qu’elle soit réceptive et qu’elle ait la capacité de comprendre les problèmes et de s’y attaquer. Le projet EASY a constaté qu’il était efficace d’identifier les leaders des différentes parties de la collectivité autochtone et de travailler à l’établissement de relations et de partenariats avec eux. La démarche favorise et suscite l’acceptation et la compréhension de la collectivité, car de nombreuses voix se font entendre au moment d’aborder les problèmes et de trouver des solutions.

Recrutement et roulement du personnel

Il est souvent difficile de combler les postes rattachés à l’intervention et à la sensibilisation en raison de la diversité des compétences et de l’expérience requises pour une intervention efficace auprès des jeunes à risque ou faisant actuellement partie d’un gang. L’horaire des programmes et le besoin de répartir le personnel font qu’il est souvent difficile pour les membres du personnel de maintenir une communication régulière entre eux. Il est très important de porter une attention constante à la recherche de moyens qui garantissent aux membres du personnel la possibilité de se parler et de s’appuyer mutuellement.

Pour en savoir plus sur ce projet, veuillez communiquer avec :

Coordonnateur du programme
Diversity and Aboriginal Policing Section
Vancouver Police Department
2120, rue Cambie
Vancouver (Colombie-Britannique)
V5Z 4N6
Tél. : 604-717-2990

Sécurité publique Canada
Centre national de prévention du crime
Région de la Colombie-Britannique
858, rue Beatty, bureau 260
Vancouver (Colombie-Britannique) V6B 1C1
Tél. : 604-666-5705
Sans frais : 1-800-830-3118

Si vous voulez recevoir des renseignements sur la prévention du crime, veuillez consulter la page d’inscription à l’adresse suivante : https://www.securitepublique.gc.ca/prg/cp/ml/index-fra.aspx.

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[1] Statistique Canada. 2008. Homicides commis à l’aide d’une arme à feu et homicides attribuables à des gangs, régions métropolitaines de recensement de 500 000 habitants et plus [Tableau 3]. Téléchargé le 3 février 2010 à l’adresse : http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/091028/t091028a3-fra.htm.
[2] Canada. 2005. « L’homicide au Canada ». Le Quotidien. Ottawa : Statistique Canada. Consulté sur le site Web suivant : http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/061108/dq061108b-fra.htm.
[3] Ibid.
[4] Thornton, Timothy N., Carole A. Craft, Linda L. Dahlberg, Barbara S. Lynch et Katie Baer. 2002. Best Practices of Youth Violence Prevention: a Sourcebook for Community Action, version révisée, Atlanta, Géorgie, Division of Violence Prevention, National Center for Injury Prevention and Control, Centers for Disease Control and Prevention. Téléchargé à l’adresse suivante : www.cdc.gov/ncipc/dvp/bestpractices.htm
[5] Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site web suivant : http://www.securitepublique.gc.ca/res/cp/res/2008-pcpp-fra.aspx#toc_5f.
[6] Pour de plus amples renseignements sur la prévention du crime par la participation des jeunes, veuillez consulter le site Web suivant : www.yjb.gov.uk/en-gb/yjs/prevention/yip/ [en anglais seulement].
[7] Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site web suivant : http://www.search-institute.org/assets/
[8] Pour de plus amples renseignements sur les résultats préliminaires, veuillez communiquer avec l’organisme promoteur.
[9] Les termes « gang » et « groupe » sont utilisés de façon interchangeable, mais un groupe est généralement de niveau inférieur, moins structuré et moins officiel.
[10] Ibid.

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